La Direction générale de l’armement ouvre aux entreprises l’industrialisation de son drone naval SMOKERS, conçu initialement dans ses propres centres techniques. Le marché envisagé prévoit une cadence d’environ dix unités par an en temps de paix, avec une capacité de montée en production à cinquante, et des candidatures attendues début décembre.
Drones navals : la DGA cherche un industriel capable de produire jusqu’à 50 SMOKERS par an

La Direction générale de l’armement (DGA) cherche un partenaire industriel pour faire passer son drone naval SMOKERS du prototype à la fabrication en série. Publiée le 29 octobre 2026, la consultation porte autant sur l’adaptation de la conception que sur l’organisation d’une chaîne de production capable de répondre aux besoins de la Marine nationale.
Le dossier officiel de consultation, référencé 2026SE1014, envisage environ dix munitions navales téléopérées par an en temps de paix. Il demande aussi de prévoir la possibilité de porter cette capacité à cinquante unités annuelles selon l’évolution du contexte géopolitique. Ces volumes décrivent une capacité industrielle recherchée, et non une commande ferme déjà passée.
Un prototype public à transformer en produit industriel
Le projet SMOKERS a été développé et testé dans les centres techniques de la DGA. L’État souhaite désormais confier à une entreprise plusieurs étapes décisives : ajuster la conception du prototype V1, établir le dossier de fabrication, installer l’outil industriel et gérer les évolutions de configuration au cours de la production.
Ce choix déplace une partie du travail de la sphère de recherche et d’expérimentation publique vers l’industrie. Pour le futur titulaire, l’enjeu sera de rendre reproductible la fabrication d’un équipement conçu pour évoluer rapidement, tout en maintenant la maîtrise des caractéristiques et des versions livrées. La consultation est conduite par la division achats Sud-Est de la DGA, selon une procédure avec négociations, sans allotissement.
Le cahier de présentation décrit un engin de cinq mètres et d’environ 500 kilogrammes, doté notamment de moyens de communication satellitaire et radio et d’une caméra infrarouge. Sa portée annoncée dépasse cinquante milles nautiques, pour une vitesse maximale de quarante nœuds. Ces données caractérisent le prototype présenté aux candidats ; elles ne préjugent pas des adaptations industrielles à venir.
Une échéance précise pour les entreprises candidates
Les entreprises intéressées disposent d’un calendrier défini : le portail PLACE des marchés publics fixe la date limite de remise des plis au 4 décembre 2026 à midi, heure de Paris. Le montant du futur contrat et le nom d’un attributaire ne figurent pas dans l’avis public consulté.
Cette consultation donne une traduction industrielle à la stratégie présentée par le ministère des Armées le 29 octobre. Le premier volet du programme « drones navals », envisagé à la mi-2027, associe l’acquisition de drones d’endurance embarqués et l’industrialisation de la munition téléopérée SMOKERS. Un second volet est annoncé pour 2028, notamment autour du drone de surface autonome DANAÉ et des systèmes de commandement.
La commande publique au service d’une capacité de production
Le dossier illustre une priorité désormais centrale dans l’industrie de défense : préparer non seulement un équipement performant, mais aussi la possibilité de le fabriquer en quantité lorsque la demande augmente. La cadence envisagée, multipliable par cinq entre la production courante et la capacité haute, oblige à penser très tôt les procédés, l’approvisionnement et la gestion des configurations.
Le résultat dépendra de la procédure de sélection et des engagements contractuels qui en sortiront. Pour les industriels, le rendez-vous de décembre constitue d’abord une opportunité de candidature sur un projet de production navale spécialisé, avec une trajectoire de montée en puissance clairement affichée par l’acheteur public.