Dans un discours publié le 3 novembre, la Banque de France détaille ses actions contre les violences économiques intrafamiliales. Droit au compte, éducation financière et coordination des acteurs bancaires constituent les principaux leviers évoqués.
Violences économiques : la Banque de France renforce la prévention et l’autonomie bancaire

La Banque de France a remis la lutte contre les violences économiques intrafamiliales au cœur de ses missions d’inclusion financière. Dans un discours prononcé le 2 novembre et publié le 3 novembre 2026, sa seconde sous-gouverneure, Agnès Bénassy-Quéré, a détaillé les dispositifs déjà engagés pour aider les personnes privées d’autonomie financière au sein de leur famille.
La rencontre organisée à la Banque de France réunissait des représentants d’établissements financiers, d’assureurs, d’associations et des professionnels du droit. L’institution entend renforcer leur coopération, notamment pour mieux repérer les situations où les comptes et les moyens de paiement deviennent des instruments de contrôle.
Le droit au compte comme levier d’indépendance
Le discours rappelle une évolution législative intervenue en 2021 à l’initiative de la Banque de France : les personnes déjà titulaires d’un compte joint peuvent désormais accéder à la procédure du droit au compte. Cette possibilité importe notamment lorsqu’une personne cherche à disposer d’un compte bancaire distinct, dans un contexte de violences économiques.
La banque centrale souligne aussi le rôle de ses succursales, qui accueillent quotidiennement des particuliers confrontés à des difficultés financières. Pour ces situations, l’enjeu dépasse l’accès technique à un service bancaire : il concerne la capacité de disposer de ses ressources et de prendre des décisions sans contrainte.
Une action articulée autour de l’éducation financière
La Banque de France indique avoir créé en 2025 sur son site une rubrique consacrée aux violences économiques, afin d’orienter les personnes concernées vers les dispositifs existants. Elle a également enrichi son portail d’éducation financière « Mes Questions d’Argent » d’une page sur l’argent dans le couple, l’autonomie financière et les conséquences d’une séparation.
Ces ressources s’inscrivent dans une démarche de prévention : mieux comprendre la gestion des finances communes et identifier les situations de dépendance avant qu’elles ne s’aggravent. Aucune nouvelle obligation réglementaire imposée aux banques n’a été annoncée dans ce discours ; la Banque de France présente surtout ses outils d’information et de coordination.
Banques, associations et acteurs sociaux appelés à coopérer
Le sujet a été inscrit à l’ordre du jour de l’Observatoire de l’inclusion bancaire, qui réunit pouvoirs publics, professionnels de la finance et représentants du secteur social. Les conseils départementaux de l’inclusion financière participent également, selon la Banque de France, à la coordination territoriale des acteurs mobilisés.
La seconde sous-gouverneure inscrit enfin cette action dans un mouvement européen d’éducation financière des femmes, en évoquant les initiatives de la Banque d’Italie et de la Banque centrale européenne. L’objectif affiché est de mieux prévenir les situations de contrôle financier et d’améliorer l’accompagnement des victimes, sans confondre les actions déjà engagées avec de nouvelles mesures législatives.