Les factures d’énergie continuent de peser lourdement sur le budget des Français. Selon une enquête publiée le 3 novembre 2026, plus d’un foyer sur trois rencontre des difficultés de paiement. Chez les moins de 35 ans, cette proportion grimpe à 55 %, malgré les efforts pour réduire la consommation.
Électricité et gaz : 34 % des Français ont du mal à payer leurs factures, et les jeunes sont les plus touchés

34 % des foyers français déclarent avoir rencontré des difficultés pour payer certaines factures d'électricité ou de gaz, contre seulement 18 % en 2020. Ce résultat provient de la 20e édition du baromètre énergie-info du médiateur national de l'énergie, publiée le 3 novembre 2026. L'enquête a été réalisée du 2 au 15 septembre auprès de 2 000 foyers représentatifs de la France métropolitaine.
La proportion a presque doublé en six ans, même si elle était légèrement supérieure en 2025, à 36 %. Les difficultés de paiement restent donc à un niveau particulièrement élevé. Surtout, 86 % des ménages estiment désormais que leurs dépenses d'énergie pèsent lourdement sur leur budget, un niveau record depuis le lancement du baromètre en 2007.
Factures d'énergie : plus d'un jeune sur deux rencontre des difficultés
Les moins de 35 ans sont les premiers concernés par cette pression financière. Dans cette tranche d'âge, 55 % des répondants déclarent avoir rencontré des difficultés pour régler certaines factures d'électricité ou de gaz. Un écart de 21 points avec l'ensemble des foyers.
Cette fragilité financière s'accompagne de conditions de logement souvent difficiles. Parmi les moins de 35 ans, 53 % déclarent avoir souffert du froid chez eux pendant au moins 24 heures. La proportion atteint 70 % concernant les épisodes de fortes chaleurs.
Les autres générations ne sont toutefois pas épargnées. Au total, 89 % des foyers interrogés se disent préoccupés par leurs factures d'énergie, tandis que 87 % cherchent avant tout à réduire leur consommation pour limiter leurs dépenses.
Pour payer moins cher, 72 % des ménages limitent leur chauffage
Les économies réalisées sur le chauffage constituent l'une des principales réponses des Français face au coût de l'énergie. Selon le médiateur, 72 % des foyers déclarent avoir limité le chauffage de leur logement pour éviter des factures trop importantes. En 2020, cette proportion n'était que de 53 %.
Cette stratégie a des conséquences sur le confort quotidien. 35 % des ménages affirment avoir souffert du froid pendant au moins 24 heures dans leur logement, tandis que 65 % ont subi une chaleur excessive au cours de l'été 2026.
Plus préoccupant encore, 28 % des foyers ont connu ces deux situations. Chez les bénéficiaires du chèque énergie, cette proportion atteint 46 %.
Ces difficultés montrent que le problème ne se résume pas uniquement au montant des factures. La qualité de l'isolation et la capacité financière des occupants à chauffer ou rafraîchir leur logement peuvent aussi peser sur leur confort.
Les conséquences financières peuvent aller jusqu'aux impayés. Un précédent article d'Économie Matin rappelait ainsi que les interventions des fournisseurs d'énergie pour impayés avaient atteint 1,2 million en 2025.
Le coût des équipements empêche les ménages de réduire durablement leurs factures
Face à ces difficultés, investir dans des équipements plus performants pourrait permettre à certains foyers de diminuer leur consommation. Mais le prix des installations reste un obstacle majeur.
Selon le baromètre, 60 % des personnes interrogées considèrent l'électrification des usages comme une opportunité économique et environnementale. Pourtant, parmi les répondants qui n'envisagent d'électrifier aucun équipement, 53 % citent le coût initial comme principal frein.
Le contraste est particulièrement marqué chez les jeunes. Malgré leurs difficultés financières, 75 % des moins de 35 ans voient l'électrification comme une opportunité, contre 60 % de l'ensemble des répondants.
Pour Bernard Doroszczuk, médiateur national de l'énergie, la transition énergétique doit permettre aux consommateurs de mieux maîtriser leurs dépenses sans laisser les ménages les plus vulnérables de côté.
Les résultats de cette enquête montrent ainsi que la réduction des factures dépend aussi de la capacité des ménages à financer les équipements et travaux nécessaires. Or, pour une partie des Français, payer l'électricité et le gaz constitue déjà une difficulté suffisante pour repousser ces investissements.