Midterms américaines : le Congrès bascule, les marchés face à une nouvelle donne politique

Les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 ramènent les démocrates au contrôle du Congrès, mettant fin au gouvernement unifié républicain et ouvrant une période de blocage institutionnel. Secteur technologique, marchés obligataires, dollar et or seront affectés par ce nouvel équilibre des pouvoirs, qui renforce l’intérêt d’une diversification des portefeuilles.

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By Andrea Tueni et Nicolas du Repaire Published on 4 novembre 2026 12h13
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Midterms américaines : le Congrès bascule, les marchés face à une nouvelle donne politique - © Economie Matin

Le Congrès bascule, les marchés face à une nouvelle donne politique

Les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 marquent un tournant politique aux États-Unis. En remportant le Sénat et la Chambre des représentants, les démocrates reprennent le contrôle du Congrès, mettant fin à deux années de gouvernement unifié républicain. L'ampleur de cette victoire, supérieure aux anticipations initiales, traduit notamment le mécontentement des électeurs face à la politique de Donald Trump, en particulier sur le pouvoir d'achat et le coût de la vie.

Ce nouveau rapport de force ouvre une période de blocage institutionnel (gridlock) pour les deux dernières années du mandat présidentiel. Si Donald Trump conserve d'importantes prérogatives exécutives, notamment en matière commerciale et géopolitique, sa marge de manœuvre législative se trouve considérablement réduite. L'adoption de nouvelles baisses d'impôts ou de mesures de relance budgétaire devrait ainsi se heurter à une opposition démocrate désormais majoritaire au Congrès. Sans remettre directement en cause les mesures déjà adoptées, cette nouvelle configuration pourrait modifier les anticipations des investisseurs concernant la politique budgétaire américaine, la trajectoire de croissance et les perspectives des marchés financiers.

L'IA : vers une nouvelle exigence de rentabilité

Le secteur technologique pourrait rester sous pression. La victoire démocrate pourrait se traduire par une surveillance parlementaire accrue et une pression réglementaire renforcée sur l'intelligence artificielle, notamment en matière de protection des données, de concurrence et d'empreinte énergétique des centres de données. Cette incertitude intervient dans un contexte où les investisseurs s'interrogent déjà sur la rentabilité des investissements massifs consacrés aux infrastructures d'IA.

Ce changement pourrait accélérer une sélection entre les acteurs du secteur. Les entreprises disposant de bilans solides, de revenus récurrents et de perspectives de rentabilité clairement identifiées pourraient mieux résister que les développeurs d'infrastructures fortement endettés. Parallèlement, les entreprises qui utilisent l'IA pour améliorer leur productivité et leurs marges pourraient bénéficier d'un intérêt croissant des investisseurs. Il ne s'agit toutefois pas d'un coup d'arrêt au développement de la technologie, le maintien du leadership américain face à la Chine restant un enjeu stratégique et bipartisan.

Des répercussions sur l'ensemble des classes d'actifs

La première réaction des marchés a été marquée par une prudence accrue à l'égard des actifs américains. Les contrats à terme sur les indices américains ont reculé, particulièrement ceux du Nasdaq, tandis que les rendements des obligations du Trésor et le dollar se sont orientés à la baisse. Ces mouvements traduisent notamment les anticipations d'une moindre expansion budgétaire et les inquiétudes liées à un renforcement de la surveillance du secteur technologique. Ils doivent néanmoins être relativisés : les interrogations sur les valorisations et les investissements dans l'IA étaient déjà présentes avant le scrutin.

Sur le marché obligataire, une modération des perspectives de croissance et des besoins de financement supplémentaires pourrait soutenir les obligations américaines, particulièrement sur les maturités intermédiaires. Toutefois, le blocage institutionnel ne constitue pas une solution aux déséquilibres budgétaires structurels des États-Unis. La persistance des déficits publics et les risques inflationnistes pourraient ainsi limiter la baisse des rendements à long terme.

Le dollar pourrait également rester sous pression si le recul des rendements américains se confirme et si les investisseurs réduisent leur exposition aux actifs américains. Une telle évolution serait susceptible de soutenir certaines devises internationales et les marchés émergents, en améliorant leurs conditions de financement. L'or pourrait également bénéficier d'un environnement marqué par un dollar plus faible, des rendements en baisse et des incertitudes politiques, même si cette dynamique reste dépendante de l'évolution des taux réels et des tensions géopolitiques.

Vers une diversification accrue

Cette nouvelle configuration renforce l'intérêt d'une diversification des portefeuilles, sans pour autant justifier un désengagement des marchés américains. Une exposition moins concentrée sur les grandes capitalisations technologiques, au profit d'entreprises rentables et de secteurs capables de tirer parti des gains de productivité liés à l'IA, pourrait permettre de mieux absorber une éventuelle rotation des marchés.

La trajectoire des actifs financiers dépendra néanmoins de plusieurs facteurs au-delà du seul résultat électoral. La capacité des grandes entreprises technologiques à transformer leurs investissements dans l'IA en bénéfices, l'évolution de l'inflation et de la croissance américaines, ainsi que la persistance de la faiblesse du dollar seront déterminantes. Enfin, les négociations budgétaires et les éventuelles tensions autour du plafond de la dette en 2027 pourraient constituer de nouvelles sources de volatilité.

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Andrea Tueni, responsable des activités marchés chez Saxo Banque France Nicolas du Repaire, Sales Trader

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