Un Français sur deux estime avoir des difficultés à vivre correctement avec les ressources de son foyer. Mais derrière cette moyenne nationale, les écarts sont considérables : 65 % des ouvriers déclarent des difficultés financières, contre 34 % des cadres supérieurs.
Pouvoir d’achat : 65 % des ouvriers peinent à vivre dignement, contre 34 % des cadres

Selon le premier Baromètre du pouvoir de vivre 2026, publié le 4 novembre par le Pacte du pouvoir de vivre et la Fondation Jean-Jaurès, 50 % des Français déclarent s'en sortir difficilement pour vivre correctement et dignement.
Réalisée par Ipsos-BVA du 3 au 10 septembre 2026 auprès de 12 000 adultes, l'enquête révèle d'importantes disparités sociales.
Chez les ouvriers, 65 % des répondants déclarent vivre difficilement avec les ressources de leur foyer. La proportion atteint 63 % chez les employés, 51 % parmi les professions intermédiaires et seulement 34 % chez les cadres supérieurs. 31 points séparent donc les ouvriers des cadres dans leur perception de leur situation financière.
Des difficultés qui dépassent largement le seuil de pauvreté
Ce résultat est d'autant plus significatif que plus de 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon les données publiques reprises dans le baromètre. Mais les deux indicateurs ne mesurent pas la même chose : le seuil de pauvreté est un indicateur statistique, tandis que l'enquête Ipsos porte sur le sentiment de vivre dignement avec les ressources du foyer.
Le logement creuse également les écarts. Parmi les locataires, 64 % déclarent rencontrer des difficultés pour vivre correctement, contre 43 % des propriétaires. Par ailleurs, 42 % des locataires pensent que les dépenses de logement pourraient dégrader leur niveau de vie dans les prochaines années, contre seulement 9 % des propriétaires. Dans l'ensemble de la population, cette inquiétude concerne 21 % des répondants.
Quand le budget oblige à réduire les dépenses essentielles
Les difficultés financières se traduisent aussi dans les habitudes alimentaires. Au cours des six mois précédant l'enquête, 50 % des Français déclarent avoir régulièrement ou parfois acheté des aliments de moins bonne qualité que souhaité pour des raisons financières.
Cette proportion grimpe à 64 % chez les employés et 61 % chez les ouvriers. Elle atteint 67 % parmi les 18-24 ans.
Plus préoccupant, 19 % des personnes interrogées reconnaissent avoir régulièrement ou parfois renoncé à certains repas pour des raisons financières. Chez les 18-24 ans, cette proportion atteint 29 %.
Les inquiétudes pour l'avenir concernent aussi les grandes dépenses du quotidien. Le chauffage et l'électricité arrivent en tête des postes susceptibles de dégrader le niveau de vie, avec 59 % de citations. La mobilité suit à 45 %, puis l'alimentation à 44 %. Ces chiffres portent sur les risques anticipés, non sur des hausses de dépenses déjà subies.
Le baromètre met enfin en évidence un autre phénomène : 20 % des Français déclarent avoir déjà renoncé à une aide publique à laquelle ils avaient droit. Parmi eux, 53 % citent la complexité des démarches administratives.
L'accumulation de ces contraintes rappelle que le pouvoir d'achat ne se résume pas au montant du revenu : l'accès au logement, à l'alimentation et aux aides publiques compte aussi dans la capacité à envisager sereinement les prochaines années.