Frigos piratés : les hackers prorusses revendiquent des attaques qui coûtent des millions d’euros à l’Europe

Les groupes prorusses NoName057(16) et Z-Pentest ont revendiqué, le 4 novembre 2026, les cyberattaques contre les systèmes frigorifiques de supermarchés européens. Après des pertes considérables en France, la guerre hybride fait peser un risque économique supplémentaire.

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By Published on 5 novembre 2026 10h36
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Frigos piratés : les hackers prorusses revendiquent des attaques qui coûtent des millions d’euros à l’Europe - © Economie Matin

Les groupes prorusses NoName057(16) et Z-Pentest ont revendiqué, le 4 novembre 2026, les cyberattaques contre les systèmes frigorifiques de supermarchés européens. Après des pertes considérables en France, cette nouvelle étape fait apparaître un risque économique supplémentaire : celui d'une campagne de sabotage numérique dans le contexte de la guerre hybride.

Un magasin qui perd 220 000 euros de marchandises en une nuit. Des dizaines de supermarchés contraints de jeter leurs produits frais. Des rayons surgelés vidés, des livraisons à réorganiser et des installations à sécuriser en urgence. Les cyberattaques contre les frigos européens ont déjà une facture bien réelle. Et leurs auteurs présumés viennent de donner une dimension géopolitique à ces pertes.

Le 4 novembre 2026, les groupes NoName057(16) et Z-Pentest ont revendiqué les opérations visant les équipements frigorifiques Danfoss et Dixell. Dans une vidéo rapportée par la télévision italienne RAI, ils affirment avoir exploité les fonctionnalités de ces systèmes sans utiliser de logiciel malveillant.

Leur responsabilité n'a pas encore été démontrée par les enquêteurs. Mais cette revendication intervient après deux vagues d'incidents, dont les conséquences financières se font sentir dans plusieurs pays.

Jusqu'à 220 000 euros perdus dans un seul supermarché

En France, les dégâts ont commencé dans la nuit du 11 au 12 octobre. Plusieurs centaines de supermarchés ont vu leurs installations frigorifiques manipulées à distance, provoquant la destruction de produits frais et surgelés.

Les pertes varient considérablement selon la taille des établissements et la rapidité de l'intervention. Comme le rapportait déjà Économie Matin dans son premier bilan, l'Intermarché d'Haguenau a subi environ 50 000 euros de pertes, tandis que le Super U de Wasselonne a évoqué 220 000 euros de marchandises détruites.

Le problème dépasse la valeur des denrées. Une rupture de la chaîne du froid impose de contrôler les stocks, nettoyer les installations, faire intervenir des techniciens et parfois réorganiser entièrement les approvisionnements. À ces dépenses s'ajoutent le manque à gagner et les coûts de remise en sécurité des équipements.

La nouvelle vague européenne alourdit les dégâts

Dans la nuit du 1er au 2 novembre, des incidents comparables ont été signalés en Belgique, au Luxembourg, en Suède et en Irlande, notamment.

Un boucher belge interrogé par Reuters a évalué ses pertes à 15 000 euros. D'autres commerçants ont dû retirer d'importantes quantités de produits de leurs rayons.

En Belgique, une première estimation de 100 000 euros de marchandises jetées avait été évoquée. Elle ne constituait toutefois pas un bilan national définitif, comme le précisait Économie Matin le 2 novembre.

Aucun chiffrage consolidé ne permet encore de mesurer le coût total des deux vagues européennes. La destruction des stocks représente cependant une perte immédiate, contrairement à certaines cyberattaques dont les conséquences financières apparaissent plusieurs mois après le vol de données.

Le sabotage économique, une arme de guerre hybride

Les deux groupes qui revendiquent les attaques ne sont pas inconnus des autorités européennes. Le Conseil de l'Union européenne a sanctionné Z-Pentest en juillet 2026 pour des opérations visant des infrastructures critiques.

Leur revendication actuelle nourrit l'hypothèse d'une campagne de déstabilisation économique prorusse. À ce stade, rien ne prouve toutefois que Moscou ait commandité les attaques contre les supermarchés.

L'intérêt économique d'une telle méthode est évident pour un acteur malveillant : des moyens informatiques relativement limités peuvent provoquer des pertes matérielles importantes. Les magasins supportent la destruction des produits, les perturbations d'activité et les dépenses nécessaires pour protéger leurs systèmes.

L'attaque peut également entraîner une hausse durable des coûts de maintenance et de cybersécurité, sans qu'une augmentation des prix à la consommation puisse être affirmée à ce stade.

Le 4 novembre, la Commission européenne et l'ENISA ont annoncé une réponse coordonnée, avec notamment Europol et les autorités nationales.

Pour les distributeurs, cette intervention ne supprimera pas les pertes déjà enregistrées. Elle pourrait en revanche accélérer la sécurisation d'équipements dont la défaillance suffit désormais à désorganiser l'activité de centaines de commerces.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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