Nintendo : le prix des jeux Switch et Switch 2 va augmenter

Macronix, principal fournisseur de puces ROM pour les cartouches Nintendo Switch, abandonne progressivement cette production pour investir 37,8 milliards de nouveaux taïwans dans les mémoires destinées aux data centers d’IA. La réduction de l’offre manufacturière entraînera mécaniquement une hausse des prix des jeux physiques, avec un impact budgétaire estimé entre 75 et 210 euros sur six ans pour un joueur régulier.

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By La rédaction Published on 5 novembre 2026 14h47
Nintendo Carton Confinement 1
@shutter - © Economie Matin
70 EUROSUn jeu Switch physique coûte actuellement entre 50 et 70 euros

Le fabricant taïwanais Macronix vient de prendre une décision qui aura des répercussions directes sur votre compte bancaire : il abandonne progressivement la production de puces ROM pour cartouches Nintendo, préférant investir ses 37,8 milliards de nouveaux taïwans dans les mémoires pour data centers d'IA, bien plus rentables. Pour les joueurs qui privilégient les jeux physiques, la facture risque de s'alourdir sensiblement.

Macronix abandonne Nintendo : le début d'une chaîne de hausses tarifaires

L'annonce tombe comme un couperet. Selon l'analyste David Gibson de MST Financial, Macronix met fin à sa production de puces ROM, composants essentiels des cartouches Nintendo Switch et Switch 2. « Le troisième trimestre 2026 est le dernier où l'entreprise rapporte ses ventes de ROM séparément », précise l'expert financier. La production a déjà chuté de 39% sur un an, passant de 26% à seulement 5% du chiffre d'affaires de Macronix.

Comment fonctionne la chaîne d'approvisionnement des cartouches Nintendo

Comprendre l'impact budgétaire nécessite de décrypter la chaîne d'approvisionnement. MegaChips, entreprise spécialisée dans la conception de puces, crée les composants ROM pour Nintendo. Elle sous-traite ensuite la fabrication à Macronix, qui représentait 67,8% de ses achats en 2022. MegaChips tire 87,8% de ses revenus de Nintendo, créant une dépendance économique majeure. Lorsqu'un maillon de cette chaîne se fragilise, les coûts augmentent mécaniquement. Nintendo dispose certes d'alternatives avec ROHM Semiconductor et Lapis Semiconductor, mais la réduction de l'offre globale pousse inévitablement les tarifs vers le haut.

Pourquoi Macronix abandonne la ROM pour les data centers IA

La raison tient en un mot : rentabilité. Miin Wu, PDG de Macronix, l'affirme sans détour : « La demande pour la mémoire NOR utilisée dans les data centers est extrêmement robuste. Les clients nous pressent pour augmenter nos capacités, exigeant davantage de solutions NOR flash pour data centers. » Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Les revenus en mémoire NOR ont bondi de 158%, ceux en NAND de 768% en glissement annuel au troisième trimestre 2026. Face à ces marges, la production de ROM pour cartouches de jeux, segment de niche peu lucratif, devient économiquement intenable. L'intégralité des investissements futurs se concentre sur l'IA, zéro allocation pour la ROM.

L'effet domino sur les prix : qui paiera vraiment la facture ?

Vous. Les joueurs supporteront directement cette hausse. La réduction de l'offre manufacturière pousse les coûts de production à la hausse. MegaChips devra trouver rapidement un fabricant alternatif, probablement à des tarifs supérieurs. Nintendo répercutera ces surcoûts sur le prix de vente final. La tendance s'observe déjà : certains titres physiques Switch coûtent désormais plus cher que leurs équivalents numériques, inversant la logique habituelle. Pour un foyer achetant quatre à cinq jeux physiques par an, l'impact budgétaire pourrait atteindre plusieurs dizaines d'euros annuels. Les collectionneurs et parents privilégiant le support physique pour revendre ou échanger les jeux subiront de plein fouet cette inflation.

Les solutions de Nintendo : suffisantes pour éviter une envolée des prix ?

Nintendo maintient son engagement envers les jeux physiques. En octobre 2026, l'entreprise a réaffirmé n'avoir « aucun plan » d'abandon à court terme, contrairement à Sony (arrêt prévu janvier 2028) et Microsoft. ROHM Semiconductor et Lapis Semiconductor continueront à fournir des puces ROM. Mais cette diversification suffira-t-elle ? Les capacités de production limitées face à une demande soutenue créent mathématiquement une tension tarifaire. David Gibson tempère : « Les cartouches physiques continueront probablement encore un moment. » Reste que la viabilité économique du support physique s'érode progressivement, poussant mécaniquement vers le numérique.

Quel impact réel sur votre portefeuille de joueur ?

Simulons concrètement. Un jeu Switch physique coûte actuellement entre 50 et 70 euros. Une hausse de 5 à 10% liée aux coûts de production représente 2,50 à 7 euros supplémentaires par titre. Pour une famille achetant cinq jeux par an, la facture annuelle grimpe de 12,50 à 35 euros. Sur la durée de vie de la Switch 2 (estimée à six ans), cela représente 75 à 210 euros de surcoût cumulé. Les jeux physiques ne représentent déjà plus que 38,5% des ventes de titres Nintendo en août 2026, contre 61,5% pour le numérique.

La transition vers le tout numérique, portée par des considérations industrielles plutôt que par les préférences des consommateurs, redessine silencieusement le marché du jeu vidéo. Pour les joueurs attachés au support physique, la question n'est plus de savoir si les prix augmenteront, mais de combien.

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