Pour un chef italien installé en Australie, certains principes culinaires ne se négocient pas. Davide Tamburella a perdu son emploi après avoir notamment refusé de garnir une pizza avec de l’ananas. Une question de respect de la tradition italienne, selon ce cuisinier qui n’en était pas à son premier refus.
Il refuse de mettre de l’ananas sur une pizza pour défendre la tradition italienne et se fait licencier

À Brisbane, en Australie, Davide Tamburella avait une limite bien précise en cuisine : pas question de mettre de l'ananas sur une pizza. Ce chef italien, employé au restaurant La Costa, a été licencié le 20 mai 2026 après plusieurs désaccords avec sa direction, dont un concernant cette garniture particulièrement controversée.
Tout est parti d'une demande de pizzas au jambon et à l'ananas pour une réception privée. Le client organisait un événement représentant une dépense de plus de 15 000 dollars australiens. Une commande importante pour l'établissement, mais pas suffisamment pour convaincre le cuisinier de renoncer à ses convictions gastronomiques.
Selon les informations rapportées par The Guardian, le chef a opposé un refus catégorique à cette demande.
Pour ce chef italien, l'ananas sur une pizza est une insulte à sa culture
Davide Tamburella ne considère pas cette association comme une simple question de goût. À ses yeux, ajouter de l'ananas sur une pizza constitue une véritable insulte à la culture italienne.
Le cuisinier a expliqué à sa direction qu'une consigne ne devait pas nécessairement être suivie lorsqu'elle portait atteinte à sa culture. Il a même demandé à son employeur de se renseigner sur l'importance que les Italiens accordent au refus de cette garniture.
Et l'homme ne plaisantait pas. Au cours de ses quatre années dans l'établissement, il avait déjà refusé à trois reprises de préparer des pizzas avec de l'ananas. Sa position n'avait donc rien d'une réaction improvisée face à un client particulièrement exigeant.
Le contraste est d'autant plus savoureux que l'affaire s'est déroulée dans le Queensland, région australienne particulièrement attachée à la culture de l'ananas. On y trouve même une attraction touristique baptisée Big Pineapple, représentant un ananas géant de 16 mètres de haut.
Mais pour Davide Tamburella, la tradition italienne passait avant les habitudes culinaires locales.
Un licenciement et une nouvelle cuisine sans ananas
Son employeur, Elliot Ingram, ne partageait pas cette intransigeance. Après plusieurs années dans la restauration, il estimait qu'il fallait parfois savoir satisfaire les demandes des clients, même lorsque leurs préférences ne correspondaient pas à celles du chef.
Le refus de préparer la fameuse pizza hawaïenne figurait parmi plusieurs reproches adressés à Davide Tamburella, notamment concernant son comportement et sa communication pendant le service.
Licencié en mai, le cuisinier a contesté la rupture de son contrat devant la Fair Work Commission australienne. Sa demande a été rejetée le 3 novembre 2026 parce qu'elle avait été déposée hors délai, sans que la commission se prononce sur le bien-fondé des motifs du licenciement.
Cette séparation a également compliqué ses démarches pour obtenir la résidence permanente en Australie, puisque son ancien employeur participait à sa procédure de visa.
L'histoire a néanmoins connu un nouveau chapitre. Davide Tamburella a retrouvé un poste de chef dans un autre restaurant italien de Brisbane, Don Gino, situé dans le quartier de West End.
Et comme l'a relevé la presse australienne, un détail distingue son nouvel établissement : la pizza à l'ananas ne figure pas à la carte.