Des élus républicains demandent au patron de Nvidia de répondre à huis clos le 18 novembre à des questions de sécurité et d’espionnage présumé. Le groupe conteste toute transmission d’informations sensibles lors de ses rencontres commerciales.
Nvidia : Jensen Huang convoqué au Congrès américain sur des soupçons d’espionnage chinois

Le patron de Nvidia, Jensen Huang, est invité à s'expliquer devant des parlementaires américains sur ses relations professionnelles et les risques d'espionnage chinois présumés. Une lettre de responsables républicains demande une réunion confidentielle le 18 novembre 2026. Pour le premier fournisseur mondial de processeurs destinés à l'intelligence artificielle, cette initiative place la sécurité des échanges commerciaux au cœur du débat politique.
Selon les informations publiées par Reuters le 5 novembre, les élus veulent interroger Jensen Huang sur des accusations relayées par le New York Times concernant Alice Huang, ancienne dirigeante liée à la société singapourienne Megaspeed. Les soupçons portent notamment sur des informations qui auraient pu parvenir aux autorités chinoises. Il s'agit d'allégations et non de faits judiciairement établis.
Des questions sur la protection des informations
La demande parlementaire s'intéresse aux mesures de protection prises par Nvidia lorsque ses dirigeants rencontrent des clients internationaux. Le groupe vend des puces très recherchées pour entraîner et exploiter des modèles d'intelligence artificielle, tandis que les États-Unis restreignent l'exportation de certains composants avancés vers la Chine.
Nvidia a répondu que son dirigeant rencontre régulièrement des milliers de responsables d'entreprises et que les discussions avec ses clients portent sur des sujets commerciaux ordinaires. La société affirme ne pas communiquer de secrets industriels sensibles ni d'informations relevant de la sécurité nationale américaine lors de ces échanges. Cette position constitue la réponse de l'entreprise, pas une conclusion indépendante sur les accusations.
La réunion réclamée par les élus ne constitue ni une condamnation ni une constatation de fuite de données. Elle traduit en revanche une pression politique accrue sur les fabricants de semi-conducteurs, dont les technologies sont devenues essentielles à la fois pour l'économie numérique et pour les capacités stratégiques des États.
Cette affaire arrive alors que les investissements dans les centres de données et les infrastructures d'IA mobilisent des sommes considérables. Pour les entreprises européennes utilisatrices de processeurs Nvidia, l'enjeu immédiat n'est pas une rupture d'approvisionnement annoncée, mais l'évolution possible des contrôles américains et des relations commerciales internationales.
Un autre développement est intervenu le 6 novembre : selon Reuters, l'administration américaine a annulé une réunion d'un conseil consultatif technologique auquel appartient Jensen Huang. Aucun lien causal avec les accusations d'espionnage n'a été établi. La prochaine échéance explicitement demandée par les parlementaires reste la réunion à huis clos du 18 novembre.