Le 9 janvier 2026, à Bruxelles, une majorité qualifiée de pays de l’Union européenne a approuvé l’accord de libre-échange Mercosur, ouvrant la voie à une signature officielle imminente.
Mercosur et Union européenne : un accord approuvé malgré des divisions persistantes
Le vote favorable enregistré au sein de l’Union européenne confirme un basculement politique important. En effet, malgré des réticences anciennes, une majorité qualifiée d’États membres a estimé que l’accord de libre-échange Mercosur répondait aux intérêts stratégiques européens. Ainsi, la validation a été obtenue lors d’une réunion des représentants permanents à Bruxelles, étape institutionnelle clé dans le processus décisionnel communautaire.
Toutefois, ce soutien majoritaire n’efface pas les fractures internes. La France, soutenue par l’Irlande, la Pologne et la Hongrie, a voté contre le texte. Emmanuel Macron a rappelé que Paris restait favorable au commerce international, mais considérait l’accord Mercosur comme inadapté aux exigences environnementales et agricoles actuelles, selon Toute l'Europe. Néanmoins, malgré cette opposition, les règles de vote de l’Union européenne permettent l’adoption d’un accord dès lors que la majorité qualifiée est atteinte, ce qui a été le cas.
Dans ce contexte, le Mercosur redevient un marqueur fort de la capacité de l’Union européenne à trancher collectivement. D’un côté, plusieurs États membres, notamment l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, ont souligné les opportunités économiques liées à l’ouverture accrue des marchés sud-américains. De l’autre, les pays opposés dénoncent un déséquilibre concurrentiel, en particulier pour les filières agricoles européennes. Cette tension structurelle traverse l’ensemble du débat sur le Mercosur depuis plus de vingt-cinq ans.
Mercosur, agriculture et industrie : les enjeux économiques au cœur du vote européen
L’accord de libre-échange Mercosur vise à faciliter les échanges entre l’Union européenne et quatre pays sud-américains : le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. Ensemble, ces États représentent un marché de plus de 260 millions de consommateurs, un argument central avancé par les partisans de l’accord au sein de l’Union européenne. De plus, l’ouverture de ces marchés est perçue comme un levier de croissance pour les exportations industrielles européennes, notamment dans l’automobile, la chimie et les services.
Cependant, l’agriculture reste le point le plus sensible. En France et en Belgique, des manifestations d’agriculteurs ont accompagné l’annonce du vote favorable. Les syndicats agricoles redoutent une concurrence accrue de produits sud-américains, jugés moins-disants sur les normes sanitaires et environnementales.Cette inquiétude explique en grande partie la fermeté de la position française sur le Mercosur.
À l’inverse, plusieurs gouvernements européens estiment que des garde-fous suffisants ont été intégrés dans le texte. Des clauses de sauvegarde et des engagements environnementaux sont mis en avant pour justifier l’approbation de l’accord Mercosur. L’Italie, initialement réservée, a finalement soutenu le texte après l’obtention de concessions agricoles ciblées, un ralliement décisif pour atteindre la majorité qualifiée au sein de l’Union européenne.
Par ailleurs, sur le plan macroéconomique, les défenseurs de l’accord rappellent que le Mercosur constitue un partenaire stratégique dans un contexte de recomposition du commerce mondial. Face aux tensions géopolitiques et à la concurrence asiatique, l’Union européenne cherche à diversifier ses débouchés. Ainsi, l’approbation du Mercosur est présentée comme un signal politique fort en faveur du multilatéralisme commercial, selon des déclarations ministérielles citées par la presse européenne.
Mercosur et stratégie politique européenne : vers une signature imminente
L’approbation par une majorité de pays de l’Union européenne ouvre désormais la voie à la signature officielle de l’accord Mercosur. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pourrait se rendre dès le début de la semaine suivante au Paraguay pour officialiser l’accord. Cette séquence diplomatique souligne l’importance stratégique accordée au Mercosur par les institutions européennes.
Néanmoins, cette signature annoncée ne mettra pas fin aux controverses. En France, le gouvernement a déjà indiqué qu’il poursuivrait le combat politique et juridique contre l’accord Mercosur lors des prochaines étapes de ratification. De plus, plusieurs parlements nationaux pourraient être appelés à se prononcer, prolongeant ainsi le débat au sein de l’Union européenne. Cette perspective alimente l’incertitude, même après l’approbation majoritaire obtenue à Bruxelles.
Sur le plan politique, ce dossier Mercosur révèle aussi les lignes de fracture internes à l’Union européenne. Tandis que certains États membres privilégient une approche libérale du commerce international, d’autres défendent une vision plus protectrice de leurs modèles agricoles et sociaux. Ce clivage, déjà visible lors d’autres accords commerciaux, s’exprime ici avec une intensité particulière, tant les enjeux économiques et symboliques sont élevés.
Enfin, au-delà du seul cadre européen, l’accord Mercosur est observé de près par les partenaires internationaux de l’Union européenne. Son adoption renforcerait la crédibilité commerciale de l’UE sur la scène mondiale. Toutefois, l’ampleur des oppositions internes rappelle que le commerce reste un sujet hautement politique, où chaque avancée s’accompagne de résistances durables.
