Agriculture : les coûts de production grimpent deux fois plus vite que les prix de vente

En septembre 2026, les prix des moyens de production agricole ont augmenté de 10,5 % sur un an, contre 4,9 % pour les produits agricoles à la première mise sur le marché, selon l’Insee. Énergie, céréales et légumes affichent des mouvements particulièrement marqués, mais ces indices ne permettent pas à eux seuls de calculer les marges des exploitants.

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By Published on 30 octobre 2026 17h13
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Agriculture : les coûts de production grimpent deux fois plus vite que les prix de vente - © Economie Matin

Les prix d’achat des moyens de production agricole ont progressé de 10,5 % sur un an en septembre 2026, tandis que les prix des produits agricoles à la production augmentaient de 4,9 %. Ces deux indicateurs, publiés le 30 octobre par l’Insee, montrent des rythmes d’évolution très différents pour les charges supportées par les exploitations et les prix de leurs productions.

Le contraste s’accentue par rapport à août : l’indice des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA) progressait alors de 8,2 % sur un an, et celui des prix des produits agricoles à la production (IPPAP) de 2,8 %. Les données décrivent des moyennes nationales, non les comptes d’une exploitation particulière.

Le coût de l’énergie agricole bondit de 61,6 %

Dans les indices agricoles de septembre publiés par l’Insee, l’énergie ressort comme la principale tension parmi les postes détaillés. Son prix d’achat pour les exploitants a augmenté de 61,6 % sur un an et de 10,2 % en un mois. L’institut mentionne notamment le fioul domestique et le gazole non routier, dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques.

Les prix d’achat des consommations intermédiaires, qui regroupent les biens et services utilisés au cours de la production, progressent de 12,8 % sur un an. Les engrais, les aliments pour animaux et les semences n’évoluent toutefois pas tous au même rythme. L’augmentation de l’indice global des moyens de production est moins forte, à 10,5 %, car celui-ci comprend aussi des biens d’investissement, dont les prix augmentent de 3,7 % sur un an.

Cette différence compte pour les exploitations qui doivent financer simultanément leur fonctionnement quotidien et le renouvellement de leur matériel. Mais une hausse d’indice ne se transforme pas automatiquement en hausse identique des dépenses de chaque agriculteur : le poids du carburant, des engrais ou des aliments varie fortement selon les productions.

Céréales et légumes montent, mais le lait recule

Du côté des prix reçus à la première mise sur le marché, les évolutions sont très contrastées. Les céréales affichent une hausse annuelle de 31,6 %, après 22,1 % en août. L’Insee signale notamment que les prix du maïs ont atteint leur niveau le plus élevé depuis février 2023, dans le contexte de rendements décevants après les canicules estivales.

Les légumes frais augmentent de 32,3 % sur un an à la production. L’indice des tomates progresse de 94,8 %, celui des poireaux de 52,7 % et celui des concombres de 40,2 %. Les pommes de terre renchérissent de 29,3 %, dans un contexte de faible récolte. À l’inverse, les prix du lait diminuent de 10,3 % sur un an, alors que ceux des œufs rebondissent de 7,1 %.

Ces variations illustrent pourquoi la moyenne agricole de 4,9 % ne décrit pas la situation économique de chaque filière. Une exploitation laitière, un producteur de céréales et un maraîcher ne vendent pas les mêmes produits et n’achètent pas les mêmes intrants.

Ni les marges des agriculteurs ni les prix en rayon ne se déduisent directement de ces chiffres

La comparaison des deux indices constitue un signal de tension, mais elle ne mesure pas directement la rentabilité agricole. Les prix d’achat et les prix de vente reposent sur des paniers et des pondérations distincts. Les revenus dépendent aussi des quantités récoltées, des rendements, des aides, des contrats et de l’organisation de chaque exploitation.

Autre distinction essentielle pour les consommateurs : les prix agricoles à la production ne sont pas les prix payés en supermarché. Entre l’exploitation et le rayon interviennent le transport, la transformation, le conditionnement et la distribution. Une hausse de 94,8 % du prix des tomates à la production ne signifie donc pas une hausse identique du ticket de caisse.

La prochaine publication des indices agricoles est annoncée par l’Insee pour le 26 novembre 2026. Elle permettra de voir si l’écart de progression entre les moyens de production et les prix agricoles se prolonge après septembre.

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