Une centrale thermique a été visée par une attaque terroriste en Allemagne

L’Allemagne ouvre une enquête antiterroriste après la découverte d’explosifs artisanaux près de la centrale thermique de Jänschwalde et un sabotage simultané à Bergheim. Les attaques ont contraint à mettre hors service 4 200 mégawatts de capacité de production, révélant la vulnérabilité des infrastructures énergétiques face à des menaces terroristes ou étatiques.

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By Nicolas Egon Published on 2 septembre 2026 15h37
Une centrale thermique a été visée par une attaque terroriste en Allemagne
Une centrale thermique a été visée par une attaque terroriste en Allemagne - © Economie Matin

Le 2 septembre 2026, l'Allemagne a été la cible d'une attaque coordonnée visant ses infrastructures énergétiques. Les autorités du Brandebourg ont lancé une enquête antiterroriste après avoir découvert des engins explosifs artisanaux près du poste électrique de Preilack, proche de la centrale thermique de Jänschwalde. Un incident criminel similaire a également eu lieu à Bergheim, dans l'ouest du pays. Ces événements ont déjà impacté l'économie, avec 4 200 mégawatts de capacité de production mis hors service, perturbant un approvisionnement énergétique déjà sensible en raison de la transition écologique.

Une menace accrue pour l'économie allemande

Les attaques du 1er septembre mettent en lumière la vulnérabilité des infrastructures critiques allemandes. À Preilack, plusieurs engins explosifs, semblables à des fusées de feu d'artifice, ont été découverts, et l'un d'eux a explosé, causant des dommages aux lignes électriques. Parallèlement, un court-circuit a été volontairement provoqué à Bergheim dans un poste de l'opérateur Amprion. La police allemande a confirmé qu'il s'agit d'un acte volontaire et non d'une panne technique.

RWE, l'exploitant de Jänschwalde, a dû arrêter cinq unités de production au lignite, qui injectaient 3 000 mégawatts dans le réseau, équivalant à la consommation de millions de foyers. « Un poste électrique est essentiel à notre quotidien. S'attaquer à un tel site, c'est viser notre pays, notre économie et notre mode de vie », a déclaré Herbert Reul, ministre de l'Intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, soulignant l'impact économique de ces actes.

Attaques répétées contre les infrastructures

Les attaques contre le réseau énergétique allemand se multiplient. Depuis 2011, le groupe d'extrême gauche Vulkangruppe a revendiqué une douzaine d'opérations. Le 3 janvier 2026, un incendie criminel a privé 100 000 personnes d'électricité à Berlin. En mars 2024, l'usine Tesla près de la capitale a été ciblée, interrompant temporairement la production. Les autorités allemandes explorent deux pistes : un sabotage orchestré par un État étranger ou des actes d'extrémistes de gauche.

La dimension géopolitique est également présente. Berlin attribue certains sabotages à Moscou, en réponse au soutien à l'Ukraine. Le Kremlin nie ces accusations, mais le climat international alimente les suspicions. Une attaque au drone à l'aéroport de Leipzig a été qualifiée d'« attaque hybride » par les autorités allemandes, la veille de ces nouveaux incidents.

Impact potentiel sur l'approvisionnement énergétique

Aucune coupure majeure n'a été signalée, mais les risques économiques restent élevés. En pleine transition énergétique, l'Allemagne réduit sa dépendance au nucléaire et au charbon au profit des énergies renouvelables. Toute perturbation du réseau menace donc la stabilité de l'approvisionnement. Les industries, grandes consommatrices d'énergie, craignent des interruptions susceptibles de coûter des millions d'euros par heure.

L'interconnexion du réseau électrique européen amplifie ces enjeux. Une déstabilisation en Allemagne, première économie européenne, pourrait affecter les pays voisins et faire grimper les prix de l'électricité sur le marché européen. Les opérateurs énergétiques doivent désormais considérer le risque terroriste dans leurs calculs de rentabilité, ce qui nécessite des investissements accrus en sécurité physique et cybernétique.

Réponses des opérateurs et des autorités

Dietmar Woidke, ministre-président du Brandebourg, a réagi fermement : « Saboter nos infrastructures, c'est s'attaquer à notre société tout entière ». Les opérateurs RWE et Amprion renforcent leurs mesures de sécurité. Selon BFMTV, des patrouilles supplémentaires et des systèmes de détection avancés sont déployés autour des sites sensibles.

L'enquête pour « formation d'une organisation terroriste » traduit un durcissement judiciaire. Malgré les douze attaques revendiquées par Vulkangruppe, aucune arrestation n'a été effectuée. Les services de renseignement allemands font face à une menace complexe, entre terrorisme domestique et sabotage étatique potentiel. Le financement de la protection des infrastructures critiques devrait augmenter, impactant les finances publiques.

Au-delà de la sécurité, ces incidents interrogent la résilience économique. L'Allemagne doit-elle accélérer la décentralisation de sa production électrique pour réduire sa vulnérabilité ? Doit-elle prolonger l'utilisation des énergies fossiles pour garantir la continuité énergétique ? Les décisions prises dans les mois à venir seront cruciales pour la capacité de l'Allemagne à résister aux chocs énergétiques, qu'ils soient d'origine terroriste, géopolitique ou climatique, avec des coûts élevés pour les contribuables et consommateurs.

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