Un petit organe, une maladie peu connue, et des chiffres en forte progression. Le cancer de l’appendice intrigue les chercheurs et interroge la communauté médicale, alors qu’une tendance générationnelle se dessine chez les jeunes adultes.
Appendice : ce cancer rare en hausse chez les millenials

Le cancer de l’appendice, longtemps ignoré du grand public, fait aujourd’hui l’objet d’une attention renouvelée. Le 9 juin 2025, une étude publiée dans la revue Annals of Internal Medicine a mis en lumière une hausse marquée de cette maladie chez les personnes nées après 1980. Selon les chercheurs de la Vanderbilt University, les millenials présentent un risque bien supérieur à celui de leurs aînés. Une évolution qui soulève de nombreuses questions sur les causes de cette augmentation.
L’augmentation des cas de cancer de l’appendice chez les jeunes adultes
Si le cancer de l’appendice reste rare dans l’absolu, il connaît une progression préoccupante chez les jeunes adultes. D’après Santé Magazine, « les taux d’incidence de l’appendice ont plus que triplé dans la cohorte de naissance de 1980 et quadruplé dans celle de 1985 ». L’Express précise que « les millennials […] ont aujourd’hui un risque de cancer de l’appendice plus de quatre fois plus élevé que les personnes nées dans les années 1940 ».
Le diagnostic repose sur l’identification de tumeurs malignes dans la paroi de l’appendice, souvent découvertes fortuitement ou tardivement. Selon le National Cancer Institute, la prévalence reste faible, à 0,12 cas par million de personnes, mais les courbes d’incidence évoluent rapidement à la hausse.
Une pathologie rare aux causes multiples
L’augmentation des cas ne semble pas pouvoir être expliquée uniquement par une meilleure détection. Pour Andreana Holowatyj, hématologue-oncologue à l’université Vanderbilt, « nous ignorons quels sont les facteurs de risque du cancer de l’appendice, et l’étude d’éventuels effets générationnels pourrait nous aider à continuer à reconstituer ce puzzle complexe » (Santé Magazine, 10 juin 2025).
Cette progression s’inscrit dans un phénomène plus large. Depuis les années 1990, plusieurs types de cancers digestifs (côlon, estomac, rectum) touchent de plus en plus les moins de 50 ans. Un schéma qualifié d’« effet de cohorte de naissance », selon lequel chaque génération serait davantage exposée à certains facteurs de risque que la précédente.
Hypothèses sur les causes : environnement, mode de vie, génétique
Les pistes avancées pour expliquer cette hausse sont multiples. Parmi les éléments fréquemment cités figurent les habitudes alimentaires (consommation accrue de produits ultra-transformés et de viandes industrielles), les changements du microbiote intestinal, la sédentarité, l’obésité et les désordres métaboliques. Comme l’indique Andreana Holowatyj dans Femme Actuelle, « ce n’est probablement pas un seul facteur, mais un enchevêtrement de causes environnementales, métaboliques et génétiques, qui explique cette augmentation ».
L’étude évoque également la nécessité de mieux comprendre les mécanismes biologiques spécifiques à ces évolutions, notamment au niveau cellulaire. Le manque de recherches sur ce type de cancer, en raison de sa rareté, constitue un obstacle supplémentaire pour les scientifiques.
Une prise de conscience encore limitée
Le cancer de l’appendice reste méconnu du grand public et parfois aussi du corps médical. Les symptômes (douleurs abdominales, troubles digestifs) sont souvent attribués à d’autres affections bénignes, ce qui peut retarder le diagnostic. Les auteurs de l’étude insistent donc sur l’importance de renforcer la vigilance clinique, notamment chez les jeunes adultes présentant des signes persistants.
La reconnaissance de cette pathologie comme enjeu de santé publique nécessite une mobilisation des professionnels et une amélioration des outils de détection. Comme le soulignent les chercheurs, « des tendances similaires ont été signalées pour d’autres cancers gastro-intestinaux, suggérant une cause commune potentielle contribuant à cette charge croissante du cancer à travers les générations ».
