Le géant pétrolier saoudien a annoncé un bénéfice net trimestriel d’environ 36,3 milliards de dollars, porté par les cours du brut et une cession d’actifs. Derrière cette hausse, les risques sur les routes d’exportation restent considérables.
Aramco affiche 35 % de bénéfice en plus malgré les attaques contre ses installations

Saudi Aramco a publié début novembre un résultat qui contraste avec les difficultés de transport du pétrole au Moyen-Orient. Le groupe saoudien annonce un bénéfice net d'environ 36,3 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, contre 26,9 milliards un an plus tôt, soit une progression proche de 35 %.
Selon le compte rendu de ses résultats publié par Associated Press, cette hausse tient notamment à l'augmentation des prix de vente du brut et à une opération exceptionnelle : la vente de sa participation dans le groupe malaisien de raffinage et pétrochimie PRefChem.
Un bénéfice qui ne repose pas uniquement sur l'activité courante
Le résultat net ajusté, qui écarte notamment l'effet de cette cession, atteint environ 31,2 milliards de dollars. Sa progression annuelle est de 9 %, sensiblement inférieure à celle du bénéfice publié. La distinction est importante pour apprécier la performance industrielle du groupe sans confondre les revenus récurrents et une vente d'actifs.
Le prix moyen du pétrole vendu par Aramco a atteint 95,20 dollars le baril, contre 70,10 dollars un an auparavant, selon les chiffres rapportés par AP. La hausse des prix a soutenu les recettes, alors même que la guerre régionale a compliqué l'acheminement des hydrocarbures.
Aramco continue d'utiliser son oléoduc Est-Ouest vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge, pour contourner une partie des difficultés de navigation dans le détroit d'Ormuz. Le groupe fait également face aux risques d'attaques contre les installations et les navires. Ces contraintes logistiques augmentent les coûts et rendent les exportations moins prévisibles.
Pourquoi les consommateurs européens restent concernés
La bonne santé comptable d'un producteur ne signifie pas que le marché pétrolier soit détendu. Au contraire, des prix élevés peuvent soutenir ses bénéfices tout en renchérissant les dépenses des entreprises de transport et des consommateurs qui achètent des carburants.
La situation du marché dépend de l'offre mondiale, de la disponibilité des stocks, des itinéraires maritimes et des marges de raffinage. Le bénéfice d'Aramco ne permet donc pas, à lui seul, de prédire l'évolution du prix à la pompe en France. Il illustre toutefois un paradoxe de la crise énergétique : les perturbations qui fragilisent l'approvisionnement peuvent aussi accroître les recettes de certains producteurs.