Argent des migrants : 728 milliards de dollars envoyés en 2025

Les migrants ont transféré 728,6 milliards de dollars vers les pays à revenu faible et intermédiaire en 2025, soit le double du montant de 2016. Cet argent dépasse désormais les investissements directs étrangers et représente quatre fois l’aide publique mondiale. L’Afrique a reçu 124,2 milliards, avec une concentration marquée en Égypte, au Nigeria et au Maroc.

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By Rédaction Published on 19 septembre 2026 15h14
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Argent des migrants : 728 milliards de dollars envoyés en 2025 - © Economie Matin
728,6 milliards de dollars (env. 635 milliards d'euros)Montant transféré par les migrants vers les pays pauvres en 2025

Selon le rapport 2026 du FIDA, l'argent envoyé par les migrants vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 728,6 milliards de dollars en 2025, marquant une hausse de 94 % sur neuf ans. Ce flux financier dépasse à présent les investissements directs étrangers et l'aide publique au développement mondiale combinée. Les transferts effectués par 220 millions de migrants soutiennent aujourd'hui 1,1 milliard de proches dans leurs pays d'origine.

Une augmentation significative des transferts d'argent : les chiffres du FIDA

Le rapport de 2026 du Fonds international de développement agricole, publié le 14 septembre, met en lumière une progression continue des transferts depuis 2016, où ils s'élevaient à 375,6 milliards de dollars. En 2025, ce chiffre a pratiquement doublé pour atteindre 728,6 milliards. Contrairement aux investissements directs étrangers qui varient avec les cycles économiques, les remises des migrants restent stables, augmentant même lors de crises. Les 220 millions de migrants continuent de soutenir financièrement leurs familles, même face aux conflits, catastrophes naturelles ou chocs économiques externes.

Quand les remises surpassent les investissements directs étrangers

En Afrique, les envois de fonds ont atteint 124,2 milliards de dollars en 2025, marquant une augmentation de 86 % par rapport à 2016. Les 46 millions de migrants africains ont vu leurs transferts dépasser largement les investissements directs étrangers reçus par le continent, représentant 18 % des exportations totales. Les investissements directs étrangers en Afrique ont stagné autour de 50 milliards en 2025, soit moins de la moitié des envois de fonds. Dans plusieurs pays, les remises sont désormais la première source de devises étrangères. Entre 2020 et 2022, alors que les IDE chutaient de 30 %, les remises augmentaient de 12 %, soutenant la consommation et l'économie locale.

Les transferts des migrants représentent plus de quatre fois le montant total de l'aide publique au développement à l'échelle mondiale, qui atteint environ 180 milliards de dollars chaque année. Ces fonds, exempts de conditionnalités politiques ou de délais administratifs, sont directement utilisés par les familles pour l'alimentation, la santé, l'éducation et l'investissement productif, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté.

Concentration géographique et disparités régionales

En 2025, l'Égypte, le Nigeria et le Maroc ont reçu ensemble près de 63 % des transferts africains, avec respectivement 41,51 milliards, 22,78 milliards et 13,65 milliards de dollars. L'Éthiopie et le Kenya complètent le top 5. Le Sénégal, huitième bénéficiaire africain, a reçu 3,26 milliards, soit 11 % de son PIB et 27 % de ses exportations. Certains petits États, comme la Gambie et le Liberia, dépendent fortement des remises, qui représentent plus de 20 % de leur PIB. Pour ces économies fragiles, les transferts sont essentiels face aux chocs externes, bien qu'ils les exposent aux politiques migratoires des pays d'accueil.

Coûts et transition numérique : vers une réduction des frais de transfert

Le coût moyen d'un envoi de 200 dollars vers l'Afrique est passé de 9 % en 2016 à 7,2 % en 2025, soit une réduction de 20 %. Malgré cette baisse, l'Afrique reste la région la plus coûteuse pour recevoir des fonds. Les Objectifs de développement durable fixent un plafond de 3 % d'ici 2030, un objectif difficile à atteindre au rythme actuel. Sur les 124,2 milliards reçus, environ 9 milliards sont absorbés par les frais de transfert. L'argent disponible pour les familles est donc encore réduit par ces coûts élevés.

La digitalisation des transferts progresse, 50 % débutant par voie numérique, mais seulement 35 % restant entièrement numériques. Dans de nombreux pays africains, les bénéficiaires doivent encore retirer l'argent en espèces, faute d'inclusion bancaire suffisante. Les opérateurs de téléphonie mobile, comme M-Pesa au Kenya ou Orange Money en Afrique de l'Ouest, facilitent partiellement les transferts, mais la fragmentation des systèmes de paiement limite l'interopérabilité régionale. Le rôle des diasporas évolue avec ces technologies, permettant des transferts plus rapides et traçables.

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