En 2025, la DGCCRF a déjà bloqué près de quatre-vingts sites Internet frauduleux. Derrière ce chiffre inédit se cache une stratégie renforcée pour protéger les consommateurs et endiguer la progression des arnaques numériques qui menacent aussi bien la confiance que la concurrence loyale en France.
Arnaques en ligne : La DGCCRF bloque de plus en plus de sites frauduleux

Le 8 septembre 2025, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé un bilan saisissant : près de 80 sites frauduleux ont été bloqués depuis janvier. Un rythme effréné, quand on sait que 87 réquisitions numériques avaient été effectuées sur l’ensemble de 2024, selon le communiqué officiel.
Des pratiques d’arnaque ciblées par la DGCCRF
Les autorités ont repéré une série de techniques répétées sur les plateformes frauduleuses. Parmi elles, la promotion fictive occupe une place de choix : certains sites annoncent des réductions spectaculaires pour des produits qui n’existent tout simplement pas. D’autres usent de fausses allégations en usurpant l’identité d’entreprises reconnues ou de professionnels qualifiés afin de piéger l’internaute. Selon le communiqué de presse du ministère de l’Économie, ces dérives sont particulièrement fréquentes dans le dépannage à domicile et la rénovation énergétique, deux secteurs où la promesse de services rapides attire des victimes vulnérables.
L’arnaque est malheureusement bien construite : jouer sur l’urgence, la méconnaissance technique et la crédulité. Véronique Louwagie, ministre déléguée démissionnaire, l’a rappelé : « le consommateur y est en danger, et les commerçants et artisans qui respectent les règles… subissent une concurrence déloyale de plein fouet ». Les conséquences ne se limitent donc pas aux particuliers floués, elles pèsent également sur le tissu économique en général… bien que les particuliers soient le plus souvent la cible première des arnaques.
Que peut faire la DGCCRF contre les sites frauduleux ?
Face à cette augmentation des arnaques numériques, la DGCCRF ne se contente pas de simples mises en garde. Depuis la loi de 2020, l’administration dispose de trois leviers puissants. Le premier est le blocage complet d’un domaine, mesure radicale qui empêche tout accès au site. Le second repose sur une restriction avec redirection : l’internaute, au lieu de tomber sur la page trompeuse, est envoyé vers une page d’information officielle qui explique le danger. Enfin, le troisième outil est le déréférencement, une arme discrète mais efficace, puisqu’elle efface les traces du site dans les résultats des moteurs de recherche.
Ces mesures trouvent leur justification dans l’urgence. Les responsables des fraudes se cachent derrière des sociétés-écrans ou ignorent les injonctions de cesser leurs pratiques. Dans ce contexte, la coupure d’accès ou la suppression de visibilité devient un rempart nécessaire.
Une mobilisation croissante et des outils pour les consommateurs
Le bilan 2025 prouve que la mobilisation s’accélère. En seulement neuf mois, la DGCCRF a déjà atteint le niveau quasi équivalent de l’année précédente : près de 80 réquisitions numériques, contre 87 en 2024. Une hausse liée à la multiplication des signalements de la part des consommateurs et à la réactivité des contrôleurs.
Les consommateurs disposent en effet d’un canal privilégié : la plateforme SignalConso, qui permet de signaler directement une suspicion de fraude. Chaque alerte peut déclencher un contrôle et mener, si les indices sont probants, à une réquisition. La DGCCRF publie par ailleurs la liste noire des sites bloqués, outil pratique pour éviter de tomber dans le piège.
