Impôt sur le revenu : le nouveau barème 2027 en détail

Le gouvernement a dévoilé le 1er octobre 2026 le nouveau barème de l’impôt sur le revenu pour 2027, avec une revalorisation de 2,1% de tous les seuils fiscaux. Les taux d’imposition restent identiques (0%, 11%, 30%, 41%, 45%), mais chaque tranche augmente pour compenser l’inflation, protégeant 20 millions de ménages d’une hausse fiscale de 4 milliards d’euros.

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By La rédaction Last modified on 2 octobre 2026 6h45
Impôt sur le revenu : pas de « gèle » du barème prévu en 2027
Impôt sur le revenu : le nouveau barème 2027 en détail - © Economie Matin
11844 EUROSLa première tranche, exonérée d'impôt, passe de 11 600 euros à 11 844 euros par part.

Le 1er octobre 2026, le gouvernement a révélé les nouveaux seuils du barème de l'impôt sur le revenu pour 2027. Une revalorisation de 2,1% a été appliquée à chaque tranche pour suivre l'inflation, sans modifier les taux d'imposition. Pour 20 millions de ménages, cet ajustement prévient une hausse fiscale automatique de 4 milliards d'euros. Voici l'impact concret de ces nouveaux seuils sur votre déclaration et votre budget.

Les cinq tranches du barème 2027 : détails et taux constants

Le barème de l'impôt sur le revenu maintient sa structure à cinq tranches, mais chaque seuil augmente de 2,1% pour compenser l'inflation prévue en 2026. Les taux demeurent à 0%, 11%, 30%, 41% et 45%. Seuls les montants de revenus déterminant le passage d'une tranche à l'autre changent, par part de quotient familial.

Tranche 1 (0%) : jusqu'à 11 844 euros par part

La première tranche, exonérée d'impôt, passe de 11 600 euros à 11 844 euros par part. Pour un célibataire sans enfant (une part fiscale), cela signifie qu'un revenu annuel jusqu'à 11 844 euros reste non imposé. Pour un couple marié ou pacsé avec deux enfants (trois parts), le seuil d'exonération atteint désormais 35 532 euros. Selon le projet de loi de finances 2027, environ 500 000 foyers évitent ainsi l'imposition.

Tranche 2 (11%) : de 11 844 à 29 974 euros par part

La deuxième tranche s'applique aux revenus de 11 844 euros à 29 974 euros par part, contre 11 600 à 29 351 euros auparavant. Un célibataire gagnant 25 000 euros annuels verra donc la fraction comprise entre 11 844 et 25 000 euros imposée à 11%. L'augmentation du plafond de 623 euros par part protège les contribuables aux revenus stables ou en faible progression.

Tranche 3 (30%) : de 29 974 à 81 474 euros par part

La troisième tranche, pour les revenus intermédiaires et supérieurs, s'étend désormais de 29 974 à 81 474 euros par part. L'ancien barème fixait ces limites à 29 351 et 79 780 euros. Pour un couple avec deux revenus moyens, cet élargissement de 1 694 euros par part représente une économie notable, puisque plus de revenus échappent au taux de 30%.

Tranche 4 (41%) : de 81 474 à 185 737 euros par part

Les hauts revenus bénéficient également de l'ajustement. La quatrième tranche, imposée à 41%, s'applique entre 81 474 et 185 737 euros par part. Auparavant, ces seuils étaient de 79 780 et 181 917 euros. L'écart de 3 820 euros sur le plafond supérieur retarde ainsi l'entrée dans la tranche marginale maximale.

Tranche 5 (45%) : au-delà de 185 737 euros par part

Le taux marginal supérieur de 45% s'applique désormais aux revenus dépassant 185 737 euros par part, contre 181 917 euros auparavant. Pour un célibataire, cela signifie qu'au-delà de 185 737 euros de revenus annuels, seule la fraction excédant ce montant subit le taux maximal. La progressivité du barème garantit qu'aucun contribuable ne voit l'ensemble de ses revenus imposé à 45%.

L'augmentation de 2,1% expliquée : l'origine de ce chiffre

La revalorisation de 2,1% du barème repose sur l'indice des prix à la consommation hors tabac, calculé par l'INSEE. Selon les prévisions économiques pour 2026, l'inflation devrait atteindre ce niveau, justifiant l'ajustement automatique des seuils fiscaux. Comme l'a déclaré le ministre de l'Économie : « Nous neutralisons les effets de la hausse des prix afin que l'inflation ne se transforme pas en charge fiscale supplémentaire pour les Français. »

Comparaison avec 2026 : revalorisation de 0,9% et conséquences

En 2026, le gouvernement avait initialement envisagé de geler le barème, ce qui aurait pu générer 2 milliards d'euros de recettes supplémentaires. Finalement, une revalorisation de 0,9% avait été adoptée, bien inférieure à l'inflation réelle. Pour 2027, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, avait décidé en septembre 2026 : « Nous proposerons l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation complète, pas en partie. Il est hors de question de geler ce qu'on appelle le barème. » La différence entre 0,9% et 2,1% illustre un changement de politique budgétaire.

Exemples concrets : calculer votre impôt avec le nouveau barème

Cas 1 : Un salarié au revenu médian sans augmentation

Considérons un célibataire percevant 2 190 euros nets par mois, soit le salaire médian du secteur privé en France, représentant 26 280 euros annuels. Sans augmentation en 2026, son revenu imposable stagne. Avec l'ancien barème, la fraction entre 11 600 et 26 280 euros était imposée à 11%, soit 1 614,80 euros. Avec le nouveau barème, la fraction entre 11 844 et 26 280 euros représente 14 436 euros, imposés à 11%, soit 1 587,96 euros. L'économie atteint 26,84 euros, auxquels s'ajoutent d'autres ajustements liés aux décotes et réductions. Au total, la baisse peut atteindre 58 euros annuels pour ce profil.

Cas 2 : Un couple avec enfants à la frontière de l'imposition

Un couple marié avec deux enfants (trois parts fiscales) gagnant 35 000 euros annuels se situait juste au-dessus du seuil d'imposition avec l'ancien barème (34 800 euros). Avec le nouveau barème, le seuil d'exonération passe à 35 532 euros. Ce couple bascule dans la non-imposition, évitant ainsi plusieurs centaines d'euros d'impôt. Multiplié par 500 000 foyers concernés, l'impact budgétaire pour les ménages modestes devient significatif.

Cas 3 : Un revenu élevé passant dans la tranche supérieure

Un contribuable célibataire percevant 85 000 euros annuels voyait auparavant 5 220 euros imposés à 41% (fraction entre 79 780 et 85 000 euros). Avec le nouveau barème, seulement 3 526 euros sont imposés à ce taux (fraction entre 81 474 et 85 000 euros). L'économie sur cette seule tranche atteint 694,20 euros, avant prise en compte des effets sur les tranches inférieures. Pour les hauts revenus, la revalorisation limite également la progression fiscale automatique.

Le mécanisme de progressivité : pourquoi seule la fraction imposée au nouveau taux compte

Le barème français fonctionne par tranches progressives : chaque fraction de revenu subit uniquement le taux correspondant à sa tranche. Contrairement à une idée reçue, passer dans une tranche supérieure n'augmente pas l'impôt sur l'ensemble des revenus. Un contribuable franchissant le seuil de 29 974 euros par part ne voit que l'euro supplémentaire imposé à 30%, les 29 974 premiers euros restant soumis aux taux de 0% et 11%. Ce système garantit une imposition équitable et évite les effets de seuil brutaux.

Calendrier 2027 : quand verrez-vous l'impact sur votre feuille d'impôt ?

Printemps 2027 : déclaration et calcul définitif

Le prélèvement à la source, appliqué mensuellement sur les salaires en 2027, utilise encore l'ancien taux, calculé sur les revenus 2025. Le nouveau barème ne s'applique qu'au moment de la déclaration de revenus, au printemps 2027. Les contribuables déclarent alors leurs revenus 2026, et l'administration fiscale recalcule l'impôt dû avec les nouveaux seuils. La différence entre le montant prélevé à la source et le montant réellement dû génère soit un complément à payer, soit un remboursement.

Juillet-août 2027 : régularisation et remboursements automatiques

Les remboursements d'impôt interviennent généralement fin juillet ou début août 2027, automatiquement sur le compte bancaire renseigné auprès de l'administration fiscale. Pour un salarié sans augmentation en 2026, la revalorisation du barème génère mécaniquement un trop-perçu, donc un remboursement. Les contribuables n'ont aucune démarche à effectuer : le calcul et le virement s'opèrent automatiquement après validation de la déclaration. Dans un contexte budgétaire contraint, où le gouvernement cherche 54 milliards d'euros d'économies, cette indexation représente un choix politique de protection des ménages plutôt que d'optimisation des recettes fiscales.

La revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu pour 2027 à 2,1% est un moyen de neutraliser l'effet de l'inflation sur la fiscalité. En ajustant les seuils sans toucher aux taux, le gouvernement protège le pouvoir d'achat de 20 millions de foyers. Pour ceux sans augmentation de salaire, l'impact se traduira par une réduction d'impôt lors de la régularisation de l'été 2027.

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