La Banque centrale européenne relève une croissance annuelle de 5,7 % des investissements financiers des ménages en titres de dette au deuxième trimestre 2026, contre 4 % au trimestre précédent. À l’inverse, les flux vers les dépôts ralentissent, dans un contexte de recul du taux d’épargne mesuré par Eurostat.
Placements des ménages : les titres de dette accélèrent dans la zone euro, les dépôts ralentissent

Les placements financiers des ménages de la zone euro évoluent à des rythmes divergents. Selon les comptes financiers sectoriels publiés le 28 octobre 2026 par la Banque centrale européenne (BCE), la croissance annuelle des investissements en titres de dette atteint 5,7 % au deuxième trimestre, contre 4 % au premier. Celle des investissements en numéraire et dépôts ralentit simultanément de 2,7 % à 2,4 %.
Cette divergence porte sur la croissance des transactions financières, et non sur les rendements des produits d’épargne ou sur la variation des encours détenus par chaque ménage. Elle décrit les flux agrégés de l’ensemble des foyers de la zone euro, sans permettre d’attribuer le mouvement à un produit bancaire français particulier.
Des achats de titres de dette, mais des ventes nettes d’actions cotées
La BCE précise que les ménages ont été acheteurs nets de titres de dette émis principalement par les administrations publiques, d’autres institutions financières et des émetteurs extérieurs à la zone euro. À l’inverse, ils ont cédé, en solde net, des titres de dette émis par les sociétés non financières, les institutions financières monétaires et les assureurs.
Sur le marché des actions, les ménages ont été globalement vendeurs nets de titres cotés. La croissance annuelle de leurs investissements en actions et autres participations ralentit à 1,5 %, après 1,8 %. Ils ont toutefois continué d’acheter, en solde net, des parts de fonds d’investissement monétaires et non monétaires. Ces mouvements ne doivent pas être confondus avec une baisse générale de la valeur de leurs portefeuilles, qui dépend aussi des cours de marché.
Assurance-vie et retraite conservent leur rythme de progression
Les investissements en assurance-vie progressent de 2,7 % sur un an, un rythme inchangé par rapport au trimestre précédent. Ceux consacrés aux dispositifs de retraite augmentent de 5,6 %, après 5,7 %. Au total, la croissance annuelle de l’investissement financier des ménages ressort à 2,7 %, contre 2,8 % au premier trimestre.
Ces séries éclairent la composition du financement de l’économie européenne. Les achats de titres de dette peuvent notamment contribuer au financement d’émetteurs publics et financiers, tandis que la progression plus modérée des dépôts décrit une autre composante des flux de placement. Les données agrégées ne permettent cependant pas d’établir les motivations individuelles des épargnants.
Un taux d’épargne en recul, selon Eurostat
Les comptes financiers peuvent être rapprochés des comptes non financiers détaillés publiés le même jour par Eurostat. L’institut européen mesure un taux d’épargne des ménages de 14,2 % au deuxième trimestre dans la zone euro, contre 14,4 % au premier. Le revenu réel par habitant progresse de 0,1 % sur le trimestre, tandis que la consommation réelle par habitant augmente de 0,3 %.
Le taux d’épargne, qui mesure la part du revenu disponible non consommée, est distinct des statistiques de transactions financières de la BCE. Ensemble, ces indicateurs montrent une épargne moins importante relativement au revenu, mais des choix de placement contrastés selon les instruments. Le ratio de dette des ménages rapportée à leur revenu disponible s’établit par ailleurs à 80,3 % au deuxième trimestre 2026, contre 80,5 % un an auparavant, selon la BCE.