Le projet de loi de finances de fin de gestion maintient le déficit public prévu à 5,4 % du PIB. Le Haut Conseil des finances publiques estime toutefois que le coût des obligations indexées sur l’inflation et une croissance plus faible fragilisent cet objectif.
Budget 2026 : le Haut Conseil des finances publiques pointe le risque d’un déficit à 5,5 %

Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a mis en garde, dans son avis rendu public le 4 novembre 2026, contre la fragilité de la prévision de déficit retenue par le gouvernement pour cette année. Alors que le projet de loi de finances de fin de gestion maintient l'objectif à 5,4 % du produit intérieur brut, l'institution relève un risque lié aux intérêts de la dette indexée sur l'inflation et à une croissance moins dynamique qu'attendu.
Le projet de loi de finances de fin de gestion pour 2026, enregistré à l'Assemblée nationale le 4 novembre sous le numéro 3434, est encore au stade de l'examen parlementaire. Il prévoit des ajustements des crédits de l'exercice, et non une modification déjà entrée en vigueur.
La dette indexée sur l'inflation fragilise le scénario budgétaire
Selon l'analyse du HCFP rapportée lors de la présentation du texte, le supplément de charge lié aux obligations assimilables du Trésor indexées sur l'inflation pourrait être sous-estimé d'environ 700 millions d'euros. Cet écart suffirait, à lui seul, à faire apparaître un déficit proche de 5,5 % du PIB plutôt que les 5,4 % affichés par l'exécutif. Il s'agit d'une appréciation du risque budgétaire, pas du déficit définitif de l'année.
Les obligations indexées sont sensibles à l'évolution des indices des prix français ou européens. La remontée de l'inflation augmente leur charge comptable pour l'État. Cette mécanique s'ajoute aux conséquences du renchérissement des taux d'intérêt sur les émissions de dette, dont les effets se déploient sur plusieurs exercices.
Une croissance de 0,3 % jugée plus vraisemblable
Le gouvernement conserve une hypothèse de croissance de 0,5 % pour 2026. Le Haut Conseil juge ce niveau difficile à atteindre et considère une progression de 0,3 % comme plus vraisemblable. Son appréciation intervient après la première estimation de l'Insee publiée le 30 octobre, qui fait état d'un recul de 0,1 % du PIB au troisième trimestre, après une stabilité au deuxième.
Cette faiblesse de l'activité peut affecter les recettes fiscales, mais l'ampleur de son effet sur le solde public dépendra des encaissements de fin d'année et des dépenses effectivement exécutées. Le compte rendu de la présentation gouvernementale du 4 novembre confirme le maintien des prévisions officielles malgré les réserves de l'organisme indépendant.
Le Parlement doit encore examiner les ajustements
Le projet de fin de gestion prévoit des ouvertures et des annulations de crédits afin de répondre aux besoins identifiés sur l'exercice. Ces mouvements ne doivent pas être confondus avec les mesures du projet de budget pour 2027, examiné parallèlement.
Pour les commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat, l'enjeu est désormais d'apprécier la sincérité des hypothèses de fin d'année, notamment la charge d'intérêts et les rentrées fiscales. Les chiffres définitifs de déficit et de dette ne seront connus qu'après la clôture de l'exercice et la publication des comptes publics.