Le gel du barème de l’impôt sur le revenu pourrait faire basculer près de 200 000 ménages dans la catégorie des foyers imposables dès 2026. Derrière le Budget 2026 se cache une hausse invisible de la taxe pour une large part des Français, alors même que leurs revenus progressent à peine avec l’inflation.
Budget : 200.000 ménages pauvres paieront l’impôt sur le revenu en 2026

Le 15 octobre 2025, le gouvernement a confirmé que le barème de l’impôt sur le revenu ne serait pas revalorisé dans le budget 2026. Ce gel revient à figer les seuils d’imposition malgré la hausse des salaires et des prix, ce qui revient à augmenter l’impôt sans modifier les taux.
Impôt sur le revenu : pourquoi tout le monde va payer plus cher
Le gel du barème signifie que les seuils d’entrée dans chaque tranche d’impôt restent identiques à ceux de 2025 : le taux de 11 % s’applique dès 11 497 euros de revenu par part fiscale, selon service-public.fr. Si les salaires sont augmentés pour suivre l’inflation, davantage de contribuables franchissent ces seuils et paient donc plus d’impôt, sans avoir gagné de pouvoir d’achat réel.
Cette mécanique automatique est bien connue des économistes : en gelant le barème, l’État profite de ce que l’on appelle la « progression froide », une hausse implicite de la taxe sans décision explicite d’augmentation. D’après le ministère, ce gel rapporterait entre 1 et 2 milliards d’euros de recettes supplémentaires dès 2026, selon Europe 1.
Les nouveaux foyers imposables et les grands perdants ? Les ménages les moins riches
Selon BFMTV, près de 200 000 nouveaux ménages deviendront imposables du fait du gel. Ces foyers se situent à la frontière du seuil d’imposition et verront apparaître, souvent pour la première fois, une ligne « impôt sur le revenu » sur leur avis fiscal. En pratique, cela concernerait surtout les classes moyennes basses : salariés, employés publics et retraités modestes.
Pour illustrer l’impact, Meilleurtaux Placement calcule qu’un contribuable avec un revenu imposable de 83 000 euros verrait son impôt passer d’environ 18 065 euros à 19 336 euros, soit 1 271 euros supplémentaires, si le barème n’était pas indexé sur l’inflation. Un effet direct, invisible mais bien réel.
