Le Canada menace de poursuivre Cleveland-Cliffs après l’annonce de 500 licenciements chez Stelco, deux ans seulement après l’acquisition accompagnée d’engagements contraignants d’emploi. La demande d’acier a chuté de 25% au deuxième trimestre 2026, conséquence directe des tarifs douaniers américains de 50% que le PDG de Cleveland-Cliffs avait pourtant publiquement soutenus.
Canada : Stelco supprime 500 emplois, défiant ses engagements de 2024

Au deuxième trimestre 2026, Stelco a connu une baisse de 25 % de la demande, conséquence des tarifs douaniers américains soutenus par son propriétaire Cleveland-Cliffs. Cette situation a conduit à une restructuration qui compromet les engagements pris en 2024. Le Canada envisage des poursuites contre l'entreprise américaine pour non-respect de ses obligations d'emploi, soulignant les tensions entre protectionnisme américain et promesses canadiennes.
Impact des tarifs douaniers sur la demande
Au deuxième trimestre 2026, la demande pour les produits de Stelco a chuté de 25 % par rapport à 2024, en raison des tarifs de 50 % imposés par l'administration Trump sur l'acier et l'aluminium canadiens. Les analyses économiques confirment que ce protectionnisme a réduit drastiquement le marché nord-américain pour les produits laminés à froid et revêtus, spécialité de l'usine de Hamilton.
Stelco admet que ces tarifs ont « considérablement rétréci le marché » pour ses produits. Lourenco Goncalves, PDG de Cleveland-Cliffs, avait pourtant défendu ces mesures comme nécessaires pour protéger les sidérurgistes américains. Aujourd'hui, ses installations canadiennes en subissent les conséquences, transformant l'acquisition de 3,4 milliards de dollars canadiens d'octobre 2024 en un poids opérationnel.
Conséquences pour Hamilton : 500 emplois supprimés
Le 29 septembre 2026, Stelco a annoncé la suspension indéfinie de la production d'acier laminé à froid et revêtu à Hamilton dès le 9 octobre. Le syndicat United Steelworkers Local 1005 estime que 350 travailleurs syndiqués perdront leur emploi, avec un total atteignant 500 personnes en incluant le personnel non syndiqué et les sous-traitants. Cette décision frappe durement Hamilton, ville historiquement ancrée dans l'industrie sidérurgique.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a exprimé sa solidarité envers les travailleurs et a menacé d'utiliser tous les moyens légaux pour forcer Cleveland-Cliffs à respecter ses engagements contractuels en matière d'emploi. Carney a souligné la détermination du gouvernement fédéral à faire respecter ces engagements.
Dilemme de Cleveland-Cliffs : entre expansion américaine et obligations canadiennes
L'achat de Stelco en octobre 2024 par Cleveland-Cliffs visait à renforcer sa présence en Amérique du Nord tout en profitant des capacités de production canadiennes. En contrepartie, des engagements de cinq ans, tels que le maintien des effectifs, avaient été acceptés. Cependant, Cleveland-Cliffs invoque la force majeure économique pour justifier la restructuration, arguant que la chute de 25 % de la demande rend impossible le maintien de deux sites de production rentables.
L'entreprise prévoit de concentrer ses activités à l'usine Lake Erie de Nanticoke, mais cette décision est contestée par le gouvernement et les syndicats, qui y voient une tentative de faire porter les coûts d'ajustement aux travailleurs canadiens.
Engagements contractuels et réalités économiques
L'affaire Stelco soulève des questions sur la capacité des engagements d'emploi à résister à des chocs économiques majeurs. Cleveland-Cliffs soutient que l'effondrement de la demande était imprévisible lors de l'accord en 2024, tandis que le gouvernement canadien insiste sur le fait que ces clauses visaient à protéger l'emploi en période de difficultés conjoncturelles.
Le Premier ministre a réaffirmé l'intention du Canada d'utiliser tous les recours légaux pour contraindre l'entreprise à respecter ses obligations. L'issue de ce conflit juridique pourrait influencer les futurs investissements étrangers au Canada, déterminant la solidité des engagements d'emploi face aux impératifs économiques.
En résumé : L'affaire Stelco met en lumière la fragilité des engagements d'emploi face aux chocs commerciaux. Avec 500 emplois en jeu et une demande en chute de 25 %, le Canada teste sa capacité à imposer des conditions aux investisseurs étrangers. La bataille juridique à venir pourrait redéfinir l'équilibre entre souveraineté économique nationale et liberté d'action des multinationales en période de crise sectorielle.