Cancer du poumon : une étude révèle un accélérateur inattendu lié à l’alimentation

Le cancer du poumon demeure l’une des formes de cancer les plus meurtrières au monde, avec l’adénocarcinome pulmonaire (LUAD) représentant environ 40 % des cas. Les causes les plus établies incluent le tabagisme et l’exposition à des agents environnementaux, mais une étude publiée dans Nature Metabolism a révélé un lien significatif entre l’alimentation, en particulier la consommation de sucres, et la progression de ce cancer du poumon.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Last modified on 16 février 2026 17h44
Cancer du poumon : une étude révèle un accélérateur inattendu lié à l’alimentation
Cancer du poumon : une étude révèle un accélérateur inattendu lié à l’alimentation - © Economie Matin

Un lien récemment mis au jour entre alimentation et cancer du poumon

L’étude conduit par des équipes de l’Université de Floride et du Markey Cancer Center, et publiée dans Nature Metabolism, s’est attachée à comprendre comment un régime riche en sucres et en graisses influence la progression du cancer du poumon. Jusqu’ici, l’idée que l’alimentation puisse jouer un rôle direct dans ce cancer était rarement évoquée par la communauté scientifique. Les chercheurs ont en effet constaté que ce type de régime augmente l’accumulation d’une molécule nommée glycogène dans les tissus pulmonaires.

« Cette molécule de stockage, composée de glucose (un sucre simple), s’accumule en grande quantité dans divers cancers et autres maladies » et « plus les cellules cancéreuses contiennent de glycogène, plus la tumeur se développe et progresse », a indiqué Ramon Sun, docteur en sciences, professeur associé à l’Université de Floride et co-auteur de ces travaux, dans des propos rapportés par Pourquoi Docteur. Plus encore, l’étude scientifique originale montre de manière directe que l’accumulation de glycogène accélère la progression du cancer du poumon. L’augmentation des niveaux de glycogène dans les tissus tumoraux est associée à des tumeurs de grade plus élevé et à une progression plus rapide, tandis que l’inhibition de la synthèse de glycogène ralentit significativement cette progression.

Comment le sucre agit dans le métabolisme tumoral

Le glycogène est une forme de réserve énergétique dérivée du glucose, lui-même un sucre simple. Dans un régime occidental typique riche en sucres ajoutés et en graisses, la quantité de glycogène dans les tissus augmente. Cette réserve peut alors servir d’énergie prête à l’emploi pour les cellules cancéreuses, favorisant leur prolifération. Dans les expériences menées sur des modèles animaux, les souris nourries avec une alimentation riche en sucres et graisses développaient des tumeurs pulmonaires plus rapidement que celles soumises à des régimes classiques.

À l’inverse, la réduction du glycogène entraînait un ralentissement de la croissance tumorale. Ces résultats soulignent que ce n’est pas seulement l’apport de sucre en soi qui importe, mais la capacité du cancer à exploiter ces réserves énergétiques pour intensifier sa progression. Dans l’adénocarcinome pulmonaire, cela pourrait constituer un facteur clé de virulence métabolique.

Prévenir le cancer du poumon : l’alimentation désormais en question

Les résultats de cette recherche, bien qu’encore émergents, invitent à repenser certains paradigmes de prévention. Historiquement, la lutte anti-cancer du poumon s’est focalisée sur le tabagisme, mais ces nouvelles données indiquent que une alimentation déséquilibrée, riche en sucre, pourrait elle aussi jouer un rôle important dans la progression de la maladie. Selon les chercheurs, cette découverte pourrait ouvrir la voie à des campagnes de santé publique visant à encourager une alimentation plus saine, réduisant ainsi l’accumulation de glycogène susceptible d’alimenter les cellules tumorales.

Dans un contexte de prévention similaire à celui du tabac, cela pourrait contribuer à ralentir l’évolution de la maladie même chez les non-fumeurs ou chez les sujets à risque élevé. Sur le plan thérapeutique, la modulation du métabolisme tumoral, notamment via le contrôle du glycogène ou des voies métaboliques associées, pourrait devenir une nouvelle stratégie complémentaire aux traitements classiques du cancer du poumon.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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