Canicule : pourquoi les Écologistes veulent créer un congé climatique

Les Écologistes proposent un congé climatique rémunéré jusqu’à 5 jours. Objectif : protéger les salariés face aux canicules et événements extrêmes.

Cropped Favicon 1.png
By La rédaction Published on 22 juin 2026 13h43
carbone-neutralite-economie-climat-agriculture
Canicule : pourquoi les Écologistes veulent créer un congé climatique - © Economie Matin
80%80 % de la population a connu une canicule en 2025

Alors qu’une canicule intense touche la France cette semaine, Les Écologistes proposent la création d’un congé climatique rémunéré pouvant aller jusqu’à cinq jours par an. Inspirée de l’Espagne, la mesure vise à adapter le droit du travail aux événements climatiques extrêmes.

Le congé climatique est une proposition portée par Les Écologistes pour permettre à un salarié de s’absenter sans perte de salaire lorsqu’un événement climatique extrême l’empêche de travailler normalement. Le dispositif pourrait s’appliquer en cas de canicule, d’inondation, d’incendie ou de fermeture d’école liée au climat. Il ne s’agit pas d’un congé supplémentaire de confort, mais d’un outil de protection face à des situations devenues plus fréquentes avec le réchauffement climatique.

Qu’est-ce que le congé climatique proposé par Les Écologistes ?

Les Écologistes défendent la création d’un congé rémunéré pouvant aller jusqu’à cinq jours par an. L’objectif est de protéger les salariés confrontés à un événement climatique qui rend le travail impossible, dangereux ou incompatible avec leurs obligations familiales.

La proposition vise notamment quatre types de situations : les canicules, les inondations, les incendies et les fermetures d’école liées au climat. Elle repose sur une idée simple : lorsqu’un événement climatique empêche concrètement un salarié de travailler, celui-ci ne devrait pas subir une perte de revenus. Cette mesure est portée dans un contexte où les épisodes extrêmes ne sont plus exceptionnels. La canicule en cours en France lui donne une actualité particulière.

Pourquoi la canicule relance le débat

La France connaît cette semaine un épisode de chaleur intense, avec de nombreux départements placés en vigilance rouge ou orange canicule. Les températures atteignent localement des niveaux très élevés, notamment dans l’ouest, le centre et une partie de l’Île-de-France.

Cette situation met en lumière une inégalité professionnelle majeure : tous les salariés ne sont pas exposés de la même manière à la chaleur. Certains peuvent télétravailler, travailler dans des locaux rafraîchis ou adapter leurs horaires. D’autres n’ont pas cette possibilité.

Les travailleurs du BTP, de l’agriculture, de la livraison, de la logistique, de l’aide à domicile, de la propreté, de la restauration ou des transports sont souvent plus directement exposés. Pour eux, la canicule peut devenir un risque sanitaire : fatigue, déshydratation, malaise, coup de chaleur, baisse de vigilance ou accident du travail. Le congé climatique cherche à répondre à ces situations limites, lorsque l’adaptation du poste ou des horaires ne suffit plus.

Ce que prévoit déjà le droit du travail

Le droit français impose déjà aux employeurs une obligation de sécurité. Depuis le renforcement des règles sur les épisodes de chaleur intense, les entreprises doivent évaluer les risques liés à la chaleur et mettre en place des mesures de prévention.

Ces mesures peuvent inclure l’adaptation des horaires, la limitation de l’exposition, l’aménagement des postes de travail, l’accès à de l’eau fraîche, la modification de l’organisation du travail ou l’arrêt de certaines tâches lorsque les conditions deviennent trop dangereuses.

Mais ces obligations relèvent principalement de la prévention. Elles ne créent pas, à ce stade, un droit général à un congé rémunéré en cas de canicule ou d’événement climatique extrême.

Le salarié dispose aussi du droit de retrait lorsqu’il estime être exposé à un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Mais ce droit répond à une situation de danger immédiat. Il ne couvre pas l’ensemble des contraintes climatiques qui peuvent empêcher de travailler, comme une école fermée, des transports interrompus ou un accès impossible au lieu de travail.

Une proposition inspirée par l’Espagne

Les Écologistes s’appuient sur l’exemple espagnol. Après des événements climatiques destructeurs, l’Espagne a introduit un congé rémunéré pouvant aller jusqu’à quatre jours lorsque les salariés ne peuvent pas se rendre au travail ou lorsque les autorités limitent les déplacements en raison d’un danger.

Le modèle espagnol repose sur une logique de sécurité : si les autorités recommandent de ne pas se déplacer, si l’accès au lieu de travail est impossible ou si un risque grave existe, le salarié peut bénéficier d’une protection sans perte de salaire.

La proposition française reprend cette philosophie, mais l’élargit explicitement aux canicules, aux incendies, aux inondations et aux fermetures d’école liées au climat.

Quels salariés seraient concernés ?

Le congé climatique pourrait concerner tous les salariés exposés à une situation climatique empêchant le travail. Mais, dans les faits, les premiers concernés seraient probablement les métiers non télétravaillables et les travailleurs les plus exposés aux conditions extérieures.

Les salariés travaillant dehors, ceux qui se déplacent toute la journée ou ceux qui interviennent auprès de publics vulnérables seraient particulièrement concernés. Les parents pourraient aussi être concernés lorsqu’une école ferme en raison d’un épisode de chaleur ou d’un autre événement climatique.

L’enjeu est donc social autant qu’environnemental. La question climatique devient une question d’égalité au travail : qui peut se protéger, qui peut adapter son activité, et qui supporte directement les effets de la chaleur ?

No comment on «Canicule : pourquoi les Écologistes veulent créer un congé climatique»

Leave a comment

* Required fields