Carburant : le prix du gazole bat un nouveau record en France

Le prix moyen du gazole atteint 2,39 euros le litre ce vendredi 18 septembre 2026, établissant un nouveau record historique en France. Au-delà du symbole, ce sommet surpassant le pic d’avril 2026 (2,38 euros) redessine les équilibres macroéconomiques du pays, alimentant l’inflation et contraignant le gouvernement à mobiliser 1,4 milliard d’euros d’aides ciblées tout en refusant une baisse générale des taxes.

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By Cédric Bonnefoy Published on 18 septembre 2026 15h23
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Carburant : le prix du gazole bat un nouveau record en France - © Economie Matin

Ce vendredi 18 septembre 2026, le prix moyen du gazole s'élève à 2,39 euros le litre, établissant un nouveau record en France. Ce sommet dépasse le précédent pic d'avril 2026 à 2,38 euros. Les conséquences se font sentir sur l'économie nationale, impactant l'inflation et les dépenses des ménages, et forçant le gouvernement à choisir entre aides ciblées et réduction de la fiscalité.

Un nouveau pic historique pour le gazole

Sur la base des données de plus de 9 000 stations-service rapportées sur Prix-carburants.gouv.fr, le gazole atteint maintenant un prix moyen de 2,39 euros le litre. Les disparités régionales sont marquées, avec plus de 700 stations dépassant 2,50 euros et environ 70 affichant des prix au-delà de 2,70 euros. Ces variations régionales obligent automobilistes et professionnels à revoir leur budget pour chaque plein.

Le précédent record du 8 avril 2026, avec 2,38 euros le litre, a été dépassé. Depuis les frappes américano-israéliennes sur l'Iran le 28 février 2026, les prix n'ont cessé d'augmenter. Le SP95-E10, carburant le plus vendu en France, est à 2,17 euros le litre, dépassant son pic de juin 2022 (2,11 euros), alors que la guerre en Ukraine pesait sur l'approvisionnement énergétique européen. Les tensions actuelles surpassent celles de 2022.

Impact sur l'inflation et le pouvoir d'achat

La hausse du gazole affecte également l'essence. Le SP95-E10, populaire auprès des particuliers, voit son prix augmenter continuellement depuis février. Pour un foyer moyen parcourant 12 000 kilomètres par an, le coût supplémentaire annuel dépasse maintenant 500 euros par rapport à 2025. Cette inflation se répercute sur les biens de consommation courante, dont les coûts logistiques sont sensibles aux fluctuations du carburant. Les secteurs de la grande distribution et du e-commerce ajustent peu à peu leurs prix finaux en conséquence.

Les secteurs comme l'agriculture, le transport et le BTP, très dépendants du gazole, ressentent lourdement cette hausse. Pour un agriculteur céréalier, le carburant peut représenter jusqu'à 15% des charges d'exploitation pendant les moissons. Les transporteurs routiers, déjà affectés par la concurrence européenne, voient leurs marges diminuer. Malgré la prolongation des aides spécifiques par le gouvernement, leur maintien au-delà de septembre reste incertain.

La réponse gouvernementale face à la crise

Depuis le début des tensions au Moyen-Orient, la France a alloué 1,4 milliard d'euros pour atténuer l'impact de la hausse des prix du carburant. Le principal dispositif, destiné aux « grands rouleurs », offre une aide de 100 euros aux travailleurs effectuant de longs trajets. Sur 3 millions de personnes potentiellement concernées, 1,5 million ont déjà bénéficié de cette aide, selon Serge Papin, ministre du Commerce. Les secteurs sensibles comme l'agriculture et le BTP reçoivent aussi des aides dont l'ampleur dépend des régions et des volumes consommés.

Roland Lescure, ministre de l'Économie, justifie la stratégie d'aides ciblées face aux demandes de réduction générale des taxes. Il explique que réduire les impôts sur l'essence pour tous coûterait cher et serait inefficace. Une baisse de 10 centimes par litre coûterait environ 3 milliards d'euros par an, soit 0,1 point de PIB, ce qui n'est pas envisageable avec un déficit public prévu à 5,4% en 2026.

Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, annonce un nouveau dispositif d'aide pour les travailleurs à partir du 1er octobre. Serge Papin confirme qu'une réunion avec le Premier ministre est prévue pour finaliser les modalités. Bien que le maintien des aides après le 30 septembre semble certain, les détails restent à définir. David Amiel, ministre des Comptes publics, promet des annonces prochainement.

Défis budgétaires et perspectives à long terme

La question cruciale est de savoir combien de temps l'État pourra soutenir ces aides. Avec 1,4 milliard déjà dépensés et un déficit sous pression, la soutenabilité budgétaire devient un enjeu majeur. L'opposition propose des alternatives : blocage des prix pour La France insoumise, baisse de la TVA pour le Rassemblement national, et réduction temporaire de la TICPE pour Les Républicains.

Roland Lescure admet la difficulté de la situation, soulignant l'impact sur les travailleurs. L'exécutif doit jongler entre justice sociale, efficacité économique et rigueur budgétaire. Si les tensions géopolitiques persistent, l'indexation des aides au carburant pourrait devenir un pari risqué pour les finances publiques françaises.

Une réunion prévue entre Emmanuel Macron et les principaux candidats à sa succession sur les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine pourrait apporter des éclaircissements sur les perspectives à moyen terme. En attendant, les Français surveillent chaque mouvement des prix, conscients que près de 9 sur 10 anticipent une nouvelle mobilisation si la situation perdure, faisant du carburant un baromètre de la tension sociale en France.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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