États-Unis : Donald Trump demande à la Chine d’ouvrir ses marchés aux entreprises américaines

Donald Trump entame ce mercredi une visite d’État cruciale en Chine, accompagné des dirigeants de Tesla, Apple et Boeing. Le président américain compte obtenir de Xi Jinping l’ouverture du marché chinois aux entreprises américaines, dans un contexte de tensions commerciales persistantes et de crise iranienne.

Photo Jean Baptiste Giraud
By Jean-Baptiste Giraud Published on 13 mai 2026 12h23
États-Unis : Donald Trump demande à la Chine d'ouvrir ses marchés aux entreprises américaines
États-Unis : Donald Trump demande à la Chine d’ouvrir ses marchés aux entreprises américaines - © Economie Matin
1,4 MILLIARD1,4 milliards de consommateurs potentiels se trouvent sur le marché chinois

Trump demande à la Chine d'ouvrir ses marchés aux entreprises américaines

Donald Trump foule de nouveau le sol chinois ce mercredi 13 mai, porteur d'une ambition économique sans détour : arracher à Xi Jinping l'ouverture du marché de la Chine aux grands groupes américains. Cette visite d'État — la première depuis neuf ans pour le président républicain — marque un tournant diplomatique d'envergure, à l'heure où les tensions commerciales entre les deux superpuissances continuent de façonner l'ordre économique mondial.

La composition de la délégation qui accompagne Trump témoigne, à elle seule, du poids stratégique du déplacement. Elon Musk, l'homme le plus fortuné de la planète et à la tête de Tesla comme de SpaceX, a pris place dans l'avion présidentiel aux côtés de Tim Cook d'Apple et de Kelly Ortberg de Boeing. Jensen Huang, le patron de Nvidia, s'est joint au groupe lors d'une escale en Alaska — un symbole fort de la bataille technologique qui se joue en filigrane de ces négociations.

Une stratégie économique assumée face à Pékin

« Je demanderai au président Xi, dirigeant hors pair, d'ouvrir la Chine afin que ces personnes brillantes puissent opérer leur magie et contribuer à hisser la République populaire à un niveau encore plus élevé ! », a déclaré Trump sur Truth Social avant son départ.

Côté chinois, l'accueil se veut mesuré mais non dépourvu d'ouverture. Guo Jiakun, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a indiqué que Pékin était prête à « élargir la coopération et gérer les différends, apportant ainsi plus de stabilité et de certitude dans un monde en proie aux changements et aux turbulences ».

Des enjeux commerciaux considérables au cœur des discussions

Les négociations s'annoncent âpres, tant les sujets de friction s'accumulent entre Washington et Pékin. L'excédent commercial chinois avec les États-Unis demeure une source d'irritation persistante pour l'administration Trump. Des délégations des deux pays ont d'ores et déjà entamé, mercredi en Corée du Sud, des consultations préliminaires en marge du sommet, selon Boursorama.

Les secteurs agricole et aéronautique pourraient bénéficier d'accords spécifiques, anticipent les experts. Mais d'autres dossiers demeurent autrement épineux : les restrictions chinoises sur les terres rares, les enjeux liés aux semi-conducteurs et à l'intelligence artificielle, la protection de la propriété intellectuelle ou encore la question souveraine de Taïwan continuent d'empoisonner le dialogue entre les deux capitales.

L'Iran, nouveau paramètre géopolitique

La guerre en Iran, qui fait rage depuis fin février, confère à ce sommet une dimension géopolitique inédite. Trump entend tirer parti du statut de la Chine comme premier importateur de pétrole iranien pour obtenir l'appui de Pékin dans la résolution du conflit au Moyen-Orient. « Nous aurons une longue conversation à propos de l'Iran », avait-il d'abord annoncé, avant de nuancer en affirmant n'avoir « pas besoin d'aide avec l'Iran » — une ambivalence révélatrice des tensions qui traversent ce dossier.

La complexité du tableau sino-américain sur ce front est encore accentuée par une décision de Washington, qui a annoncé vendredi dernier des sanctions contre neuf entreprises et ressortissants chinois, accusés de fournir des composants destinés aux missiles iraniens — une initiative rapportée notamment par TradingView.

Un contexte économique délicat pour les deux géants

Ce sommet intervient à un moment particulièrement sensible pour les deux économies. Trump affronte une situation intérieure difficile, plombée par des sondages défavorables et une inflation alimentée par le conflit iranien. Du côté chinois, l'économie peine à retrouver son souffle d'avant-crise, minée par une consommation intérieure atone et une crise immobilière qui n'en finit pas de peser sur les bilans.

« Le sommet aura l'air poli en apparence, mais sur le plan tactique, ce sera un match de rugby lors duquel chaque partie voudra prendre l'avantage », analyse Melanie Hart, spécialiste de la Chine à l'Atlantic Council.

Perspectives pour les entreprises américaines en Chine

L'ouverture du marché chinois aux entreprises américaines représente un enjeu colossal, dont les effets se feraient ressentir bien au-delà des deux pays concernés. La présence d'Elon Musk, dont Tesla cherche à consolider ses positions en Asie, incarne ces espoirs industriels. Apple et Nvidia, quant à eux, aspirent à accéder plus librement aux opportunités que recèle un marché de plus de 1,4 milliard de consommateurs potentiels.

L'issue de ces pourparlers demeure pourtant incertaine. La guerre commerciale de 2025, qui avait vu les deux superpuissances se livrer une bataille à coups de droits de douane records, a laissé des cicatrices profondes dans les relations bilatérales. La trêve d'octobre dernier offre certes un socle pour reprendre le dialogue, mais les antagonismes structurels entre les deux modèles économiques n'ont pas disparu pour autant. À l'heure où les équilibres géopolitiques mondiaux se jouent plus que jamais entre Washington et Pékin, cette visite historique pourrait redessiner durablement l'architecture des échanges commerciaux planétaires — à condition que la volonté politique l'emporte sur les méfiances accumulées.

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021.  Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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