Présentée le 4 novembre au Forum Biodiversité & Économie, une étude conduite par Carbone 4 avec Nexity et Altarea examine les impacts sur la biodiversité liés aux matériaux et équipements d’un projet immobilier. L’enjeu est d’intégrer ces effets en amont, dès la conception, plutôt que de limiter l’évaluation à l’emprise du chantier.
Construction : Carbone 4 étudie l’empreinte biodiversité des matériaux avant le chantier

Une étude menée par Carbone 4 avec Nexity et Altarea, présentée le 4 novembre 2026 au Forum Biodiversité & Économie à Paris, examine une dimension souvent moins visible de la construction : les effets sur la biodiversité associés aux matériaux et équipements avant leur arrivée sur le chantier. Ce travail, réalisé d’avril à juillet 2026, cherche à comparer les impacts situés en amont de la chaîne de production à ceux constatés sur le site même d’un projet immobilier.
Dans sa présentation de l’atelier du 4 novembre, le cabinet explique avoir élaboré une méthode avec la plateforme Nature de Darwin afin de mesurer l’empreinte biodiversité complète d’un projet de construction. Les résultats sont destinés à identifier les principales sources d’impact selon les ouvrages et les matériaux utilisés. Aucun ratio chiffré comparant l’amont au chantier n’est communiqué sur cette page de présentation.
Une empreinte qui commence avant les travaux
Le périmètre étudié dépasse l’occupation du sol par le bâtiment. Il inclut la chaîne d’approvisionnement des matériaux et équipements, depuis les activités qui mobilisent des ressources naturelles jusqu’aux composants nécessaires à la construction. Cette approche, parfois désignée comme celle de la « biodiversité grise », vise à rendre visibles des pressions environnementales situées loin de la parcelle aménagée.
Pour les promoteurs et maîtres d’ouvrage, la question se pose dès les arbitrages de conception : choix des matériaux, quantités mises en œuvre, fournisseurs et caractéristiques des ouvrages. Carbone 4 annonce un retour d’expérience de Nexity et d’Altarea sur les possibilités et les difficultés d’intégrer ces critères à cette étape. Il s’agit d’une démarche d’évaluation présentée par ses participants, non d’une nouvelle obligation réglementaire applicable aux opérations immobilières.
Un enjeu pour les achats et la conception immobilière
La comparaison entre impacts amont et impacts sur site peut éclairer la répartition des efforts entre restauration écologique locale et réduction des pressions liées aux approvisionnements. Elle demande toutefois des données sur les produits, leurs chaînes de fabrication et les milieux concernés : une mesure de biodiversité ne se résume pas à un équivalent carbone unique.
L’atelier s’inscrit dans le Forum Biodiversité & Économie organisé les 3 et 4 novembre par l’Office français de la biodiversité, qui consacre plusieurs rencontres aux chaînes de valeur, à la mesure des impacts et à la restauration des écosystèmes. L’événement réunit entreprises et acteurs de l’accompagnement autour de méthodes encore en développement.
Pour le secteur immobilier, l’intérêt de cette étude tient donc à son périmètre : elle propose d’examiner les effets écologiques d’une opération avant même que les engins entrent sur le terrain. La publication détaillée des résultats et des hypothèses de calcul sera déterminante pour apprécier la portée et la reproductibilité de cette méthode.