La guerre au Moyen-Orient commence à bouleverser l’industrie de la croisière. Navires bloqués dans les ports du Golfe, détroit d’Ormuz sous tension, passagers coincés et opérations de rapatriement massives : face à cette accumulation de risques et de retards, plusieurs compagnies annulent déjà des voyages et écourtent leur saison dans la région.
Croisières : les annulations se multiplient avec la guerre en Iran

Depuis la fin février 2026, le secteur des croisières dans le Golfe persique est confrontée à une situation inédite. Plusieurs navires restent immobilisés dans des ports comme Dubaï, Doha ou Abou Dhabi, ce qui a conduit certaines compagnies à suspendre ou annuler des départs programmés dans les semaines à venir.
Croisière : navires bloqués dans les ports du Golfe
Selon Euronews, au moins six navires de croisière se trouvaient à quai dans ces ports au début de la crise, dont le MSC Euribia, le Celestyal Discovery, le Celestyal Journey et l’AROYA. Cette immobilisation est directement liée à l’escalade militaire impliquant l’Iran et aux restrictions de navigation dans la région, qui compliquent les mouvements de flotte et les repositionnements saisonniers.
L’ampleur du blocage maritime est confirmée par les autorités françaises. Le 6 mars, le ministre des Transports Philippe Tabarot déclarait qu’il y avait « environ cinquante navires — 52 précisément — dans le Golfe persique et huit en mer Rouge », selon Reuters.
Dans ce contexte, certaines compagnies doivent revoir en urgence leurs programmes. Celestyal a ainsi annulé plusieurs croisières prévues dans les semaines suivantes afin de repositionner son navire vers la Méditerranée. La compagnie a assuré que les bateaux restaient prêts à naviguer mais que leur départ dépendrait des instructions des autorités maritimes, relaye Euronews.
Détroit d’Ormuz : blocages et retards en chaîne
L’une des principales raisons de ces perturbations est le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique relie le Golfe persique au reste du monde et constitue un axe majeur pour le trafic maritime international. Lorsque la sécurité de cette zone devient incertaine, les navires doivent attendre des autorisations spécifiques, modifier leurs routes ou rester à quai. Or, les autorités iraniennes, qui contrôlent le détroit, ont été claires : il est fermé. Cette situation provoque immédiatement des retards dans toute la chaîne logistique maritime.
Pour les compagnies, les conséquences sont multiples. Un navire immobilisé ne peut pas rejoindre son prochain port ni assurer la rotation suivante. Une seule perturbation peut ainsi provoquer l’annulation de plusieurs voyages consécutifs. C’est précisément ce qui explique les décisions prises par certaines compagnies.
Passagers bloqués : les compagnies lancent des rapatriements
Au-delà des navires immobilisés, la situation est devenue un casse-tête logistique pour les passagers. Des milliers de touristes se retrouvent bloqués dans les ports du Golfe ou dans les villes environnantes. Environ 15 000 passagers de croisière étaient coincés dans la région au moment des premières annulations. Les compagnies ont dû organiser des opérations de rapatriement à grande échelle.
MSC Cruises a ainsi mis en place des vols spéciaux pour les clients du MSC Euribia resté à Dubaï. L’entreprise indique avoir déjà organisé des vols pour plus de 1 500 passagers afin de leur permettre de quitter la région. Dans un communiqué, la compagnie précise également que sept vols transportant ses clients avaient déjà décollé. Le président exécutif de MSC Cruises, Pierfrancesco Vago, a déclaré que les équipages et les équipes de la compagnie avaient travaillé sans relâche pour prendre soin des passagers et organiser leur retour en toute sécurité, selon les informations relayées par Euronews. La situation ne concerne pas seulement les croisiéristes. Selon Associated Press, des dizaines de milliers de voyageurs se retrouvent coincés au Moyen-Orient, sur des navires, dans des hôtels ou dans des aéroports.
Annulation : pourquoi les compagnies préfèrent suspendre les voyages
Face à cette accumulation de difficultés, les compagnies de croisière commencent donc à prendre des décisions radicales. Plusieurs d’entre elles ont choisi d’annuler des voyages ou d’écourter leur saison dans le Golfe.
AROYA Cruises a ainsi annoncé qu’elle ne poursuivrait pas les croisières restantes prévues dans la région pour le reste de la saison. La compagnie a expliqué que cette décision avait été prise « en raison de considérations opérationnelles régionales en cours et en coordination avec les autorités maritimes et nationales compétentes », selon son communiqué officiel.
Pour les compagnies, maintenir une croisière dans ces conditions devient extrêmement risqué. Un simple incident peut provoquer l’immobilisation du navire et nécessiter une opération de rapatriement complexe et coûteuse. Dans ces circonstances, l’annulation apparaît souvent comme la solution la plus sûre pour protéger les passagers et éviter une crise logistique encore plus importante.
