Les Brésiliens départagent ce dimanche 25 octobre Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro, dans une élection extrêmement serrée. Pour les entreprises françaises, le scrutin intervient alors que l’accord commercial intérimaire entre l’Union européenne et le Mercosur s’applique déjà depuis le 1er mai 2026.
Élection au Brésil : le second tour relance les enjeux économiques de l’accord UE-Mercosur

Le Brésil vote ce dimanche 25 octobre 2026 pour choisir son prochain président. Le duel oppose le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva au sénateur Flávio Bolsonaro. Cette échéance concerne aussi les entreprises européennes : le Brésil est la première économie du Mercosur, partenaire d’un accord commercial déjà appliqué à titre provisoire depuis le 1er mai avec l’Union européenne.
Le scrutin est particulièrement disputé. Un sondage Datafolha réalisé les 23 et 24 octobre attribue 51 % des suffrages valides à Flávio Bolsonaro et 49 % à Lula, un écart compris dans la marge d’erreur de deux points. Ce sont des intentions de vote, pas des résultats. Le Tribunal supérieur électoral brésilien confirme la tenue du second tour le 25 octobre, avec une fermeture des bureaux de vote à 17 heures, heure de Brasília.
Un partenaire commercial majeur pour l’Union européenne
Le poids économique du résultat dépasse les frontières du Brésil. Selon le Conseil de l’Union européenne, les échanges de marchandises entre l’UE et le Mercosur dépassaient 111 milliards d’euros en 2024, dont 55,2 milliards d’exportations européennes et 56 milliards d’importations. L’ensemble régional réunit le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay dans le cadre de l’accord.
La portée concrète du partenariat est déjà visible : la Commission européenne indique que l’accord commercial intérimaire, signé le 17 janvier 2026, est appliqué provisoirement depuis le 1er mai. Il prévoit une réduction progressive de barrières aux échanges, selon des calendriers et conditions propres aux produits concernés.
Pour les exportateurs français, la stabilité des règles commerciales et la continuité des relations avec les autorités brésiliennes comptent autant que les annonces politiques. Les entreprises doivent notamment suivre les procédures douanières, les conditions d’origine des marchandises et les éventuelles évolutions des politiques industrielles et commerciales brésiliennes.
Ce qui est déjà en vigueur et ce qui dépendra du prochain gouvernement
Le résultat présidentiel déterminera les orientations du gouvernement brésilien pour les quatre prochaines années, notamment en matière de politique économique, d’investissements et de relations extérieures. Les décisions précises de la future administration devront être évaluées lorsqu’elles seront annoncées. Le cadre commercial européen, lui, repose sur des textes et procédures distincts de la campagne électorale.
La direction générale de la fiscalité et de l’union douanière de la Commission précise notamment que les préférences tarifaires dépendent du respect des règles d’origine. Ce point est essentiel pour les importateurs et exportateurs : la baisse prévue d’un droit de douane n’est pas automatiquement applicable à toute marchandise transitant entre les deux zones.
Le secteur agricole français suit également cet accord avec attention, en raison de la concurrence potentielle sur certaines productions. Les entreprises industrielles, à l’inverse, examinent les possibilités d’accès au marché sud-américain. Ces intérêts économiques différents expliquent pourquoi la mise en œuvre du partenariat reste un dossier sensible en France, indépendamment du vainqueur de l’élection brésilienne.
Les prochaines informations à suivre
La première étape sera la publication des résultats officiels par la justice électorale brésilienne, après la fermeture du scrutin. Viendront ensuite la composition de la future équipe économique et les premières décisions concernant les échanges, les investissements et la coopération internationale.
Pour les acteurs français, l’enjeu immédiat est de distinguer la continuité des règles commerciales existantes des orientations politiques à venir. Le second tour du 25 octobre ouvre une nouvelle séquence économique pour un partenaire majeur de l’Union européenne, mais les conséquences concrètes dépendront des décisions effectivement prises après l’élection.
