Le gouvernement prépare une nouvelle salve de hausses fiscales. Comme si la France, déjà championne du monde des prélèvements obligatoires, avait encore de la marge pour ponctionner entreprises et ménages. Force est de constater que nos dirigeants ont décidément un problème avec la dépense plutôt qu'avec les recettes.
46,1 %
Part des prélèvements obligatoires dans le PIB français en 2025 — le niveau le plus élevé de l'Union européenne.
La France, toujours plus avide, jamais rassasiée
Le scénario est désormais d'une monotonie affligeante. Le budget est dans le rouge — et il l'est structurellement depuis cinquante ans — et la première réponse du gouvernement consiste à chercher de nouvelles recettes fiscales. Non pas à tailler dans la dépense. Non pas à réformer sérieusement l'État. Non : à lever de nouveaux impôts.
Selon les informations de la presse ce weekend, l'exécutif réfléchirait à plusieurs mécanismes pour augmenter les recettes fiscales à court terme. On parle de nouvelles contributions exceptionnelles sur les entreprises, d'un retour de taxes sur certains produits financiers, peut-être même d'une réforme des niches fiscales qui, dans la novlangue gouvernementale, ne s'appelle jamais une hausse d'impôts mais revient exactement au même.
Je pose la question franchement : quand est-ce que l'on atteint le plafond ? Avec 46,1 % du PIB consacré aux prélèvements obligatoires, la France est déjà en tête de l'Europe. Devant l'Allemagne (39 %). Devant les Pays-Bas (40 %). Devant la Suisse qui, elle, arrive à financer un État efficace avec 28 % seulement. La comparaison est cinglante.
Le vrai problème est côté dépenses, pas côté recettes
Ce que nos gouvernants refusent d'admettre, c'est que la France n'a pas un problème de recettes insuffisantes. Elle a un problème de dépenses incontrôlées. Avec 57 % du PIB consacrés à la dépense publique, nous battons là aussi tous les records européens. Chaque euro supplémentaire levé par l'impôt trouve immédiatement un emploi dans une subvention, une prestation, un dispositif, un guichet, un comité Théodule.
L'addiction à la dépense publique est structurelle. Elle est entretenue par un système politique où chaque réforme de réduction des prestations est immédiatement sanctionnée dans les urnes, et où les bénéficiaires de la dépense publique — fonctionnaires, syndicats, associations subventionnées — constituent une base électorale que personne n'ose braquer.
Résultat : on fait payer la note aux entrepreneurs, aux cadres, aux PME qui exportent, aux familles qui ont fait le choix de travailler plus. C'est le monde à l'envers. On décourage précisément ceux qui créent de la valeur pour financer un système qui en consomme sans la produire.
Ce que coûte vraiment cette fuite en avant fiscale
Derrière les annonces technocratiques se cache une réalité brutale pour les chefs d'entreprise. Chaque hausse de fiscalité sur les entreprises, c'est un investissement qui ne se fait pas, une embauche qui est repoussée, un projet d'expansion qui reste dans un tiroir. Ce n'est pas moi qui l'invente : c'est ce que disent les patrons de PME chaque semaine dans nos colonnes.
Pendant ce temps, nos voisins allemands ont acté une baisse de l'impôt sur les sociétés. Les Néerlandais simplifient leur fiscalité pour attirer les quartiers généraux européens. Et nous, nous faisons le chemin inverse, en espérant que les entreprises resteront malgré tout.
Mais à un moment, le contribuable — et surtout l'investisseur — vote avec ses pieds. Ce moment, j'ai l'impression que nous ne sommes plus très loin de l'atteindre.

