Engie assignée en justice pour pratiques commerciales trompeuses

Engie comparaît devant le tribunal de Nanterre pour avoir présenté ses offres de « gaz vert » comme écologiques, même à 5% de renouvelable. Parallèlement, 65% des salariés d’EDF et 63% de ceux d’Engie débraient pour défendre le tarif agent, avantage coûtant 700 millions d’euros annuels à l’État, remis en cause par la Cour des comptes.

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By Nicolas Egon Published on 16 septembre 2026 12h10
Engie assignée en justice pour pratiques commerciales trompeuses
Engie assignée en justice pour pratiques commerciales trompeuses - © Economie Matin
71,9 milliards d'euros En 2025, Engie a réalisé un chiffre d'affaires de 71,9 milliards d'euros

Le secteur énergétique français est confronté à deux crises économiques majeures. L'une concerne le greenwashing d'Engie, avec des consommateurs trompés par le « gaz vert », et l'autre porte sur un avantage salarial qui coûte 700 millions d'euros par an aux finances publiques. Le tribunal judiciaire de Nanterre a ouvert le 14 septembre 2026 une procédure contre Engie, alors que 65% des salariés d'EDF et 63% d'Engie ont entamé une grève massive le lendemain. Ces crises affectent lourdement les finances des ménages et le budget de l'État.

Deux crises économiques qui frappent simultanément le secteur énergétique

Le secteur énergétique traverse une période de turbulences. La CLCV, une association de consommateurs, a engagé des poursuites contre Engie pour tromperie sur ses offres de « gaz vert ». Parallèlement, une grève historique paralyse EDF et Engie, les employés protestant contre la remise en cause du tarif agent, un avantage qui permet à 140 000 salariés et 160 000 retraités de payer leur énergie à des tarifs très réduits. Ces deux affaires soulèvent la question de qui supporte réellement le coût de l'énergie en France.

Le greenwashing d'Engie

Lors de la première audience au tribunal de Nanterre, la CLCV a accusé Engie de présenter ses offres de « gaz vert », qui contiennent souvent seulement 5% de gaz renouvelable, comme écologiques. Les consommateurs paient parfois plus cher pour ce qu'ils croient être une énergie décarbonisée, alors que le gaz vert ne représente que 3% de la consommation énergétique nationale. Ces offres reposent sur des certificats de traçabilité, sans garantie physique que l'énergie propre leur parvienne effectivement.

Le mécanisme du « gaz vert » implique que le biométhane acheté par Engie est injecté dans le réseau commun, se mélangeant au gaz fossile. Bien que des garanties d'origine soient délivrées, un client souscrivant à une offre « 100% gaz vert » reçoit en réalité le même gaz que celui utilisant une offre classique. La CLCV considère que vendre une offre à 5% de gaz vert comme écologique est trompeur, surtout lorsque le surcoût ne reflète pas la proportion réelle d'énergie renouvelable.

Une affaire judiciaire qui intervient dans un contexte de crise sociale

Le 15 septembre, une grève a mobilisé 65% des employés d'EDF et 63% de ceux d'Engie. Les syndicats protestent contre la remise en cause du tarif agent par la Cour des comptes. Ce tarif, perçu comme une partie de la rémunération des agents, coûte 700 millions d'euros à EDF en 2024, avec 3,9 milliards d'euros de passifs pour les retraités. Institué en 1946 pour compenser des salaires inférieurs, cet avantage est jugé non conforme aux principes d'égalité par la Cour des comptes, qui demande sa réforme.

Plusieurs options sont envisagées pour réformer ce tarif sans déclencher un conflit social. Le gouvernement pourrait l'intégrer à la rémunération brute, le soumettre à cotisations sociales, ou le plafonner selon les revenus. Toutefois, les syndicats s'opposent à toute modification significative. La ministre déléguée à l'Énergie a rencontré l'intersyndicale le 15 septembre, sans parvenir à un accord.

La deadline du 2 octobre : un tournant économique et social

L'intersyndicale a fixé au 2 octobre une date limite pour obtenir une rencontre avec le Premier ministre. Passé ce délai, les syndicats menacent d'intensifier le mouvement, ce qui pourrait avoir des répercussions sur l'approvisionnement énergétique à l'approche de l'hiver. Sur le plan juridique, le procès d'Engie pour greenwashing pourrait aboutir à une jurisprudence obligeant les fournisseurs à clarifier leurs offres vertes. Les consommateurs attendent des éclaircissements sur la nature exacte de ce qu'ils financent lorsqu'ils paient plus cher pour du « gaz vert ». En cette période de pressions budgétaires et d'exigences de transparence commerciale, chaque euro compte pour l'État et les ménages.

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