Madrid impose aux moulins de stocker une partie de leur production jusqu’au 30 septembre 2027. La décision du 6 novembre porte sur environ 188 000 tonnes et pourrait influencer le marché européen, sans garantir une hausse du prix en rayon.
L’Espagne retire 12 % de son huile d’olive du marché pour éviter un effondrement des prix

L'Espagne a décidé le 6 novembre 2026 de retirer temporairement du marché 12 % de sa production d'huile d'olive pour la campagne 2026-2027. Les moulins devront conserver cette part de leur production en stockage jusqu'au 30 septembre 2027. Le gouvernement évalue à environ 188 000 tonnes le volume concerné.
La mesure, publiée au Bulletin officiel espagnol, s'applique aux volumes déclarés à partir de novembre, mais pas à ceux du mois d'octobre. Elle concerne les différentes catégories d'huile d'olive. Chaque moulin peut choisir les catégories qu'il immobilise et utiliser ses propres installations ou un lieu de stockage extérieur.
Une récolte abondante qui menace les prix agricoles
Le ministère espagnol de l'Agriculture prévoit une production de 1 602 596 tonnes, soit 23 % de plus que lors de la campagne précédente. À cette récolte attendue s'ajoutent 357 040 tonnes de stocks en début de saison, également en hausse. L'offre potentielle est donc suffisamment importante pour déclencher le mécanisme prévu par les règles espagnoles de commercialisation.
Dans son communiqué du 6 novembre, le ministère explique vouloir éviter un déséquilibre du marché et stabiliser les revenus des producteurs. Les températures douces et les pluies du printemps ont favorisé la floraison des oliviers, contribuant aux perspectives d'une récolte particulièrement généreuse.
Il ne s'agit ni d'une destruction de denrées ni d'un rappel sanitaire. L'huile est conservée en réserve et reste soumise à des obligations de déclaration et de contrôle. Les consommateurs n'ont donc aucune bouteille à rapporter au magasin à cause de cette décision.
Quel effet possible sur les prix en France ?
L'Espagne est un acteur majeur de la production et des exportations mondiales d'huile d'olive. Une restriction de l'offre espagnole peut donc peser sur les négociations commerciales en Europe, y compris avec les distributeurs français. Mais il serait prématuré d'en déduire une augmentation automatique du prix des bouteilles.
Le prix payé en magasin dépend aussi des contrats d'achat déjà conclus, des stocks des importateurs, des coûts logistiques, des marges et de l'évolution de la demande. Une récolte effectivement plus abondante que prévu pourrait également modifier les anticipations.
La décision espagnole prévoit un stockage jusqu'à la fin de septembre 2027 et une possibilité de réexamen du dispositif selon l'évolution des volumes. Le prochain indicateur décisif sera donc la récolte réellement enregistrée, plutôt que la seule estimation initiale de 1,6 million de tonnes.