Fonds chaleur : 1,8 milliard d’euros de demandes, mais le guichet ferme aux nouveaux projets

Le gouvernement suspend les nouveaux dossiers du Fonds chaleur alors que le budget 2027 prévu tombe de 800 à 500 millions d’euros. Collectivités et entreprises redoutent des investissements différés, malgré un dispositif qui avait mobilisé 2,4 milliards d’euros de travaux en 2025.

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By Published on 4 novembre 2026 16h45
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Fonds chaleur : 1,8 milliard d’euros de demandes, mais le guichet ferme aux nouveaux projets - © Economie Matin

Un guichet ferme alors que les projets se multiplient. Le 3 novembre 2026, le gouvernement a suspendu le dépôt de nouvelles demandes d'aides à l'investissement auprès du Fonds chaleur, piloté par l'ADEME. Ce soutien public aide les collectivités et les entreprises à financer des installations de géothermie, de biomasse, de solaire thermique, de récupération de chaleur et des réseaux de chaleur ou de froid.

La justification est budgétaire : les demandes d'aides identifiées par l'agence représentent 1,8 milliard d'euros avant instruction, face à une enveloppe de 500 millions d'euros envisagée dans le projet de loi de finances pour 2027. En 2026, le Fonds chaleur bénéficiait de 800 millions d'euros. Le budget prévu baisserait donc de 300 millions d'euros, soit 37,5 %, alors que les montants demandés représentent 3,6 fois les crédits envisagés pour l'an prochain. Le ministère, cité par l'AFP, souhaite revoir la priorisation des dossiers.

Un euro de subvention peut déclencher plusieurs euros de travaux

Pour les acteurs économiques, le sujet ne se limite pas au montant des aides. Le bilan 2025 de l'ADEME fait état de 727 millions d'euros de subventions à l'investissement ayant accompagné plus de 2,4 milliards d'euros de dépenses dans les installations renouvelables. Soit environ 3,3 euros de travaux pour un euro d'aide. Il s'agit du résultat observé en 2025, pas d'une prévision mécanique pour 2027.

Les réseaux de chaleur ont reçu 298 millions d'euros d'aide à l'investissement en 2025, ce qui doit permettre de financer 643 kilomètres de réseaux. Les chaufferies biomasse ont mobilisé 155 millions d'euros, la géothermie 85 millions. Ces marchés font travailler des bureaux d'études, des fabricants d'équipements, des entreprises de génie civil et des exploitants sur des chantiers souvent longs à préparer.

Une aide publique ne constitue pas toujours une condition suffisante pour lancer un chantier, mais elle peut en être une pièce centrale : elle réduit l'investissement restant à financer et aide à établir le tarif auquel la chaleur sera vendue aux abonnés. Lorsqu'un porteur de projet ignore s'il pourra bénéficier du dispositif, il peut devoir revoir son plan de financement, solliciter d'autres partenaires ou reporter sa décision. Ce risque ne signifie pas que tous les dossiers seront bloqués.

Le prix de la chaleur et la dépendance au gaz en toile de fond

La filière défend aussi un argument de pouvoir d'achat. Des réseaux alimentés par la géothermie, la chaleur récupérée ou une ressource locale diversifient l'approvisionnement et peuvent réduire l'exposition aux fluctuations des combustibles importés. Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables, a présenté le Fonds chaleur comme un « bouclier tarifaire », selon Actu-Environnement. Le niveau réel des factures reste néanmoins propre à chaque installation et à son contrat de fourniture.

Cette dépendance énergétique a un coût macroéconomique. L'ADEME estime que les installations soutenues depuis 2009 permettent d'éviter environ 2,6 milliards d'euros d'importations de gaz par an, par comparaison avec une production équivalente de chaleur au gaz. Ce chiffre est une estimation de l'agence, et non une économie immédiatement créée par les seuls projets de 2026.

Les dispositions déjà contractualisées ne disparaissent pas pour autant : les conventions des contrats chaleur renouvelable territoriaux signés restent en vigueur, et les aides aux études préalables peuvent encore être demandées. Pour les nouveaux investissements, le calendrier demeure incertain. Sylvain Waserman, président de l'ADEME, annonce pour le 3 décembre un plan de gestion des dossiers et de nouvelles règles de sélection. Le budget 2027, lui, doit encore être débattu au Parlement.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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