IA : 200.000 emplois détruits dans les banques en Europe ?

L’alerte est désormais explicite. Dans toute l’Europe, l’emploi bancaire entre dans une zone de fortes turbulences. Sous l’effet combiné de l’intelligence artificielle, de la pression sur les coûts et d’une conjoncture plus exigeante, le secteur se prépare à une vague de licenciements d’ampleur historique.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 2 janvier 2026 9h00
Surendettement : la situation à encore empiré en 2024 !
Surendettement : la situation à encore empiré en 2024 ! - © Economie Matin
30%Les banques anticipent des gains d’efficacité pouvant atteindre 30 % avec l'IA

À la fin décembre 2025, une étude largement relayée par la presse économique dévoile l’ampleur de ce qui attend le secteur bancaire : près d’un poste sur dix pourrait disparaître dans les prochaines années.

L’IA va détruire des centaines de milliers d’emplois dans les banques

Depuis plusieurs mois, l’emploi dans la banque européenne entre dans une phase de crise. D’une part, les établissements financiers accélèrent leur transformation numérique. D’autre part, les investisseurs exigent des rendements plus élevés dans un environnement économique tendu. Selon une analyse de Morgan Stanley, reprise par le Financial Times fin décembre 2025, plus de 212 000 emplois bancaires pourraient disparaître en Europe d’ici à 2030. Ce chiffre correspond à environ 10 % des effectifs du secteur, estimés à 2,12 millions de salariés.

L’étude de Morgan Stanley s’appuie sur l’examen de 35 grandes banques européennes. Elle met en évidence un lien direct entre l’essor de l’intelligence artificielle et la réduction des besoins en main-d’œuvre humaine. Toujours selon le Financial Times, les banques anticipent des gains d’efficacité pouvant atteindre 30 %, principalement grâce à l’automatisation des processus internes. Dans ce contexte, l’emploi devient une variable d’ajustement stratégique, d’autant plus que la crise de rentabilité du modèle bancaire européen perdure.

Quels emplois sont menacés dans la banque européenne et pourquoi ?

L’alerte sur l’emploi ne concerne pas tous les métiers de la banque de manière uniforme. Selon les données rapportées par le Financial Times, les suppressions de postes devraient toucher en priorité les fonctions centrales. Ainsi, les métiers du back-office, du middle-office, de la conformité et de la gestion des risques apparaissent comme les plus exposés. Ces activités, fortement standardisées, se prêtent particulièrement bien à l’automatisation par l’intelligence artificielle.

De plus, l’emploi bancaire est fragilisé par la fermeture progressive des agences physiques. La digitalisation des services financiers réduit le besoin de personnels en contact direct avec la clientèle, tandis que les outils d’IA permettent de traiter des volumes croissants de données sans intervention humaine. Selon l’analyse citée par le Financial Times, « plus de 200 000 emplois bancaires européens sont menacés au cours des cinq prochaines années ».

La pression exercée par les marchés financiers joue un rôle déterminant. Les investisseurs attendent des banques européennes qu’elles améliorent rapidement leur ratio coûts-revenus. Dans ce cadre, la réduction de l’emploi apparaît comme un levier immédiat. De nombreux dirigeants bancaires considèrent désormais l’intelligence artificielle comme un outil central pour atteindre ces objectifs, même si cela implique des licenciements massifs à moyen terme.

Une vague de licenciements déjà engagée dans plusieurs banques européennes

L’alerte sur l’emploi bancaire est déjà d’actualité. Plusieurs établissements européens ont déjà engagé des restructurations significatives. Selon le Financial Times, la banque néerlandaise ABN Amro envisage de réduire près de 20 % de ses effectifs d’ici 2028. Cette annonce illustre la rapidité avec laquelle les plans de transformation se traduisent en suppressions de postes concrètes.

En France, le discours des dirigeants reflète également cette inflexion. Le directeur général de Société Générale a récemment déclaré, selon le Financial Times, que « rien n’était sacré » en matière de réduction des coûts. Là encore, l’emploi est directement impacté par la combinaison entre exigences de rentabilité, concurrence internationale et intégration de l’intelligence artificielle dans les processus métiers.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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