La hausse des charges dans l’immobilier s’accélère en France et redessine profondément l’équilibre économique entre propriétaires, copropriétés et locataires. Derrière cette augmentation, un changement de fond s’opère : ce ne sont plus seulement les coûts de l’énergie qui pèsent, mais désormais les assurances et les risques climatiques, avec des conséquences directes sur le budget des ménages.
Immobilier : plus de 900 euros par an de charges en moyenne

En mars 2026, le baromètre annuel publié par Matera met en évidence une tendance claire : les charges de copropriété continuent d’augmenter en France. Selon cette étude, elles ont progressé de 4,7 % en 2025, confirmant une dynamique inflationniste persistante dans l’immobilier.
Une hausse des charges de copropriété qui pèse lourd sur propriétaires et locataires
Concrètement, cette hausse représente environ 43 euros supplémentaires par lot sur une seule année, selon Matera. Une augmentation qui, cumulée sur plusieurs années, devient significative pour les propriétaires comme pour les locataires, notamment dans un contexte où les revenus n’évoluent pas au même rythme.
Cette évolution s’inscrit toutefois dans un changement structurel. Après deux années marquées par la flambée des prix de l’énergie, la pression s’est déplacée vers d’autres postes de dépenses. Ainsi, les copropriétés en chauffage collectif voient même leurs charges légèrement reculer de 0,5 % en 2025, après plusieurs années de hausse, toujours selon le baromètre Matera.
Dans le même temps, les copropriétés en chauffage individuel continuent de subir une augmentation, bien que plus modérée. Ce basculement marque une nouvelle phase dans la composition des charges immobilières, désormais dominée par des coûts moins visibles mais plus difficiles à maîtriser.
Immobilier : Les charges tirées vers le haut par les assurances
Le principal enseignement du baromètre concerne l’explosion des frais tertiaires. Les assurances deviennent désormais le premier facteur de hausse des charges dans l’immobilier. Elles enregistrent une progression de 16 % en un an, tandis que les contrats de maintenance augmentent de 12 %, selon Matera.
Ce phénomène s’explique en grande partie par la multiplication des sinistres liés aux aléas climatiques : inondations, sécheresses ou encore incendies. Ces événements ont un impact direct sur les primes d’assurance, qui se répercutent mécaniquement sur les charges de copropriété.
Raphaël Di Meglio, président de Matera, souligne cette évolution majeure : « Les assurances sont devenues le principal moteur de la hausse des charges de copropriété. Dans certaines régions, les augmentations peuvent être spectaculaires ».
Cette transformation structurelle du marché immobilier change profondément la donne pour les copropriétés. Contrairement aux dépenses énergétiques, qui peuvent être partiellement contrôlées via des travaux ou des comportements, les coûts liés aux assurances dépendent largement de facteurs externes, notamment climatiques. Face à cette situation, les experts recommandent une gestion plus active des contrats. « Pour limiter la facture, il est nécessaire de mettre en concurrence chaque année les contrats d’assurance mais aussi de maintenance de la copropriété afin d’obtenir le meilleur rapport qualité-prix », précise Raphaël Di Meglio.
Des charges très inégales selon les régions
La hausse des charges révèle de fortes disparités géographiques, directement liées à l’exposition aux risques climatiques. Les régions les plus impactées par le climat enregistrent des hausses nettement supérieures à la moyenne nationale. C’est le cas des Pays de la Loire, où les charges ont augmenté de 13,3 % en 2025, soit près du triple de la moyenne nationale, selon Matera. La Provence-Alpes-Côte d’Azur suit avec une hausse de 8,2 %, tandis que la Bretagne affiche une progression de 7,1 %.
Ces écarts s’expliquent par la nature des risques locaux. Dans l’Ouest, les tempêtes et inondations pèsent sur les coûts d’assurance. Dans le Sud, ce sont davantage les incendies et les épisodes de sécheresse qui contribuent à l’augmentation des primes.
À l’inverse, certaines régions apparaissent relativement épargnées. Le Grand Est, par exemple, affiche une hausse limitée à 2,7 %, ce qui en fait l’une des zones les plus stables en matière de charges de copropriété. Cette territorialisation du risque constitue un élément clé pour les acteurs de l’immobilier. Elle influence non seulement le coût de détention d’un bien, mais aussi son attractivité et sa rentabilité à long terme.
Propriétaire, locataire : des impacts financiers directs sur le budget logement
Pour les propriétaires, la hausse des charges se traduit immédiatement par une augmentation des coûts d’exploitation. En Île-de-France, les charges atteignent en moyenne 1 158 euros par lot et par an, contre 913 euros au niveau national, selon Matera. Cela représente un écart de 27 %, particulièrement significatif dans une région déjà marquée par des prix immobiliers élevés.
Dans certains cas, la facture est encore plus lourde. À Paris, les charges s’élèvent à 1 423 euros par lot en moyenne, avec une progression de 7,5 % en un an, toujours selon le baromètre. Une pression financière qui pèse directement sur la rentabilité des investissements locatifs.
Pour les bailleurs, deux options se présentent généralement : absorber cette hausse, au détriment de leur rendement, ou la répercuter partiellement sur les locataires, dans le respect de la réglementation sur les charges récupérables.
Du côté des locataires, l’impact est donc indirect mais bien réel. L’augmentation des charges de copropriété se traduit souvent par une hausse des provisions pour charges, voire, à terme, par une augmentation globale du coût du logement.
