Le marché immobilier français amorce un tournant discret mais profond. À la faveur de la réforme du DPE 2026, les critères d’achat évoluent, les arbitrages énergétiques se transforment et les priorités des acquéreurs changent. Une mutation qui redessine déjà les équilibres du secteur immobilier.
Immobilier : chauffage électrique ou gaz ? les Français ont tranché !

Le 23 mars 2026, une étude nationale met en lumière une évolution nette du marché immobilier. Au cœur de cette transformation : le diagnostic de performance énergétique, désormais recalibré en faveur de l’électricité. Ce nouvel équilibre influence directement les intentions d’achat, les stratégies de vente et les comportements de négociation. Longtemps considéré comme un simple indicateur technique, le DPE s’impose désormais comme un levier central dans les décisions immobilières. Et, surtout, il révèle une mutation profonde des attentes des Français.
DPE : une nouvelle grille de lecture pour les acheteurs immobiliers
Désormais, le DPE ne se contente plus d’informer. Il oriente. Selon l’étude Rothelec publiée le 23 mars 2026, 54 % des Français se disent plus enclins à acheter un logement chauffé à l’électricité. Un basculement significatif, qui traduit une évolution des perceptions énergétiques dans l’immobilier.
Ce changement est d’autant plus notable que, pendant des années, le chauffage électrique a été perçu comme un handicap. Aujourd’hui, cette vision s’efface progressivement. En effet, 67 % des Français estiment désormais que ce mode de chauffage n’est pas un frein à l’achat.
Toutefois, ce glissement ne signifie pas une adhésion aveugle. Près de 41 % des sondés indiquent que leur opinion ne change pas. Ce chiffre révèle un marché encore en phase de transition, où les habitudes coexistent avec de nouvelles attentes.
Par ailleurs, le critère énergétique ne se limite plus à une simple étiquette. L’étude souligne que la performance réelle — isolation, pilotage du chauffage, maîtrise des consommations — devient déterminante. Autrement dit, les acheteurs ne se contentent plus d’un bon classement : ils exigent des preuves concrètes.
Le DPE a un impact direct sur la valeur des biens
L’un des enseignements majeurs de cette évolution concerne la valorisation des biens. Le DPE influence désormais directement les prix. Ainsi, 52 % des Français se déclarent prêts à payer plus pour un logement mieux classé, selon Rothelec. Dans le détail, une part non négligeable des acquéreurs accepte même des hausses de prix supérieures à 3 %. Ce phénomène marque une rupture avec les années précédentes, où le DPE était davantage perçu comme un outil de décote que de valorisation.
Cependant, cette dynamique reste nuancée. Près de 45 % des Français refusent de payer davantage, ce qui montre que le DPE, à lui seul, ne suffit pas. L’acheteur reste attentif à la cohérence entre performance affichée et réalité des charges. Dans le même temps, le rapport de force entre acheteurs et vendeurs évolue. Plus de la moitié des Français, soit 51 %, anticipent une baisse de la marge de négociation pour les biens bien qui bénéficient d’un bon DPE.
En parallèle, l’arbitrage entre les énergies évolue lui aussi. À prix et localisation identiques, 39 % des Français jugent désormais un logement électrique plus intéressant contre 32 % pour le gaz. Une inversion symbolique qui témoigne d’un repositionnement stratégique de l’électricité dans l’immobilier.
Immobilier : vers un marché plus rapide et plus fluide
Au-delà des prix, c’est la dynamique des transactions qui se transforme. La réforme du DPE semble accélérer le rythme du marché. 63 % des Français estiment que les logements chauffés à l’électricité se vendront plus vite, selon Rothelec. Cette perception se confirme du côté des vendeurs. Environ 60 % d’entre eux considèrent que l’amélioration du DPE facilitera la vente, soit en augmentant le prix, soit en réduisant les délais.
Dans ce contexte, le DPE devient un véritable outil commercial. Il permet de rassurer les acheteurs, de justifier un prix et de limiter les discussions. Néanmoins, cette accélération reste conditionnée à un facteur clé : la crédibilité de la performance énergétique.
En effet, une part des Français demeure prudente. Environ 25 % estiment que le DPE aura peu d’effet sur la vente, tandis que certains évoquent encore la crainte des factures énergétiques. Ce point rappelle que la confiance ne repose pas uniquement sur le diagnostic, mais sur l’expérience réelle du logement.
Immobilier : les nouveaux gagnants du marché
Tous les biens ne bénéficient pas de la même manière de cette évolution. Certains profils se démarquent nettement. Les petites surfaces arrivent en tête, jugées les plus attractives par 28 % des Français. Les logements rénovés suivent de près, avec 24 %, tandis que les biens équipés de systèmes de pilotage thermique performant séduisent 23 % des répondants. Autrement dit, la valeur d’un bien ne repose plus uniquement sur sa localisation ou sa surface. Elle dépend désormais de sa capacité à démontrer une performance énergétique tangible.
Dans cette logique, les acheteurs réclament des garanties précises. Le remplacement des équipements de chauffage arrive en tête des attentes, suivi par la qualité de l’isolation et la possibilité de piloter la consommation pièce par pièce. Les factures réelles et la fraîcheur du DPE complètent ces exigences. Ce basculement marque un changement profond. Le marché immobilier ne se structure plus uniquement autour du type d’énergie, mais autour de la qualité de l’installation et de la maîtrise des usages.
