Le télétravail recule brutalement chez Stellantis. Le constructeur automobile revoit en profondeur son organisation interne et impose un retour massif en présentiel. Derrière cette décision, le management invoque la cohésion et la performance industrielle. Aux États-Unis d’abord, puis en Europe, des milliers de salariés sont concernés.
Industrie automobile : Stellantis serre (encore) la vis sur le télétravail

Le 30 janvier 2026, le groupe Stellantis officialise un virage stratégique majeur : la fin du télétravail généralisé pour ses fonctions tertiaires aux États-Unis. Concrètement, l’entreprise impose un retour cinq jours par semaine au bureau à compter de fin mars 2026. Ce revirement marque une rupture nette avec l’accord interne mis en place après la crise sanitaire, qui faisait du télétravail un pilier de son organisation.
Télétravail : Stellantis acte un retour massif au présentiel
Selon un document interne relayé par Business Insider, Stellantis précise que les salariés américains basculeront vers un rythme entièrement en présentiel. Toujours selon cette communication interne, les cadres de niveau « Director » et au-dessus devront appliquer cette règle dès la mi-février 2026, avant un déploiement progressif à l’ensemble des équipes. Ainsi, le télétravail devient l’exception et non plus la norme.
En parallèle, la direction assume publiquement ce changement. « Il est temps de retourner au bureau », a déclaré John Elkann dans un message vidéo interne cité par ItalPassion. De son côté, la porte-parole du groupe, Jodi Tinson, explique que « la collaboration en présentiel et la connexion seront essentielles pour offrir des produits et services d’exception », relayent Les Echos. Le management considère désormais que le télétravail freine la dynamique collective dans un secteur automobile soumis à une concurrence mondiale intense.
Télétravail : quels salariés sont ciblés et où ?
La mesure vise, sans surprise, les salariés non industriels, principalement les fonctions support, d’ingénierie et d’encadrement, les seuls à pouvoir réellement faire du télétravail à grande échelle. Aux États-Unis, l’obligation concerne l’ensemble des employés de bureau, dans la foulée de ce qui avait déjà été décidé. Dès le début de l’année 2025, environ 8 650 salariés américains avaient déjà été rappelés au bureau au moins trois jours par semaine. Le passage à cinq jours hebdomadaires constitue donc une accélération nette du calendrier.
L’Europe n’échappe pas à cette évolution du télétravail. En France, une première inflexion était intervenue dès le 1er juin 2025. À cette date, environ 8 500 salariés français avaient vu leur organisation modifiée, avec un retour imposé d’au moins deux jours par semaine sur site, et un objectif de trois jours à terme, selon L’Argus. À titre de comparaison, l’accord de 2021 autorisait jusqu’à 15 jours de télétravail par mois pour certains profils tertiaires. La réduction est donc significative.
À Turin, en Italie, la transition se fait progressivement. En 2026, certains salariés peuvent encore bénéficier de deux jours de télétravail par semaine, mais un retour complet à cinq jours en présentiel est envisagé d’ici 2027. Ainsi, même si le calendrier varie selon les pays, la trajectoire reste identique : le télétravail est appelé à se réduire fortement dans l’ensemble du périmètre européen du constructeur automobile.
Une décision stratégique dans l’industrie automobile
Pourquoi ce revirement ? D’abord pour des raisons de management. Le groupe met en avant la nécessité de renforcer la cohésion et l’alignement stratégique. Le retour en présentiel doit favoriser des échanges plus rapides et un engagement accru autour des produits. Le télétravail serait moins adapté à une phase de transformation industrielle exigeante.
La nouvelle direction imprime sa marque. Selon Business Insider, février 2026, le directeur général Antonio Filosa appelle à adopter une culture de bureau « à la Silicon Valley », décrite comme plus exigeante et centrée sur la présence physique. Cette orientation traduit un choix clair de management : privilégier la proximité immédiate entre équipes pour accélérer l’innovation dans l’industrie automobile, notamment face aux défis de l’électrification et du numérique.
Cependant, cette fin progressive du télétravail suscite des interrogations internes. Certains salariés avaient organisé leur vie personnelle autour de cette flexibilité, parfois en s’éloignant géographiquement des sites. Et si la réduction du télétravail peut peser sur l’attractivité de l’entreprise, notamment auprès des profils technologiques très recherchés, la direction estime que la performance collective prime sur ces considérations individuelles, au regard des enjeux stratégiques du groupe.
