Agriculture : l’investissement absorbe 37,5 % de la valeur ajoutée, selon l’Insee

En trente ans, le taux d’investissement de l’agriculture française est passé de 23,4 % à 37,5 % de la valeur ajoutée. Une étude de l’Insee publiée le 28 octobre décrit la montée des machines spécialisées, tandis que l’emploi agricole a diminué de moitié.

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By Published on 29 octobre 2026 11h42
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Agriculture : l’investissement absorbe 37,5 % de la valeur ajoutée, selon l’Insee - © Economie Matin

Le taux d’investissement de l’agriculture française a atteint 37,5 % de la valeur ajoutée en moyenne sur la période 2020-2024, contre 23,4 % en 1990-1994. Dans une étude publiée le 28 octobre 2026, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) décrit une transformation profonde des exploitations : davantage d’équipements productifs, mais beaucoup moins de travailleurs.

Cette proportion mesure la formation brute de capital fixe (FBCF) rapportée à la valeur ajoutée agricole. Elle dépasse nettement le taux observé dans l’ensemble des entreprises non financières, passé de 19,0 % à 21,7 % entre les mêmes périodes. La comparaison porte sur des moyennes pluriannuelles, et non sur une variation enregistrée en 2026.

Les machines spécialisées deviennent le premier poste

Les engins agricoles concentrent 64,5 % de l’investissement de la branche sur la période 2020-2024, devant les bâtiments (20,8 %). Les seules machines spécialisées — matériels de récolte, de préparation des sols, équipements d’élevage ou frigorifiques — représentent 41,0 % de la FBCF, contre 23,5 % pour les tracteurs et autres véhicules.

En volume, les achats annuels de machines spécialisées ont augmenté de 49,8 % entre 1990-1994 et 2020-2024. Ceux de tracteurs et véhicules ont progressé de 20,1 %. L’informatique s’est diffusée encore plus rapidement, mais son poids dans l’investissement demeure limité : 0,7 % pour le matériel informatique et 0,2 % pour les logiciels. La baisse du prix des ordinateurs contribue à expliquer cette faible part en valeur.

À l’inverse, l’investissement en plantations et en bétail reproducteur a reculé de 34,3 % en volume sur trente ans. Les plantations de vignes et d’arbres fruitiers et les animaux conservés pour la reproduction ne constituent plus ensemble que 8,4 % de la FBCF, contre 13,0 % au début des années 1990.

Un emploi agricole divisé par deux

La mécanisation accompagne une réduction majeure des effectifs. Selon l’Insee, l’emploi agricole a diminué de 50,9 % entre 1990 et 2024, pour atteindre 696 100 équivalents temps plein. L’emploi non salarié a reculé de 65,9 %, contre 8,8 % pour l’emploi salarié. Les salariés représentent désormais 44,4 % des emplois agricoles en équivalent temps plein, contre 20,0 % en 1990.

Le nombre d’exploitations en France hexagonale est passé de 924 000 en 1990 à 349 600 en 2023. L’investissement par emploi non salarié a, lui, augmenté de 221,7 % en termes réels entre les périodes étudiées, plus rapidement que le résultat brut par emploi non salarié (+124,6 %). Cette divergence éclaire l’effort de financement associé à la concentration et à la modernisation des exploitations.

Des équipements coûteux et des résultats variables

Sur trente ans, la hausse des investissements agricoles en valeur provient davantage des prix (+62,3 %) que des volumes (+16,5 %). Les prix des bâtiments ont notamment progressé de 81,9 % et ceux des tracteurs de 61,4 %. Le renouvellement du capital reste donc un poste majeur pour les exploitations, même lorsque les volumes d’investissement augmentent plus lentement.

Les évolutions de longue période ne préjugent pas de la situation de chaque exploitation. Dans ses comptes économiques publiés en décembre 2025, le service statistique du ministère de l’Agriculture observait d’ailleurs un repli des investissements moyens par exploitation en 2024, particulièrement marqué dans les grandes cultures et la viticulture. Les deux publications reposent sur des approches statistiques différentes : l’étude de l’Insee analyse la branche agricole sur plusieurs décennies, tandis qu’Agreste suit les résultats économiques des exploitations.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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