La France gaspille les capacités intellectuelles de ses enfants, notamment des surdoués, à cause d’un système scolaire égalitariste inadapté. L’auteur dénonce le nivellement par le bas du collège unique et propose une meilleure prise en compte de l’hétérogénéité des potentialités intellectuelles pour renforcer la compétitivité nationale.
La France doit mieux concrétiser l’intelligence

En France, à cause d’un système scolaire fondamentalement inadapté, les capacités intellectuelles sont très nettement sous-utilisées. Pour obtenir leur meilleure concrétisation, il convient d’effectuer une analyse de ce problème afin de pouvoir en proposer des solutions. Ceci permettrait d’établir un projet réaliste, comportant plusieurs options pédagogiques. C’est capital pour notre avenir car la puissance d’un pays et/ou (selon sa politique) le niveau de vie de ses habitants dépendent largement du niveau scolaire de sa population et, plus spécifiquement, de son élite intellectuelle.
Ce facteur est actuellement très influent et va certainement le devenir encore davantage. En effet, les connaissances scientifiques et technologiques progressent rapidement et prennent une ampleur telle que seul un système éducatif bien adapté peut permettre leur mise à profit optimale, au service de l’économie (mais aussi d’autres secteurs nationaux, tels que la Défense). De plus, la mondialisation induit l’exacerbation de la concurrence économique entre les états. Il est donc capital de former à un niveau suffisant le maximum de nos jeunes, évitant ainsi un véritable gaspillage des moyens intellectuels de la nation.
Ceci amène à poser la question de la scolarité des enfants et adolescents surdoués, car ceux-ci devraient être particulièrement utiles à la nation, sur ce plan. Leur particularité, partagée par 2,5% de la population, consiste en une facilité de compréhension logique, caractérisée par un quotient intellectuel supérieur à 130 (environ), ce qui correspond à un âge mental de 13 ans pour un âge réel de 10 ans. Ce devrait donc être un atout scolaire extrêmement efficace.
En pratique, on remarque surtout les surdoués qui réussissent parfaitement leur scolarité. Or, en France, ils ne représentent guère que 40% (donc une minorité) de l’ensemble ! Ils sont environ 35% à obtenir des résultats scolaires médiocres ou, encore plus fréquemment, très irréguliers (en dents de scie) et, finalement, inférieurs à ceux que permettraient leurs capacités. Et, pire, près du quart des élèves surdoués sont, paradoxalement, en échec scolaire ! Le gâchis global des capacités intellectuelles est donc extrêmement fort. Il résulte, principalement, de l’égalitarisme en matière scolaire, dont les méfaits se manifestent singulièrement dans le domaine des hautes capacités intellectuelles mais aussi dans les autres domaines éducatifs.
Les méfaits de l’égalitarisme scolaire
La France ne valorise pas l’intelligence à cause d’une passion égalitariste qui nivelle le système éducatif par le bas. Cette tendance idéologique se traduit, en particulier, par l’inadaptation de l’enseignement aux besoins éducatifs spécifiques des surdoués.
L’égalitarisme en matière scolaire se caractérise soit par le déni ou la minimisation de l’extrême hétérogénéité des potentialités intellectuelles, soit par le refus de prendre réellement en compte cette hétérogénéité. Elle a atteint son point culminant en 1975, avec l’instauration du « collège unique ». Ceci a consisté à unifier les 2 voies (générale et pré-professionnelle) qui existaient auparavant, et qui étaient largement fondées sur les capacités intellectuelles. Depuis, l’évidence des méfaits de cette idéologie égalitariste a conduit à quelques légers reculs dans son application au système éducatif, mais elle y reste dominante. En effet, dans le primaire et au collège, l’enseignement ne comporte pas de filières différenciées ni même de classes de niveau (sauf rares exceptions).
Les méfaits de l’égalitarisme se manifestent tant au plan individuel qu’au niveau national. Au plan individuel, l’égalitarisme produit une inadaptation de la pédagogie, au détriment de très nombreux élèves. Au plan national, il conduit à un nivellement par le bas, forcément dommageable.
Dans une classe hétérogène sur le plan des potentialités intellectuelles, les moins doués ont du mal à suivre l’enseignement, ce qui les expose à l’échec scolaire. À l’opposé, les plus doués s’ennuient, ce qui peut les conduire à une démotivation et implique un gaspillage du temps passé à l’école (qui aurait pu leur permettre d’acquérir davantage de connaissances). Sur ce plan, le système scolaire français n’est bien adapté, jusqu’au lycée, que pour les élèves aux capacités intellectuelles proches de la moyenne ou modérément supérieures. Ceci correspond à des Q.I. compris entre 93 et 125 (environ), niveaux atteints par guère plus des deux tiers des élèves. L’enseignement est donc inadapté pour près du tiers des enfants !
L’égalitarisme dénoncé ci-dessus affecte principalement l’enseignement public, le privé (même sous contrat) étant moins touché. Cette divergence a tendance à s’accroître. En effet, le public reste soumis à la pression idéologique égalitariste que la Gauche y exerce, notamment par l’intermédiaire des responsables de l’Education Nationale, des syndicats dominants, des dirigeants politiques (même lorsqu’ils ne sont pas au pouvoir). À l’opposé, le privé, qui subit moins cette pression, a pu mieux tenir compte de l’évolution positive de l’opinion en faveur d’une meilleure prise en compte des différences de capacités intellectuelles.
Ainsi, l’enseignement privé bénéficie de beaucoup plus de souplesse que le public, et peut donc mettre en place plus facilement des pédagogies, des classes et des établissements adéquats. Le privé sous contrat, principalement catholique, est réputé pour la qualité de l’attention portée individuellement à chaque élève, dans le respect de sa personnalité propre. Quant au privé hors contrat, il a financièrement intérêt à répondre au mieux aux souhaits des parents d’enfants surdoués.
L’enseignement privé ne doit donc pas être entravé. Il peut même servir de modèle à l’enseignement public, pour que celui-ci prenne mieux en compte la diversité des élèves
