La Cinor a validé plus de 5,7 millions d’euros d’opérations sur l’eau potable. Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne sont concernées par des travaux sur les réseaux et la prévention des fuites.
La Réunion : 5,7 millions d’euros pour sécuriser l’eau potable dans le Nord

La communauté intercommunale du Nord de La Réunion (Cinor) a validé un ensemble d'opérations représentant plus de 5,7 millions d'euros pour améliorer l'alimentation en eau potable. Le programme concerne Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne, avec des interventions sur les canalisations, la recherche de fuites et la sécurisation de plusieurs ouvrages.
Les décisions ont été prises lors du bureau communautaire du 28 octobre 2026. Dans sa présentation des opérations validées, la Cinor distingue les études destinées à préserver la ressource, les travaux de renouvellement des réseaux et les actions visant à mieux accompagner les personnes rencontrant des difficultés d'accès à l'eau.
Des canalisations à remplacer dans les trois communes
Le volet le plus directement lié au fonctionnement quotidien du service porte sur le renouvellement de 6,45 kilomètres de canalisations répartis entre les trois communes du territoire Nord. Ces remplacements doivent contribuer à limiter les pertes d'eau dans les réseaux de distribution. À Sainte-Marie, la collectivité prévoit également d'installer des prélocalisateurs de fuites dans le centre-ville, afin de repérer plus efficacement les secteurs nécessitant une intervention.
Le programme comprend aussi la pose de 1,38 kilomètre de nouvelles canalisations, comme le précise Imaz Press Réunion dans son compte rendu du 30 octobre. Les opérations combinent ainsi le remplacement d'équipements existants et le renforcement de la distribution. La Cinor n'a pas annoncé de calendrier global de travaux dans sa présentation publique.
À La Montagne, la conduite du Bras Guillaume doit être réhabilitée
À Saint-Denis, une intervention concerne plus particulièrement le secteur de La Montagne. La conduite d'adduction du Bras Guillaume, qui participe à l'alimentation d'environ 6 000 usagers, figure parmi les infrastructures à sécuriser. L'enjeu est de fiabiliser l'arrivée de l'eau vers ce quartier situé sur les hauteurs de la commune.
La Société du Canal de Provence, chargée de la maîtrise d'œuvre de cette réhabilitation, décrit un chantier complexe. L'adduction gravitaire a été endommagée par les cyclones Belal, en 2024, et Garance, en 2025. Son tracé traverse un terrain difficile d'accès, soumis à des risques géotechniques et d'éboulement, dans un environnement naturel sensible. La remise en état doit réduire la dépendance aux installations de pompage utilisées pour assurer l'approvisionnement.
La distinction entre adduction et distribution est importante pour les habitants : la première achemine la ressource vers les installations du service, tandis que les réseaux de distribution permettent ensuite de desservir les usagers. Les travaux annoncés par la Cinor portent sur ces deux niveaux de l'alimentation en eau.
Un diagnostic sur l'accès à l'eau des ménages vulnérables
Le bureau communautaire a également retenu le lancement d'un diagnostic territorial baptisé « Accès à l'eau pour tous ». Il doit permettre d'identifier les situations de vulnérabilité et d'élaborer des réponses adaptées. À ce stade, la collectivité présente une démarche d'étude : aucune nouvelle aide financière individuelle ni condition d'attribution n'a été détaillée.
Enfin, une étude sur les débits réservés des captages exploités par la Cinor doit contribuer à concilier les besoins de production d'eau potable et la préservation des milieux aquatiques. L'ensemble des décisions couvre donc à la fois la continuité du service, la réduction des pertes et l'accès des habitants à une ressource essentielle, sans qu'une date unique d'achèvement des opérations ait été fixée.