Un sondage de Que Choisir Ensemble révèle que 71 % des propriétaires bailleurs et 88 % des locataires soutiennent l’encadrement des loyers, qui permet d’économiser plus de 500 euros par an. Pourtant, le dispositif reste largement méconnu et pourrait disparaître le 26 novembre 2026 si le Sénat ne le pérennise pas.
L’encadrement des loyers met propriétaires et locataires d’accord

Un consensus inattendu autour de l'encadrement des loyers
Contrairement aux idées reçues, l'encadrement des loyers ne crée pas de division entre propriétaires et locataires. Un sondage mené par Que Choisir Ensemble du 14 au 17 septembre 2026 auprès de 1 014 répondants montre un large soutien : 71 % des propriétaires bailleurs soutiennent cette réglementation qui encadre les loyers dans certaines villes françaises. Du côté des locataires, l'adhésion atteint 88 %. En tout, 83 % des Français se disent favorables à l'encadrement des loyers et à son extension à toutes les zones tendues.
Ces résultats remettent en question le débat habituel sur la régulation du marché locatif, alors que le dispositif expérimental doit se terminer le 26 novembre 2026. Son avenir sera débattu au Sénat le 21 octobre prochain. L'enjeu est de préserver un outil qui permet aux locataires d'économiser plus de 500 euros par an en moyenne, selon l'association de consommateurs.
Les petits propriétaires soutiennent massivement le dispositif
L'adhésion des propriétaires bailleurs est notable, atteignant 81 % chez ceux qui possèdent un seul logement en location, représentant deux tiers des propriétaires interrogés. Ce soutien massif des petits bailleurs contraste avec les discours professionnels de l'immobilier, où l'encadrement est souvent perçu comme un frein à l'investissement locatif.
Actuellement, la mesure s'applique dans certaines grandes villes : Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Montpellier, Bordeaux, le Pays basque, Grenoble et sa banlieue. Que Choisir Ensemble a prouvé que l'encadrement permet aux locataires d'économiser significativement dans ces zones. À Paris, les économies peuvent atteindre 1 700 euros par an, 1 200 euros en Île-de-France, et 530 euros à Lyon ou Bordeaux.
L'encadrement et l'investissement immobilier
Le sondage révèle d'autres enseignements sur l'impact de la réglementation. L'encadrement est souvent présenté comme un frein à l'investissement immobilier, mais parmi ceux qui n'envisagent pas d'investir, seuls 2 % citent l'encadrement des loyers comme raison.
Les réfractaires pointent plutôt le coût financier de l'opération (55 %) comme principal frein, suivi par les difficultés potentielles avec les locataires (23 %). La rentabilité insuffisante de l'investissement est une préoccupation moindre, mentionnée par 7 % des répondants, devant la complexité administrative (4 %).
Les résultats ne signifient pas que l'encadrement est sans effet sur l'offre locative, mais la réglementation n'est pas le principal obstacle. D'ailleurs, 19 % des sondés envisagent l'achat d'un bien locatif dans les cinq prochaines années, bien que seulement 4 % soient certains de le faire.
Un dispositif méconnu mais potentiellement pérennisé
Malgré le consensus, le sondage met en lumière une méconnaissance du dispositif. Seuls 25 % des Français savent précisément ce qu'est l'encadrement des loyers. Près de 47 % en ont entendu parler sans plus de détails, et 28 % l'ignorent complètement.
Chez les propriétaires bailleurs, 65 % de ceux qui pensent que leur bien est soumis à l'encadrement se trompent. Une confusion qui s'explique peut-être par la différence entre l'encadrement des loyers et les réglementations des zones tendues, qui limitent les augmentations de loyers.
La situation est similaire pour les locataires : 57 % ne savent pas si leur logement est concerné. Même là où la réglementation s'applique, seuls 41 % des locataires sont informés. Cette confusion soulève une question concrète : comment un locataire peut-il vérifier le respect des plafonds s'il ignore être protégé par la réglementation ?
Vers une pérennisation nécessaire avant novembre
L'expérimentation doit s'achever en novembre 2026, et sans nouvelle législation, près de 70 communes pourraient perdre cet outil. Le 21 octobre, le Sénat examinera la proposition de loi du député Iñaki Echaniz, adoptée par l'Assemblée nationale en décembre 2025, visant à pérenniser l'encadrement et à l'étendre à davantage de communes.
Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que Choisir Ensemble, exhorte les sénateurs à agir, estimant qu'"il serait incompréhensible de laisser disparaître l'encadrement des loyers" dans un contexte difficile pour les locataires et les étudiants. L'association plaide pour une protection durable au lieu d'un retour à une situation sans plafonds spécifiques.
Que Choisir Ensemble souhaite également que le dispositif soit étendu aux zones tendues non couvertes. Les économies potentielles sont estimées à environ 640 euros par an à Strasbourg, 600 euros à Nice, 580 euros à Annecy, et 530 euros à Toulouse et dans l'agglomération Aix-Marseille. Les montants varient selon le logement et le loyer, mais illustrent le potentiel de l'encadrement.
