Avec le retour du printemps, les tiques réapparaissent dans les parcs, les forêts et les jardins. Ces parasites, capables de transmettre la maladie de Lyme, font l’objet d’une nouvelle étude scientifique. En France, 15,4 % des tiques ayant piqué des humains seraient porteuses de la bactérie responsable de cette infection. Une proportion qui rappelle l’importance de la vigilance face à ces arthropodes.
Maladie de Lyme : 15,4 % des tiques analysées seraient infectées

Alors que les températures remontent et que les activités en plein air reprennent, les tiques reviennent elles aussi dans les milieux naturels. Ces parasites hématophages, présents dans les herbes hautes, les sous-bois ou certains parcs urbains, constituent l’un des principaux vecteurs de la maladie de Lyme. Une étude scientifique récente, relayée par plusieurs médias spécialisés, met en lumière l’ampleur de l’exposition humaine à ces tiques infectées et souligne l’importance de la surveillance sanitaire.
Des tiques étudiées après des piqûres humaines et porteuses de la maladie de Lyme
Le risque associé aux tiques est au cœur d’une analyse scientifique menée à partir du programme participatif CiTIQUE. Les chercheurs ont examiné des tiques envoyées par des particuliers après une morsure. L’objectif était de mieux comprendre la diversité des micro-organismes transmis par ces parasites et d’évaluer la circulation de la maladie de Lyme sur le territoire français. Au total, 2 009 tiques ayant piqué des humains ont été analysées dans cette étude nationale. D'après Reporterre, les résultats montrent que « sur 2 009 tiques ayant piqué des humains en France, 15,4 % portaient la bactérie à l'origine de la maladie de Lyme ».
Environ une tique sur six analysée dans ce contexte portait la bactérie Borrelia responsable de la maladie de Lyme. Cependant, la recherche met également en évidence une diversité beaucoup plus large de pathogènes. L’étude révèle en effet que « 27 % » des tiques examinées transportaient au moins un micro-organisme potentiellement pathogène pour l’humain, toujours selon Reporterre. Cette proportion inclut non seulement la bactérie de la maladie de Lyme, mais aussi d’autres agents infectieux capables de provoquer différentes maladies vectorielles.
Les tiques, vecteurs majeurs de la maladie de Lyme en France
Les tiques constituent un maillon central dans la transmission de la maladie de Lyme. Cette infection est causée par des bactéries du genre Borrelia, transmises à l’être humain lors de la morsure d’une tique infectée. La transmission se produit lorsque l’animal parasite reste fixé suffisamment longtemps sur la peau. Comme le rappelle la Haute Autorité de Santé, « la borréliose de Lyme est due à une infection par Borrelia burgdorferi sensu lato, bactérie transmise à l’être humain lors d’une piqûre de tique appartenant au genre Ixodes ». Les tiques du genre Ixodes, notamment Ixodes ricinus en Europe, sont donc les principaux vecteurs de cette maladie.
Toutefois, la présence d’une tique infectée ne signifie pas automatiquement contamination humaine. Le risque dépend de plusieurs facteurs biologiques et comportementaux. La Haute Autorité de Santé précise ainsi que « le risque de transmission à l’Homme d’un pathogène responsable d’une maladie à l’occasion d’une piqûre de tique, est faible (1 à 4 %) et dépend du temps d’attachement de la tique à la peau ». Malgré cette probabilité relativement faible à chaque morsure, la fréquence élevée des contacts avec ces parasites explique le nombre important de cas observés chaque année. Les tiques restent ainsi le vecteur principal de la maladie de Lyme dans l’hémisphère Nord.
Des tiques responsables de dizaines de milliers de cas de maladie de Lyme
La maladie de Lyme représente aujourd’hui la plus fréquente des infections transmises par les tiques en Europe et en France. Cette pathologie peut provoquer des symptômes variés, allant de lésions cutanées caractéristiques à des troubles neurologiques ou articulaires lorsque la maladie évolue. En France, la surveillance épidémiologique met en évidence une circulation significative de la maladie. Selon Santé publique France, dans des propos rapportés par Ma Santé News : « environ 39 000 cas de maladie de Lyme ont été diagnostiqués en médecine générale en France en 2023 ». Cela correspond à « une incidence d’environ 59 cas pour 100 000 habitants », selon la même source. Par ailleurs, les tiques peuvent transmettre d’autres infections, même si elles sont plus rares.
Parmi elles figure l’encéphalite à tiques, une maladie virale pouvant provoquer une inflammation du cerveau et des méninges. En France, « 62 cas ont été signalés en 2024 sur le territoire », selon Santé publique France. Ces chiffres rappellent que les tiques transportent un large éventail d’agents pathogènes. L’étude analysant les tiques ayant piqué des humains montre d’ailleurs qu’au moins 26 micro-organismes différents ont été identifiés dans ces parasites, dont 18 potentiellement pathogènes pour l’être humain.
Les tiques plus actives avec le retour du printemps
Le retour des tiques coïncide généralement avec la hausse des températures et l’augmentation des activités en extérieur. Dès le printemps, ces parasites redeviennent actifs dans les milieux naturels où l’humidité et la végétation leur sont favorables. Les tiques vivent principalement dans les forêts, les prairies et les zones de broussailles, mais elles peuvent également être présentes dans certains jardins ou espaces verts urbains. Elles se nourrissent du sang de différents animaux – rongeurs, oiseaux ou cervidés – et peuvent aussi s’accrocher à la peau humaine lors d’une promenade. Les spécialistes rappellent que toutes les tiques ne sont pas infectées et que plusieurs stades de développement peuvent piquer l’être humain.
Cependant, la surveillance reste essentielle, car ces parasites sont capables de transmettre diverses maladies. Face à ce risque, les autorités sanitaires recommandent des mesures simples : porter des vêtements couvrants lors des promenades, inspecter la peau après une sortie en nature et retirer rapidement toute tique fixée. En effet, plus la tique reste attachée longtemps, plus la probabilité de transmission de la bactérie responsable de la maladie de Lyme augmente.
