Le Mercosur n’avance plus. En votant la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne, le Parlement européen a gelé le processus de ratification de l’accord de libre-échange, ouvrant une phase d’incertitude juridique et politique aux conséquences majeures pour l’agriculture et la stratégie commerciale de l’Union.
Mercosur gelé : le Parlement européen bloque l’accord et saisit la justice

Le 21 janvier 2026, à Strasbourg, le Mercosur a basculé dans une nouvelle séquence. Les eurodéputés ont décidé de demander un avis juridique à la Cour de justice de l’Union européenne sur la compatibilité de l’accord avec les traités. Ce choix ne remet pas formellement en cause le traité, mais il bloque sa progression et place l’Union européenne face à un test institutionnel inédit.
Mercosur : ce que le Parlement européen a réellement voté
Le vote du Parlement européen ne constitue pas un rejet du Mercosur, mais un gel politique et procédural. Les eurodéputés ont approuvé la saisine de la Cour afin de clarifier la base juridique de l’accord de libre-échange. Par cette décision, ils suspendent de fait toute avancée vers la ratification finale, dans l’attente d’un avis contraignant. Selon Euronews, la résolution a été adoptée par 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions, révélant une division profonde de l’hémicycle.
Ce vote s’inscrit dans les prérogatives du Parlement. Les élus contestent notamment la possibilité d’appliquer l’accord avant l’aval complet des États membres et s’interrogent sur le respect des traités européens. Pour les promoteurs du gel, il s’agit d’un acte de vigilance juridique. Le Mercosur devient ainsi un dossier emblématique de l’équilibre des pouvoirs entre institutions européennes, où la justice est appelée à trancher.
La dimension sociale et agricole a pesé lourd. À Strasbourg, des milliers d’agriculteurs ont manifesté avant le vote, dénonçant une concurrence accrue et des normes jugées inégales. Cette mobilisation visait directement les eurodéputés, sommés de défendre l’agriculture européenne face aux importations sud-américaines.
Mercosur sous contrôle juridique : un calendrier désormais incertain
La saisine de la Cour de justice introduit un délai significatif. D’après les pratiques institutionnelles rappelées par Euronews, l’examen pourrait durer plus d’un an, voire davantage. Pendant ce temps, le Mercosur reste bloqué, sans perspective immédiate de ratification. Cette situation fragilise la crédibilité commerciale de l’Union, un point souligné par la Commission européenne, qui a dit « regretter » le vote, selon Le Parisien.
Sur le plan juridique, l’enjeu est central. La Cour devra déterminer si l’architecture de l’accord respecte les traités et si son éventuelle application provisoire est conforme au droit européen. En cas d’avis défavorable, l’accord de libre-échange devrait être renégocié ou modifié en profondeur. Le Mercosur s’installe donc dans une zone grise, entre ambition commerciale et prudence institutionnelle.
