Microplastiques : les randonneurs polluent la nature (malgré eux)

Les microplastiques s’invitent jusque dans les lacs de haute montagne. De nouvelles mesures montrent un écart d’environ vingt-trois fois entre un lac très fréquenté et un lac voisin sans sentier, suggérant que la randonnée et le matériel constituent une voie d’entrée majeure des microplastiques dans la nature.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 14 octobre 2025 7h37
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Microplastiques : les randonneurs polluent la nature (malgré eux) - © Economie Matin
10%Les macrodéchets, repérables à l'œil nu, ne représentent que 10 % du nombre des morceaux de plastique en mer

Le 13 octobre 2025, une enquête du Guardian a révélé les résultats d’une étude menée dans les Adirondacks : le lac Tear of the Clouds contient 16,54 particules/mL de microplastiques, contre 0,73 particule/mL à Moss Pond, un lac voisin dépourvu de sentier. Ces chiffres, supérieurs aux 9,45 particules/mL relevées en 2023, ont conduit les chercheurs à revoir leur hypothèse : les microplastiques détectés en pleine nature proviendraient d’abord de l’usure des semelles et des textiles de randonnée, plus que des retombées atmosphériques.

Microplastiques : des chiffres qui pointent la randonnée et le matériel comme source de pollution

Les mesures réalisées en 2025 dans Tear of the Clouds atteignent 16,54 particules par millilitre, tandis que Moss Pond, lac « hors sentier », n’en présente que 0,73 particule/mL, soit environ vingt-trois fois plus pour le premier, selon The Guardian. Comme les deux lacs se trouvent à altitude et climat similaires, la recherche retient un facteur humain direct : la randonnée et le matériel associé, qui alimenteraient localement la pollution microplastique dans la nature.

« Les chaussures de trail à semelles souples et les vêtements synthétiques semblent être des contributeurs significatifs à la présence de microplastiques dans ces eaux reculées, pourtant réputées intactes », a déclaré le data scientist Tim Keyes. En 2023, son équipe pensait que la pluie jouait un rôle dominant ; mais, écrit le quotidien britannique, « ils pensent aujourd’hui qu’ils se trompaient ». La comparaison entre Tear et Moss Pond soutient l’hypothèse d’une source de pollution liée au matériel.

Microplastiques : ce qu’on découvert les chercheurs

Pour valider cette hypothèse, les scientifiques ont choisi deux sites comparables : l’un très fréquenté, l’autre non. « C’est une indication très claire », a affirmé Tim Keyes, cité par The Guardian, en référence à la différence d’un facteur 23 observée entre les deux plans d’eau. Les semelles de randonnée agissent ici comme les pneus d’un véhicule : leur abrasion libère de minuscules fragments de polymères, ensuite entraînés vers les ruisseaux et les lacs par le ruissellement.

Une autre étude présentée par The Guardian décrit un « laboratoire vivant » dans un lac canadien isolé : même après l’arrêt des apports extérieurs, les microplastiques persistent dans les sédiments, où ils restent accessibles à la faune benthique. Autrement dit, une fois déposées dans la nature, ces particules ne disparaissent pas rapidement.

Microplastiques : quels risques et quelles pistes de solution ?

Les microplastiques sont partout : The Guardian signale leur présence dans le sang, les poumons, le placenta et même le cerveau humain. Ces particules pourraient provoquer des perturbations du système cardiovasculaire et du métabolisme, bien que les seuils de toxicité restent discutés. Les chercheurs appellent donc à limiter les flux de microplastiques dans la nature, en particulier ceux issus du matériel de randonnée.

Pour y parvenir, les auteurs préconisent des gestes simples : préférer des semelles plus rigides, moins sujettes à l’usure, et superposer les couches en plaçant les fibres naturelles à l’extérieur. Ces solutions modestes s’ajoutent à la demande croissante d’une éco-conception dans le secteur outdoor.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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