L’ONISR révèle une hausse inquiétante de 4% des morts routiers en mai 2026 avec 317 décès, après une progression déjà constatée en avril. Les routes hors agglomération concentrent 60% de cette mortalité croissante.
De plus en plus de morts sur les routes : mai en hausse après avril

Mortalité routière en hausse : 317 décès en mai, après une dégradation en avril
L'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a publié des chiffres préoccupants : 317 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises en mai 2026, soit 4% de plus qu'en mai 2025. Cette progression confirme la tendance négative amorcée en avril et souligne la persistance des morts routières.
En métropole, la situation s'aggrave davantage avec 303 décès, en hausse de 7% par rapport aux 284 victimes de mai 2025. Les territoires d'outre-mer enregistrent en revanche une amélioration avec 14 décès contre 21 l'année précédente.
Routes hors agglomération et autoroutes : les zones les plus meurtrières
La répartition géographique révèle que 60% des décès de mai se concentrent hors agglomération, avec 182 victimes, soit deux de plus qu'en 2025. Les autoroutes connaissent une dégradation spectaculaire : 36 morts contre 19 l'année précédente, représentant 17 victimes supplémentaires.
« Les chiffres de mai, marqués par une hausse préoccupante de la mortalité routière et par la disparition de nombreux jeunes, doivent nous interpeller collectivement », a déclaré Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté.
Jeunes adultes : la population la plus exposée aux risques
L'analyse par tranches d'âge dessine un portrait saisissant. Les moins de 18 ans comptent 20 victimes (+2 par rapport à 2025), tandis que les 18-24 ans paient un tribut encore plus lourd avec 46 décès (+6). La catégorie des 25-64 ans reste la plus touchée avec 164 morts (+6).
Seuls les automobilistes de 65 ans et plus voient leur mortalité diminuer, passant de 80 à 73 décès. Les moins de 18 ans représentent 20 morts (+2), les 18-24 ans 46 morts (+6), les 25-64 ans 164 morts (+6), tandis que les 65 ans et plus comptent 73 morts (-7).
Piétons et cyclistes : vulnérabilité croissante des usagers fragiles
Les usagers les plus fragiles paient un prix croissant. Les piétons totalisent 41 décès en mai (+7 par rapport à 2025). Plus dramatique encore, la mortalité des cyclistes bondit à 37 morts contre 25 l'année précédente, soit 12 victimes supplémentaires.
À l'inverse, les utilisateurs de deux-roues motorisés voient leur nombre de décès diminuer à 78, soit neuf de moins qu'en mai 2025. Une amélioration qui ne compense pas la dégradation générale du bilan. Les enjeux de santé publique dépassent d'ailleurs le seul cadre routier.
Vitesse et alcool : les causes mortelles traditionnelles persistent
Marie-Pierre Vedrenne identifie « la vitesse excessive, l'alcool, les stupéfiants et la distraction au volant » comme principales causes de cette hécatombe. « Les comportements continuent de tuer et de briser des vies chaque jour », insiste la ministre, regrettant qu'« aucune vie ne devrait être perdue à cause de comportements dont nous connaissons tous les dangers ».
Les dispositifs de contrôle, à l'image des nouvelles technologies de surveillance développées dans d'autres pays européens, questionnent l'efficacité des mesures actuelles.
Le nombre total d'accidents corporels affiche une légère baisse de 1% avec 4 564 sinistres. Le nombre de blessés graves reste stable à 1 585 personnes. En outre-mer, la tendance s'inverse positivement avec 263 accidents corporels (-9%) et 330 blessés (+1%).
Coût économique et remise en question des politiques publiques
Au-delà du drame humain, cette recrudescence génère un coût économique considérable. Chaque décès routier représente plusieurs centaines de milliers d'euros de coûts directs et indirects : soins d'urgence, enquêtes judiciaires, pertes de productivité et accompagnement des familles endeuillées.
L'augmentation constatée en mai, après celle d'avril, interroge l'efficacité des politiques de sécurité routière. Malgré les campagnes de sensibilisation et le renforcement des contrôles, les comportements à risque persistent, particulièrement chez les jeunes adultes désormais les plus exposés. Les pouvoirs publics devront probablement réviser leurs stratégies, en ciblant davantage les routes hors agglomération et les autoroutes où se concentrent les drames les plus meurtriers.
