Un premier cas autochtone de virus du Nil occidental a été détecté cette année en France, dans les Pyrénées-Orientales. Transmise par un moustique, cette infection encore peu connue appelle à la vigilance alors que l’été favorise la circulation des insectes.
Moustique : un premier cas de virus du Nil occidental détecté dans les Pyrénées-Orientales

Le moustique impliqué n’est pas le moustique tigre, désormais bien connu du grand public, mais un représentant du genre Culex, très répandu en France. Dans son bulletin du 16 juillet 2026, Santé publique France indique qu’un cas autochtone d’infection à virus West Nile a été identifié dans les Pyrénées-Orientales. Le patient a commencé à présenter des symptômes le 30 juin 2026. Le terme « autochtone » signifie que l’infection a été contractée sur le territoire, sans lien avec un voyage dans une zone où le virus circulait déjà.
Virus du Nil occidental : un premier cas transmis localement par un moustique
Ce signal sanitaire constitue la première preuve de circulation du virus du Nil occidental chez l’être humain en France depuis le début de l’année. « Il s’agit de la première détection de la circulation du virus chez l’homme en France, en 2026 », précise Santé publique France dans son bulletin de surveillance renforcée.
L’agence sanitaire ne fournit pas d’information sur l’âge, l’état de santé ou la commune de résidence de la personne contaminée. Elle précise toutefois que le cas a été découvert grâce au dispositif national de surveillance des infections à virus West Nile. Les premiers signes sont apparus le 30 juin, soit plus de deux semaines avant la publication du signalement officiel.
Cette détection n’est pas entièrement inédite pour le département. Des infections avaient déjà été relevées chez des chevaux dans les Pyrénées-Orientales en 2006, puis un cas humain y avait été signalé en 2018, rappelle Santé publique France.
Le virus du Nil occidental, aussi appelé West Nile, circule principalement entre les oiseaux et les moustiques. Un moustique Culex peut s’infecter en piquant un oiseau porteur du virus, puis le transmettre à un être humain ou à un cheval lors d’une piqûre ultérieure. L’homme et le cheval sont considérés comme des hôtes accidentels : ils ne jouent généralement pas de rôle dans la poursuite du cycle de transmission.
Le moustique responsable n'est pas le moustique tigre
La détection intervient dans un contexte de vigilance renforcée autour des maladies transmises par les insectes. Mais le virus du Nil occidental ne doit pas être confondu avec la dengue, le chikungunya ou le Zika, dont le principal vecteur en France hexagonale est le moustique tigre, Aedes albopictus.
Le moustique Culex, souvent appelé moustique commun, est surtout actif au crépuscule et pendant la nuit. Le moustique tigre pique davantage pendant la journée. Cette différence modifie les gestes de protection à adopter : la vigilance contre le virus du Nil occidental doit notamment être maintenue en soirée, dans les chambres et autour des lieux de repos nocturne.
L’Agence régionale de santé d’Île-de-France rappelle que « le moustique Culex, ou moustique commun, est le principal vecteur du virus West Nile ». Contrairement à une idée répandue, la présence de moustiques tigres n’est donc pas nécessaire à la circulation de cette maladie.
La surveillance du virus repose sur plusieurs volets complémentaires. Les cas humains permettent de détecter les infections déclarées ou diagnostiquées. Les chevaux servent également de sentinelles, car ils peuvent développer des formes neurologiques. Les oiseaux, réservoirs naturels du virus, et les moustiques capturés dans des pièges complètent ce suivi sanitaire et environnemental.
Une infection silencieuse dans huit cas sur dix
Le virus passe le plus souvent inaperçu. Selon l’Organisation mondiale de la santé, « environ 80% des personnes infectées ne présentent aucun symptôme ». Cette proportion importante de formes silencieuses signifie que les cas diagnostiqués ne représentent probablement qu’une partie des infections réelles.
Chez les personnes symptomatiques, la maladie apparaît généralement après une incubation de 2 à 14 jours. Elle peut provoquer une fièvre brutale, des maux de tête, des douleurs musculaires ou articulaires, une fatigue marquée, des nausées, des troubles digestifs et, plus rarement, une éruption cutanée.
Moins de 1% des personnes infectées développent une forme neuro-invasive, comme une méningite, une encéphalite ou une paralysie aiguë. Les personnes âgées, immunodéprimées ou atteintes de certaines pathologies chroniques présentent un risque plus important de complication.
Il n’existe actuellement ni vaccin destiné à l’être humain ni traitement antiviral spécifique contre le virus du Nil occidental. Les soins visent à soulager les symptômes. Une hospitalisation peut être nécessaire lorsqu’une atteinte neurologique survient. Un vaccin existe en revanche pour les chevaux.
Une surveillance renforcée jusqu’à la fin novembre
En France, la surveillance saisonnière des arboviroses est renforcée du 1er mai au 30 novembre, période correspondant à l’activité la plus importante des moustiques vecteurs. Ce dispositif associe Santé publique France, les agences régionales de santé, le Centre national de référence des arbovirus et les acteurs de la santé animale.
Le signalement d’un cas autochtone peut également entraîner des mesures destinées à sécuriser les dons de sang, d’organes, de tissus ou de cellules. La transmission directe entre deux personnes n’existe pas dans les situations ordinaires, mais de rares contaminations par des produits issus du corps humain ont été documentées. L’infection par le virus du Nil occidental est d’ailleurs une maladie à signalement obligatoire en France depuis 2021.
La circulation du virus ne se limite plus au seul pourtour méditerranéen. En 2023, 43 cas humains autochtones avaient été recensés dans trois régions, avec les premières contaminations humaines identifiées hors de la façade méditerranéenne. En 2024, Santé publique France avait comptabilisé 39 cas autochtones dans des départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine.
L’année 2025 a confirmé cette extension géographique. Dix-neuf cas autochtones de virus West Nile ont notamment été détectés pour la première fois en Île-de-France, accompagnés de cas équins, de cas aviaires et de pièges à moustiques positifs.
Se protéger des piqûres, surtout le soir
La prévention repose avant tout sur la réduction de l’exposition aux moustiques. Les autorités sanitaires recommandent de porter des vêtements longs et couvrants en soirée, d’utiliser des répulsifs adaptés, d’installer des moustiquaires et de limiter l’entrée des insectes dans les logements.
La suppression des eaux stagnantes reste également utile. Coupelles de pots de fleurs, seaux, gouttières obstruées, récipients abandonnés ou réserves d’eau non couvertes peuvent favoriser la reproduction des moustiques. Ces gestes ne permettent pas d’éliminer tout risque, mais réduisent la densité des insectes autour des habitations.
Une consultation médicale est recommandée en cas de forte fièvre accompagnée de symptômes neurologiques, notamment une raideur de la nuque, une confusion, des troubles de la conscience, une faiblesse musculaire inhabituelle ou des difficultés à se déplacer.
