A400M : un problème technique à l’origine du crash

Par Olivier Sancerre Modifié le 29 mai 2015 à 19h01
A400m
4Le programme de l?A400M a connu 4 ans de retard

L’A400M est sur la sellette depuis le crash d’un avion à Séville, en Espagne, le 9 mai dernier. Le bilan a été très lourd (4 morts), mais malgré tout Airbus continue de donner sa confiance à l’avion militaire.

Mais jusqu’à quand ? Car le crash a bel et bien été provoqué par un problème technique, et non une erreur de pilotage. Marwan Lahoud, directeur stratégie d’Airbus, l’a confirmé au quotidien allemand Handelsblatt. Il ne s’agit pas d’un défaut structurel, rassure-t-il, mais de la mauvaise installation d’un programme de contrôle des moteurs lors de l’assemblage de l’appareil.

Un problème de qualité

Les examens des boîtes noires confirmeront d’ailleurs cette version des faits. Ce problème de qualité a conduit à une panne des moteurs, puis au crash. Airbus savait que quelque chose n’allait pas dans ce secteur, c’est pourquoi, le 19 mai dernier, l’avionneur a demandé à ses clients de contrôler le système de gestion des moteurs. La réception, ce mercredi, des conclusions tirées de l’étude des boîtes noires a corroboré le soupçon du constructeur.

Un programme houleux

Malheureusement pour Airbus, ce problème, qui a entraîné la disparition d’un équipage, est loin d’être la première avanie pour l’A400M qui cumule les soucis depuis le début du programme, en 2003. Le développement de l’avion militaire a déjà englouti 20 milliards d’euros pour des résultats catastrophiques : les 180 unités qui auraient dû être livrées aux pays ayant passé commande ne sont pas livrées, pour la grande majorité.

Le programme, certes particulièrement complexe, a aussi été très mal piloté par Airbus qui n’a cessé de remanier les équipes en charge de l’A400M. Nul doute que le crash et les révélations qu’il dévoile ne seront pas de bon augure pour l’avion.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.