Aider les élèves les plus faibles est essentiel pour la société et pour l'économie

25 %
plus de 25% des jeunes de 15 ans n'ont pas les connaissances
élémentaires de compréhension, mathématiques et sciences.

Dans un nouveau rapport, l’OCDE indique que les pays n’ont, pour la plupart, guère progressé ces dix dernières années en ce qui concerne l’aide apportée aux élèves les plus faibles afin qu’ils améliorent leurs résultats en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences. Cela signifie que trop de jeunes continuent de quitter l’école sans avoir acquis les compétences de base qui sont aujourd'hui nécessaires pour évoluer dans la société et sur le marché du travail, assombrissant ainsi leurs perspectives d’avenir et compromettant la croissance économique à long terme.

D’après le rapport intitulé « Low Performing Students: Why they fall behind and how to help them succeed» (« Les élèves en difficulté : Pourquoi décrochent-ils et comment les aider à réussir ? »), environ 4.5 millions de jeunes âgés de 15 ans des pays de l’OCDE, soit plus d’un quart d’entre eux, n’atteignent pas le niveau le plus élémentaire de compétences en compréhension de l’écrit, en mathématiques et/ou en sciences. Dans d’autres pays, cette part est souvent beaucoup plus importante.

Téléchargez les données complètes par pays

L’analyse des résultats de l’enquête PISA de l’OCDE entre 2003 et 2012 révèle que peu de pays ont enregistré des progrès chez les élèves peu performants, et qu’ils sont également peu nombreux à avoir vu augmenter leur part d’élèves en difficulté.

Des pays aussi divers sur les plans économique et culturel que l’Allemagne, le Brésil, la Fédération de Russie, l’Italie, le Mexique, la Pologne, le Portugal, la Tunisie et la Turquie ont toutefois réduit leur part d’élèves peu performants en mathématiques entre 2003 et 2012. D’après l’OCDE, cette évolution montre qu’il est possible de réduire partout la part d’élèves en difficulté si l’on dispose de stratégies appropriées et de la volonté nécessaire pour les mettre en œuvre.

« Les gains sociaux et économiques de la lutte contre les mauvais résultats scolaires sont de loin supérieurs aux coûts de l’amélioration », indique Andreas Schleicher, Directeur de l’éducation et des compétences à l’OCDE. « Les politiques et les pratiques éducatives peuvent contribuer à relever ce défi. La lutte contre la faible performance doit devenir une priorité et obtenir les ressources nécessaires pour faire en sorte que chaque enfant puisse réussir sa scolarité ».

Les élèves peu performants ont également tendance à faire preuve d’un niveau moindre de persévérance, de motivation et de confiance en soi en mathématiques, et à sécher des cours ou des journées de classe plus souvent que les élèves plus performants. Les élèves dont les enseignants sont plus encourageants et ont un état d’esprit plus positif sont moins susceptibles d’avoir des résultats médiocres, tandis que les élèves dont les enseignants ont un niveau faible d’attentes à leur égard et sont absents plus souvent sont davantage susceptibles d’être en difficulté scolaire.

Dans les pays où les ressources éducatives sont réparties plus équitablement entre les établissements, on observe une moindre part de mauvais élèves en mathématiques, et une part accrue de très bons élèves, même si l’on compare des systèmes scolaires ayant des ressources éducatives de qualité similaire.

L’analyse montre en outre que la mesure dans laquelle les élèves favorisés et défavorisés fréquentent le même établissement est davantage liée à une moindre proportion d’élèves en difficulté qu’à une proportion accrue de très bons élèves. Ce constat semble indiquer que les systèmes qui répartissent plus équitablement dans les établissements d’enseignement à la fois les ressources scolaires et les élèves sont avantageux pour les élèves peu performants, sans pour autant porter préjudice aux élèves ayant un meilleur niveau.

Pour briser le cycle de désengagement et de faible performance, le rapport énonce une série de recommandations, parmi lesquelles : 

Identifier les élèves peu performants et concevoir une stratégie d’intervention adaptée à leurs besoins ; Réduire les inégalités d’accès à l’éducation de la petite enfance ; Proposer un soutien scolaire le plus tôt possible ; Encourager la participation des parents et des collectivités locales ; Fournir une aide ciblée aux établissements ou aux familles défavorisé(e)s ; et Proposer des programmes spécialisés aux élèves issus de l’immigration, parlant une langue minoritaire ou scolarisés en zone rurale.

Une version entièrement intégrable du rapport (en anglais seulement) « Low Performing Students: Why they fall behind and how to help them succeed » est disponible, accompagnée de notes par pays pour l’Allemagne, l’Australie, l’Espagne, les États-Unis, la France, le Mexique et le Royaume-Uni.


A découvrir

OCDE

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, en anglais Organisation for Economic Co-operation and Development, OECD) est une organisation internationale d'études économiques, dont les pays membres - des pays développés pour la plupart - ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché. Elle joue essentiellement un rôle d'assemblée consultative.

L'OCDE a succédé à l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) issue du Plan Marshall et de la Conférence des Seize (Conférence de coopération économique européenne) et qui a existé de 1948 à 1960. Son but était l'établissement d'une organisation permanente chargée en premier lieu d'assurer la mise en oeuvre d'un programme de relèvement commun (le plan Marshall), et, en particulier, d'en superviser la répartition.

En 2010, l'OCDE compte 34 pays membres, regroupe plusieurs centaines d,experts dans ses centres de recherche à Paris (le siège est au Château de la Muette) et publie fréquemment des études économiques, analyses, prévisions et recommandations de politique économique et des statistiques, principalement concernant ses pays membres.