Air France : grève terminée mais coûteuse, dangereuse

Par Olivier Sancerre Modifié le 29 septembre 2014 à 2h18

La grève chez Air France a finalement pris fin, après deux semaines d'un mouvement dont on ne voyait pas le terme. Le SNPL, Syndicat national des pilotes de ligne, majoritaire au sein de la compagnie aérienne, a obtenu une grande partie de ce qu'il réclamait, et peut-être même un peu plus… mais cette victoire est-elle au détriment de la santé financière de l'entreprise ?

Le conflit le plus long de l'histoire d'Air France

Le SNPL a mis fin au conflit le plus long qu'ait jamais connu Air France. Les autorités s'en félicitent, de Manuel Valls qui assure avoir montré de la fermeté tout au long du mouvement, à Alain Vidalies, le secrétaire d'État aux transports, qui se sit heureux de voir la compagnie aérienne retrouver un fonctionnement normal dans les jours qui viennent.

Le syndicat majoritaire estime de son côté que même si le dialogue social n'est pas rétabli, il en allait de sa « responsabilité » de mettre fin à la grève. De fait, aucun accord n'a été finalisé entre les deux parties. Le SNPL exige un contrat unique pour les pilotes d'Air France et ceux de la filiale low cost, Transavia France, après que la compagnie aérienne ait abandonné son projet de Transavia Europe. L'exigence du syndicat est jugée irréaliste par la direction, la gestion et l'économie du transport aérien à bas coût nécessitant des contrats de travail rééchelonnés au niveau de la concurrence, particulièrement active dans ce secteur.

Tout le monde perd

Financièrement parlant, ce mouvement est une catastrophe. Air France pourrait avoir perdu jusqu'à 300 millions d'euros, l'équivalent de trois Boeing 737. On ne compte pas évidemment les frais et les remboursements pour les voyageurs et les prestataires, ni non plus l'impact (difficilement quantifiable) sur l'image de marque de l'entreprise. Les passagers sans avion ont pu se tourner vers la concurrence, qu'il s'agisse du train ou de l'aérien low cost, et rester fidèle à ces transports alternatifs.

Quant aux acteurs du conflit, personne ne sort grandi. Les pilotes ont fait figure d'enfants gâtés, refusant les mêmes sacrifices acceptés par le personnel au seul et les navigants commerciaux. Et le PDG d'Air France, Alexandre de Juniac, a dû remiser au placard son projet de filiale low cost en Europe. Tout le monde a perdu dans cette affaire.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.