Tractations autour de l’avenir d’Areva à l’Elysée

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Par Lea Pfeiffer Publié le 3 juin 2015 à 10h57
Centrale Nucleaire Areva
2 milliards ?Malgré l'aide d'EDF, l'Etat devra injecter 2 milliards d'euros dans les caisses d'Areva

Les ministres concernés par la filière nucléaire ont rendez-vous avec François Hollande à l'Élysée ce mercredi. On met tout à plat, et on se retrousse les manches.

Qui a parlé de la fin du nucléaire ? Pas le gouvernement, qui cherche actuellement à déterminer le futur d'Areva. Dans cette optique, le chef du gouvernement Manuel Valls ainsi que les ministres concernés par le nucléaire se réunissent autour du chef de l’État. Le but, créer une « France nucléaire » autour d'EDF et redonner de la cohérence au secteur. Sans oublier la question de l'emploi, bien sûr.

La solution EDF

En 2014, Areva a accusé le coup de près de 5 milliards d'euros de pertes. Aujourd'hui, sa survie dépend de 7 milliards d'euros. Le groupe réclame que l’État injecte les fonds nécessaires pour recapitaliser sa filiale chargée de la conception. Mais ce n'est pas le scénario qui a les faveurs du gouvernement.

C'est EDF, sur son cheval blanc, qui se propose de racheter le pôle Avera NP pour deux milliards d'euros. Le «plan Lévy», du nom de son PDG, prévoit la création d'une filiale qui réunirait les activités de la filière réacteur d'Areva. L'esquisse d'un géant nucléaire français d'une « grande autonomie industrielle et de gestion » et donc «plus efficace», selon Jean-Bernard Lévy. Dans cette idée, EDF fait du pied aux actionnaires étrangers, lorgnant sur le pays du Soleil levant.

Bien entendu, tout n'est pas rose, et ce coup de pouce à l’État n'est pas gracieux. Ce que EDF épargne à l’État pourrait bien retomber sur le consommateur d'électricité. Selon le JDD, il pourrait s'agir d'une hausse de 2,5% par an sur trois ans.

Deux milliards d'euros de la poche de l'Etat

Pour sa survie, Areva devra faire de sérieuses coupes dans ses budgets afin de gratter un milliard d'euros. Ainsi, la direction a annoncé, le mois dernier, une suppression de 6.000 postes, dont 3.000 à 4.000 en France, donnant lieu à un appel à faire grève par l'intersyndicale CGT, CFDT, CFE-CGC, FO et UNSA. Le taux de grévistes a été entre 50 % et 60 %.

L’État, actionnaire à 87 % du groupe, devra également faire un effort de deux milliards d'euros à injecter dans la trésorerie d'Areva.

Les chinois sur le coup

En marge de cette stratégie, d'autres groupes se portent candidats et disputent une partie de l'activité d'Avera à EDF. On compte parmi ses concurrents l'ex-GDF Suez et les groupes d'électricité chinois CNNC et CGN (qui sont déjà partenaires d'EDF et d'Areva en Chine et au Royaume-Uni). Manuel Valls n'écarte pas l'arrivée de ces nouveaux acteurs.

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Née en 1994, Léa Pfeiffer débute des études en journalisme audiovisuel à l'ISCPA de Paris une fois sortie bachelière de l'Ecole Boulle. Elle écrit occasionnellement des articles pour Economie Matin et le Journal de l'Economie. En parallèle, Léa Pfeiffer a déjà réalisé deux documentaires : "Aveugles 2.0", et "Capitale Zéro Déchêts".  @aloonontheweb

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