Augmenter le pouvoir d’achat permettrait de résoudre les problèmes financiers des grands services de l’Etat

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Par Daniel Moinier Publié le 12 mars 2018 à 20h59
Pouvoir Achat France Etat Services
25 %Depuis 1975, le PIB français a perdu 25 % par rapport aux dépenses publiques.

Depuis des décennies, des plaintes, réclamations, manifestations se succèdent pour réclamer plus de moyens, d’investissements, d’amélioration des conditions de travail sans que l’état, les collectivités locales n’aient les moyens financiers suffisants pour y répondre efficacement.

SNCF

Actuellement c’est la SNCF (Entreprise nationalisée) qui est mise en avant avec une gestion désastreuse, des voies, des gares mal entretenues avec aucune possibilité financière d’investissement, soi-disant à cause du développement des TGV au détriment des lignes secondaires : Le problème ne se situe pas là.

Pour améliorer la gestion et dissimuler la dette (175 Milliards de Francs = 27 Mds d’euros) de la SNCF, il avait même été créé le 13 février 1997, RFF qui s’occupait de l'aménagement, du développement, de la cohérence et de la mise en valeur du réseau ferré national : des investissements et l’entretien des infrastructures. Mais en janvier 2015, le Gouvernement de François Hollande constatant que cette séparation n’avait pas donné les résultats escomptés, a réalisé la fusion de RFF avec SNCF infra et la DCF (Direction de la Circulation Ferroviaire) avec comme ambition d’atteindre un niveau de performance encore plus élevé et d’équilibrer ses finances d’ici 2020. Nous sommes très très loin de l’objectif fixé !!! Malgré toutes les promesses, la dette a explosé à 46 milliards d’euros. Comme il y a vingt-trois ans ce niveau d’endettement est un argument clé pour justifier la mise en place, par le Gouvernement d’Edouard Philippe, d’une réforme en profondeur.

Secteur de la Santé

Parmi les administrations, le secteur de la santé est très souvent mis en alerte devant les manques de moyens et des salaires peu revalorisés. Face à une demande croissante de l’augmentation du nombre de personnes concernées par le risque maladie non transmissibles (types cancers, cardiopathies, accidents vasculaires cérébraux…), les effectifs ne suivent plus ainsi que les investissements, tant au niveau bâtiment, que matériel. La grogne devient de plus en plus constante et persistante. Les infirmiers, aides-soignants, assistantes sociales, éducateurs spécialisés ont manifesté à différentes reprises pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail.

Un article résume assez bien la situation sur les maisons de retraite et EPHAD : « On marche sur la tête » ! alerte une aide-soignante. Tandis que les baby-boomers quittent le monde du travail et que la population vieillit, les réductions budgétaires dans les maisons de retraite déstabilisent le travail des personnels. Les repas, les soins, l’hygiène, de même que les activités proposées aux personnes âgées subissent de plein fouet ces politiques d’austérité, quand il s’agit du public ou de préservation des marges lorsqu’il s’agit du privé. Pour quelles conséquences ? Une pression devenue insupportable pour les soignants, et des conditions d’accueil à la limite, voire au-delà de la maltraitance pour les résidents. Témoignage sur une situation explosive.

La Police

Qui n’a pas entendu parler du « Malaise dans la Police » et des policiers se plaindre d’être dans des locaux vétustes, de manquer d’effectifs, de travailler avec du matériel obsolète, de manquer de véhicules et même parfois de carburant…Ils ont même manifesté sur la voie publique et fait la grève du zèle !

La Justice

C’est la justice après l’agriculture qui « collectionne » le plus d’articles de la part des médias. : Tribunaux engorgés, piles de dossiers encombrant les bureaux, magistrats non remplacés, lenteur des décisions, effectifs trop peu nombreux pour assurer le suivi des peines, des délais exorbitants, et en plus une explosion des contentieux. Malgré son augmentation, le budget de la justice (7 milliards d’euros) est un des plus faible des pays d’Europe par habitant. Les départs en retraite à 55 ans (notamment les gardiens de prisons) et même anticipées à 50 ans, « mangent » une grande part du budget. Une grande réforme est en cours, notamment par la création d’un tribunal sans jury populaire qui devrait fusionner avec les tribunaux d’instance…

Les Universités

L’article d’un journal concernant l’Université, résume en une ligne le malaise persistant : « L’Université innove, mais elle manque toujours de moyens financiers » Et pourtant des efforts ont été fait pour la rénover, la moderniser, l’adapter à l’internationalisation. Elle est toujours à la traîne dans les classements internationaux ! Dans le Top 100 mondial des Universités : Une seule ! Dans le Top cent mondial des Grandes Ecoles : Seulement deux ! Dans le Top cent européen des universités : Quatre ! Du chemin reste à faire, le manque de moyens est criant et beaucoup de réformes restent à mettre en place.

Le Monde Agricole

C’est le secteur qui se médiatise le plus pour exprimer le ras le bol et sa dégradation constante. C’est celui qui a totalisé le plus d’articles des médias depuis de très longues années. Le nombre de manifestations a chaque fois défrayé les chroniques par leur ampleur, blocages et exactions, fumier, lait et tomates déversés, etc… La crise agricole était surtout celle de l'élevage qui s'est généralisée en crise agricole. Crise traversée par les éleveurs en viande bovine, lait et porcs ainsi que les céréaliers et d'autres productions. La raison principale : les prix payés aux producteurs ne couvrent plus depuis longtemps les frais d’exploitation avec en plus la baisse des aides.

Le Monde du Transport

C’est un secteur dans lequel les marges ont toujours été difficiles à tenir. La crise de 2008 a fortement amplifié les difficultés. Ce secteur presque à l’agonie, peine à retrouver une forme économique viable. Une des seules lueurs, le nouveau flux engendré par les achats par internet. En résumé, le secteur des transports et de la logistique accumule deux inconvénients : Des offres d’emploi insuffisantes et des métiers proposés qui peinent à trouver preneur.

On pourrait encore citer le Secteur Industriel qui fut l’un des mastodontes de l’économie française, qui est devenu un secteur « bouché » : baisse des prix, recours aux sociétés étrangères, délocalisations, produits low cost et paradoxe ; difficultés à trouver de la main d’œuvre qualifiée et même parfois non qualifiée ! Au cours de la dernière décennie, l’industrie française a perdu 740.000 emplois et sa part de marché dans le PIB a régressé de 21 à 13%. A l’intérieur de ce secteur, les plus touchés depuis des décennies, ce sont le textile, l’électronique, les télécoms...,

Pour vous éclairer ce tableau montre les secteurs économiques français les plus en baisse

Pourquoi cette hécatombe d’entreprises, cette baisse de compétitivité, ce manque de moyens de nos administrations et entreprises nationalisées… ?

Depuis 1975, première année de déficit français, le PIB a perdu 25% par rapport aux dépenses publiques, ce qui correspond à 25% d’heures travaillées puisque c’est proportionnel. Ce qui représente environ 25% de pouvoir d’achat en moins. Mais c’est aussi autant de pertes de rentrées de charges, d’impôts, de taxes, d’investissements, d’emplois perdus…soit la cause principale de nos déficit et dettes. Rien que revenir aux 40 heures permettraient de remonter le pouvoir d’achat des salariés de 14,28%, mais aussi de remonter d’office les marges des entreprises. Tous les frais fixes étant calculés par rapport au nombre d’heures travaillées, le prix de revient horaire diminuerait en proportion.

La hausse de 1,7% de la CSG (au 1er janvier 2018) pour les retraités (très mécontents, ils manifestent dans la rue ce 15 mars) devrait rapporter 2,7 milliards. C’est 2,7 milliards en moins de pouvoir d’achat, ce qui va à l’encontre de ce qui est démontré ci-dessus. Alors que les mesures proposées ci-dessus rapporteraient sur les deux tableaux : Consommation supplémentaire, Rentrées pour l’état ainsi que pour toutes les Caisses : Retraite, Sécurité Sociale, Assedic…

Une de mes maximes :

Travailler + pour dépenser mieux. Des achats à prix plus élevés remonteraient de suite le niveau de vie des agriculteurs, la compétitivité des entreprises avec une meilleure prise en compte de l’écologie (moins de produits low cost étrangers)

www.livres-daniel-moinier.com

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Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C. Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.

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